Le Musée Pincé : un long voyage à travers les civilisations
Le Musée se situe au coeur de la ville d'Angers, rue Lepneveu, l'une rues les plus fréquentées d'Angers. Il rassemble des collections d'antiquités grecques, romaines, étrusques, égyptiennes, ainsi que des oeuvres d'art japonaises ou chinoises.
Les collections du Musée Pincé sont installées dans un magnifique hôtel particulier de style renaissant construit entre 1525 et 1535 par Jean de Pinçé, qui fut trois fois élu maire d'Angers. C'est un bâtiment élégant et complexe, aux murs de pierre blancs et toiture en ardoise. L'aile ouest est à voir pour ses superbes tourelles en encorbellement, portées par une trompe d'angle, une première architecturale en France. Elles sont l'oeuvre de l'un des plus célèbres architectes renaissants : Jean Delespine, à qui l'Anjou doit une quarantaine d'oeuvres, parmi lesquelles, à Angers, l'aile sud du cloître de l'hôpital Saint Jean, ou encore la tour centrale de la cathédrale Saint Maurice, réalisation qui lui valut la célébrité.
L'hôtel renaissant revient à la ville en 1859, lorsque le propriétaire d'alors, Guillaume Bodinier, peintre Angevin, lui en fait don, pour que la ville en fasse un Musée dédié au fond Turpin. Le Musée ouvre ses portes en 1889. On y installe un legs d'une richesse considérable, jusqu'ici conservé au Musée des Beaux-Arts : les collections de Lancelot Théodore comte de Turpin de Crissé, données à la ville à sa mort en 1889.
Des collections fabuleuses
En plus des remarquables collections d'antiquités grecques, romaines, étrusques, égyptiennes, ainsi que des oeuvres d'art d'extrême orient, japonaises ou chinoises (estampes et gravures de maîtres comme les représentations des stations de la célèbre route japonaise Tôkaidô d'Andô Hiroshige ou encore les estampes d'Hokusaï, représentant le Mont Fudgi), le Musée possède une très belle collection de tabatières et de masques et de jolies pièces précolombiennes.
Comme il est impossible d'exposer simultanément l'intégralité des trésors du Musée, sont organisées des expositions temporaires, à l'occasion desquelles sont mises à la disposition du public des pièces du patrimoine du Musée, présentées de manière thématique. Quelques une de ces oeuvres inestimables quittent régulièrement le Musée pour venir étoffer des expositions nationales ou internationales.
L'intimité des pièces étroites dans lesquelles sont exposés les objets participe au plaisir de la visite. La salle de la cérémonie du thé (dans laquelle est reconstituée cette fascinante tradition nipponne) accueille régulièrement des manifestations particulières (lectures, animations,...).
La collection Turpin de Crissé
Cette collection extraordinaire, réunie pour l'essentiel par Lancelot Turpin de Crissé, passionné par l'Egypte, est installée dans l'une des salles du premier étage, réservé aux antiquités égyptiennes. Les murs bleus mettent en valeur les vitrines, et objets (coupes d'albâtre, amulettes, bandelettes, papyrus, vases canopes, peignes, ...), parmi lesquels des pièces tout à fait exceptionnelles, comme le coffre de sarcophage de la chanteuse d'Amon Disetiaou ou encore un sistre (instrument de musique antique) très bien conservé. Les vitrines sont organisées de manière thématique : les rites funéraires, les pharaons et Dieux, l'écriture, la vie quotidienne.
Le saviez-vous ?
Le comte Lancelot Turpin de Crissé, grand collectionneur d'objets et de curiosités, à qui l'on doit d'avoir rassemblé une bonne partie des antiquités égyptiennes de ce Musée, appartenait à l'une des plus anciennes familles d'Anjou. Ami d'Ingres, ce collectionneur invétéré fut aussi un des plus talentueux paysagistes de son époque.
Article rédigé par Florence AUBRY pour Bloc.com - Publié le 19/12/2007




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