Le château de Valençay, un chef-d'oeuvre Renaissance
Le château de Valencay est sans aucun doute l'un des châteaux français les plus caractéristiques du style Renaissance. « Petit frère » de Chambord, il fait partie des châteaux de la Loire même si géographiquement il se trouve bien loin du Val de Loire !
Le château de Valançay est excentré du circuit traditionnel des châteaux de la Loire puisqu'il se situe dans l'Indre, autrement dit dans la région du Berry et non en Val de Loire. Hormis ce « détail » géographique, ce château est en tout point caractéristique des châteaux du Val de Loire. Il ressemble d'ailleurs à bien des points de vues à Chambord, le château royal de François 1er, fleuron du style Renaissance. Son architecture est un subtile mélange de style Renaissance et de Classicisme. Dépouillé de tout son mobilier au 19e siècle, le château est aujourd'hui l'un des plus richement meublés avec un mobilier somptueux d'époque Empire.
La genèse du château de Valençay
Le site du château de Valençay est connu depuis l'époque des Romains. Ici s'élevait d'ailleurs un villa gallo-romaine. A la fin du 10e siècle ou au début du 11e siècle, le site fut ensuite choisi pour accueillir un donjon de pierre massif et défensif. En 1220, Gauthier de Valençay érige un château féodal sur le site appartenant au fief du duc d'Orléans, comte de Blois. Quand sa descendante Alice de Bourgogne se marie avec Jean, bâtard de Châlon, elle transmet les terres et le château de Valençay à la famille Châlon-Tonnerre. Le domaine reste dans cette famille pendant plus de deux siècles avant que la seigneurie passe à Robert II d'Estampes en 1451. Son descendant, Jacques 1er d'Estampes décide en 1540 avec son épouse, Jeanne Bernard, riche héritière angevine, de raser le château existant pour en construire un nouveau à la hauteur de la fortune de la jeune mariée. Les plans de cette demeure signés de l'architecte angevin Jean de l'Espine sont audacieux et résolument modernes. Malheureusement, le décès de Jacques 1er d'Estampes voit le projet de construction tourner court. Seuls seront achevés la façade Nord, le pavillon d'entrée et les tours d'angle. La descendance du couple bâtisseur, en l'occurrence Dominique d'Estampes, attendra le début du 17e siècle pour poursuivre l'oeuvre inachevée. Il fit ainsi construire une aile supplémentaire au château.
La fierté de Talleyrand
La famille d'Estampes ruinée dut se résoudre en 1747 à vendre Valençay à Jacques-Louis Chaumont de la Millière puis à Charles Legendre de Villemorien qui entrepris de grands travaux et notamment la construction de la Tour Neuve au Sud avant d'y installer une filature et des forges. En 1803, le château est revendu à Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord. Cet ancien évêque d'Autun, ministre des Relations Extérieures du Consulat et fidèle de Bonaparte fut largement aidé par le monarque pour réunir la somme nécessaire à l'achat du château. Bonaparte souhaitait en effet que son ministre puisse recevoir fastueusement ses hôtes étrangers à des fins diplomatiques. La château quitta la famille de Talleyrand en 1979 à la mort du dernier descendant pour être vendu à une association créée, entre autres, par le département de l'Indre et la commune de Valençay. La demeure ouverte à la visite compte une centaine de pièces meublées (dont 25 appartements de maître et une galerie de près de 80 mètres). Les jardins de Valençay sont également réputés pour leur beauté.
Le saviez-vous ?
Pendant la seconde guerre mondiale le château de Valencay abrita une partie des œuvres majeures du musée du Louvre comme la Vénus de Milo, la Victoire de Samothrace, les bijoux de la Couronne. Le duc de Valençay réussit à force de persuasion à dissuader les Allemands de détruire le château en représailles d'actions locales de maquisards.


