La place de la Concorde, place historique
La place de la Concorde est une page importante de l’histoire de Paris. Au fil des siècles, elle sera le théâtre d’événements politiques majeurs.
Sous l’Ancien Régime
La Ville de Paris souhaite en 1748 ériger une statue équestre de Louis XV pour fêter sa guérison. Un concours est lancé pour en définir le meilleur emplacement. Gabriel propose un site à l’extrémité du jardin des Tuileries, sur l’esplanade du « pont tournant ». Cette esplanade est idéalement située car elle est proche des nouveaux quartiers du Faubourg Saint honoré et que par ailleurs, le Roi y possède la plus grande partie des terres, on évite ainsi de déloger les habitants. Des négociations sont juste engagées avec les descendants de John Law, économiste anglais à qui l'on doit l'introduction du billet de banque, qui sont propriétaires de quelques parcelles. Gabriel, premier architecte du Roi dirige les travaux à partir de 1755.
La place est conçue comme un grand octogone avec d’un côté les Champs Elysées et de l’autre les Tuileries. Elle est fermée par une balustrade et bordée de larges fossés. Cette place est largement ouverte sur 3 côtés et seul la face nord va être construite. Gabriel y réalise 2 façades similaires divisées par la rue Royale. Ce sont de magnifiques exemples de l’architecture du XVIIIe au grand raffinement et à la magnificence. Aujourd’hui le bâtiment est est occupé en partie par l’hôtel de Crillon et le bâtiment ouest par le ministère de la Marine (depuis 1789). La statue équestre de Louis XV est inaugurée en 1763. Bouchardon, puis Pigalle l’ont réalisée. Le Roi est vêtu à la Romaine et couronné de lauriers. La place est totalement achevée en 1772 et est nommée « Place Louis XV »
Pendant la Révolution
Symbole de la Révolution, la place devient un haut lieu de rassemblement et de manifestations. En 1792, la statue de Louis XV est renversée et la place est rebaptisée « Place de la Révolution ». Un an plus tard est érigée une statue représentant la Liberté coiffée d’un bonnet phrygien. La guillotine est installée sur l’esplanade en 1793 et 1119 personnes mourront sous le couperet : Louis XVI, Marie Antoinette, Danton, Robespierre… A la fin de la Terreur en 1795, la place prend le nom de « Place de la Concorde ». La même année, les fameux « Chevaux de Marly » de Guillaume Coustou ouvrent le site.
Le XIXe siècle et l’obélisque
Pour les nouvelles figures au pouvoir, la place de la concorde est un symbole révolutionnaire bien trop fort. On retire dès le Consulat la figure de la Liberté.
En 1831, le Vice Roi d’Egypte Méhémet Ali offre à la France un obélisque qui marquait l’entrée du Palais de Ramsès II à Louxor. Il souhaite remercier Champollion qui est le premier à traduire les hiéroglyphes. Le monolithe de granite rose est vieux de 3300 ans et mesure 22m86. Il est entièrement recouvert de hiéroglyphes célébrant la gloire de Ramsès II. Louis Philippe décide de l’ériger au centre de la Concorde car il ne revêt aucun caractère politique. Apollinaire Lebas, ingénieur de la marine dirige l’ opération qui est une vraie prouesse technique. De très nombreux badauds assisteront à l’événement.
De 1836 à 1846, la place est remaniée par Hittorff. Il ajoute « La fontaine des mers et « la fontaine des fleuves »encadrant l’obélisque. Il ceinture aussi la place de lampadaires et de colonnes rostrales ornées de proues de navires. Il rend ainsi hommage à la Marine Française.
Le saviez-vous ?
Lors de la journée mondiale contre le SIDA, en décembre 1993, l’association Act Up revêt l'obélisque d'un préservatif géant de 30 mètres.
Article rédigé par LELEU Katia pour Bloc.com - Publié le 05/11/2007





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