La Grande Arche de la Défense, Arc de Triomphe moderne
La Grande Arche impressionne par son gigantisme. Elle vient rythmer la grande perspective de Paris et est considérée comme un des monuments phares de la capitale. Au centre du quartier des affaires, pôle économique important elle se définit comme « une fenêtre ouverte sur un avenir imprévisible ».
Histoire
George Pompidou puis Valery Giscard d’Estaing souhaitent un monument prolongeant l’axe historique de Paris allant du Louvre jusqu’à l’Arc de Triomphe. Plusieurs architectes y travaillent mais c’est sous François Mitterrand que la Grande Arche voit le jour. Un concours international est lancé en 1983. Robert Lion, président du concours parle de « marquer le deuxième centenaire de la révolution française par un geste architectural, comme la Tour Eiffel avait marqué le premier centenaire ». 4 projets sont retenus et soumis à François Mitterrand. C’est celui de l’architecte danois Johan Otto Von Spreckelsen qui est retenu, admirable par sa pureté et sa force. Il lui donne le nom de cube. Un cube parfait évidé en son centre et qui prolonge l’héritage de l’arc du Carrousel et de l’Arc de triomphe, ponctuant la grande perspective de la capitale. L’architecte meurt en 1987, avant la fin du chantier. La Grande Arche est inaugurée en 1989 pour le bicentenaire de la Révolution et pour le sommet du G7.
Une prouesse technique
La grande Arche est un monument unique, qui ne trouve aucun équivalent à travers le monde. Ces dimensions sont impressionnantes : 108m de long, 110m de haut et 112m de large. Elle est légèrement posée de biais selon un angle de 6° (il fallait conjuguer avec les lignes de métro et de trains) Le vide intérieur permettrait d’abriter Notre Dame de Paris ! La forme est classique mais cache une extrême complexité technique et une grande modernité de création.
C’est l’entreprise Bouygues qui réalise les travaux. 2000 ouvriers y travaillent et 2 y laisseront même leur vie. Ils utilisent des techniques de pointe largement inspirées de l’ingénierie des ponts. La Grande Arche est une carcasse colossale, un cube monolithique ouvert, composé de 4 grands cadres en béton montée sur 12 piliers posés sur des vérins hydrauliques en sous sol pouvant supporter les 300 000 tonnes de charge. Les façades extérieures sont composées de plaques de verre de 5cm indéformable et d’acier contrastant avec les autres faces plaquées de marbre de Carrare. 4 ascenseurs panoramiques aux formes futuristes permettent d’accéder au sommet du monument. Ils sont tout en verre et comme suspendus dans les airs. Frisson garanti ! Des câbles en acier soutiennent l’immense nuage qui orne le centre de l’arche fait de Téflon.
Un monument public
François Mitterrand souhaite que la Grande Arche abrite des équipements publics à l’inverse des tours de la Défense. Le monument devait d’abord accueillir un grand Centre international de la communication. Projet qui est avorté en 1986. Des services des ministères des Transports et de l’Equipement, du Tourisme et de la Mer investissent finalement une partie des lieux ainsi qu’un Fondation Humanitaire. Les deux piles de 35 étages accueillent quand même des bureaux privés. Au sommet, un musée de l’informatique, un centre de congrès, des salles d’expositions temporaires, de grands patios aménagés par Jean Pierre Raynaud et un belvédère avec une vue imprenable sur Paris accueillent le public.
Le saviez-vous ?
Il a été très difficile de prévenir Spreckelsen que son projet avait été choisi : séjournant dans sa résidence de campagne, sur une île très isolée du Danemark, un représentant du gouvernement français a dû se déplacer et venir l’avertir en bateau.




