La basilique Saint Michel : un chef d’œuvre gothique flamboyant
Place Meynard, au cœur de l’un des quartiers les plus vivants et les plus cosmopolites de la ville et qui fut autrefois le centre actif de Bordeaux : la basilique Saint Michel, un superbe monument gothique flamboyant d’une grande unité stylistique.
La première église du site est construite au XIIème siècle. Il faut attendre le XIVème siècle pour que naisse nouveau lieu de culte à cet endroit : sa construction débute en 1350, les travaux dureront deux cent ans, financés en majeure partie par des corporations d‘artisans. Les vitraux originaux ont été presque en totalité détruits lors des bombardements de 1940.
Des dimensions imposantes
Soixante quinze mètres de long, trente huit de large, vingt trois de haut pour la nef centrale : des dimensions qui font de la Basilique l’un des plus grands lieux de culte de la capitale bordelaise. Les bas côtés sont larges, la nef très élancée. Les ferronneries des chapelles latérales sont magnifiques. A la droite du chœur, une chapelle est dédiée à Saint Jacques de Compostelle. Les symboles en hommage à Saint Jacques de Compostelle sont d’ailleurs très nombreux : peinture représentant l’Apothéose de Saint Jacques au-dessus de l’autel, statue de Saint Jacques, vitraux retraçant la vie du Saint, coquilles sur le portail nord. L’une des chapelles est dédiée à Sainte Catherine, patronne des mariniers. La luxuriante ornementation de la basilique, la splendeur de son mobilier et des œuvres qui y sont conservées témoignent de la richesse du quartier Saint Michel à l ‘époque de l’édification de ce lieu de culte.
Parmi les pièces les plus remarquables : la sublime chaire en bois d’acajou plaqué de marbre, les retables ancien, ou encore une très belle Piéta du XVème. Autre richesse de la basilique : son grand orgue, de type italien. L’orgue que reconstruisit Louis Gaudet au XVème siècle (sur un instrument préexistant !) a été modifié ou reconstruit plusieurs fois par siècle, c’est aujourd’hui un instrument extraordinaire, dont on peut découvrir la puissance à l’occasion de concerts.
A voir, représenté sur la chaire : Saint Michel terrassant le dragon. Au sous-sol, une petite salle raconte l’histoire singulière des momies de Saint Michel, un ensemble de momies disposées en cercle retrouvées dans le sol de la tour.
La flèche Saint Michel le plus haut édifice de Bordeaux
Comme la cathédrale Saint André, le clocher de la basilique n’est pas solidaire de l’édifice religieux, mais construit à quelques mètres. Le poids de la tour risquait de compromettre la solidité de la basilique, construite sur un sol instable. Cette tour d’un peu plus de cent quatorze mètres de haut a été bâtie entre 1472 et 1492 et restaurée au XIXème siècle par Paul Abadie, architecte. Elle héberge un carillon composé de vingt deux cloches.
Les touristes peuvent gravir un escalier qui les mènera en deux étapes (la première terrasse est à environ vingt mètres de haut, elle héberge une petite salle dans laquelle une exposition permanente retrace l’histoire du bâtiment) à une cinquantaine de mètres du sol, l’assurance de profiter d’un panorama unique sur la ville. Cette flèche, qu’on dit être la plus haute du sud ouest de la France est un repère pour les bordelais.
Le saviez-vous ?
Théophile Gautier et Victor Hugo évoquèrent dans leurs romans les corps momifiés retrouvées dans le sol de la tour.
Article rédigé par Florence AUBRY pour Bloc.com - Publié le 08/01/2008




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