Le sylviculteur
Vieille de huit millénaires, la sylviculture naquit plausiblement lors de la Préhistoire mais est devenue plus performante en Chine vers l’an 221 avant J.C., sous le règne de l’Empereur Qin Shi Huang. Les pratiques sylvicoles de cette époque embrassaient deux extrêmes et le choix entre une exploitation intensive ou extensive est difficile, même de nos jours. Néanmoins, la sylviculture s’éloigne des exploitations abusives et irréfléchies des ressources forestières et tend vers la conservation du patrimoine naturel.
La Sylviculture : une discipline qui traverse le temps
Du latin "silvae" , la sylviculture ou « foresterie » se définit plus simplement comme la culture des forêts. La sylviculture consiste généralement en une production ou une plantation de bois en vue d’un peuplement d’un terrain vague ou d’une forêt artificielle ou naturelle déjà existante dans un premier temps. Puis, elle aboutit à l’exploitation forestière qui se résume à une récolte de bois d’œuvre ou de chauffage. La sylviculture s’attribue aussi d’autres fonctionnalités comme la prévention des éboulements de terrains, la conservation d’espèces en voie de disparition ou la lutte contre les incendies de forêts.
Le concept de « sylviculture durable » fut récemment mis en place pour prévenir une surexploitation des ressources forestières ou une perte de la diversité génétique par homogénéisation des peuplements forestiers. La sylviculture s’accompagne dorénavant de connaissances biologiques et écologiques plus approfondies et de méthodes de gestion durables et actives pour rester rentables autant sur le plan économique qu’environnemental. La sylviculture est aussi appréciée pour ses aptitudes à la restauration des forêts naturelles maltraitées par la fragmentation. Elle permet ainsi de conserver de beaux paysages et un patrimoine naturel intacts.
Le métier de sylviculteur
Etre sylviculteur requiert un certain nombre de traits de caractères qui permettront de rester constamment efficace dans l’exercice de ce métier. Autonome et polyvalent, le sylviculteur est d’abord un technicien rigoureux et motivé. Il est fin connaisseur en termes de milieux forestiers, de systématique végétale, de biologie des espèces cultivées, et de règles relatives à la plantation ou à la replantation de forêts. Une excellente condition physique serait un atout pour subir tous les aléas climatiques des travaux sur terrain.
Le sylviculteur agit sous les directives des propriétaires et les conseils des ingénieurs forestiers. Son travail consiste en une évaluation de l’état d’une forêt accompagnée d’un peuplement ou d’un repeuplement des semis ou des plantations en faisant pousser des graines ou des jeunes plants qui subiront ensuite un entretien continu (taille, élagage et dépressage). Comme c’est une prestation de services, les tâches sylvicoles s’étendent aux aménagements de sentiers, des limites des parcelles forestières ou des sites forestiers conçus pour le tourisme mais aussi aux aménagements de pare-feu contre d’éventuels incendies.
Les conditions de travail sont optimales la plupart du temps. En effet c’est l’employeur, étant lui-même sylviculteur et tenu par la Loi (réalisation du « document unique », en vigueur depuis le 8 novembre 2002), qui assure l’évaluation et la prévention des risques au travail pour la sécurité de son équipe lorsque celle-ci manipule des outils dangereux. De plus, l’inspecteur et le médecin du travail ou des agents des services de prévention effectuent régulièrement des évaluations pour que toutes les tâches du sylviculteur se réalisent dans les meilleures conditions d’hygiène et de santé.
Devenir sylviculteur : Formations et débouchés
Après la classe de troisième, il faut obtenir un BEPA, « Aménagement de l’Espace, Spécialité : Travaux forestiers » au terme de deux années d’études s’étalant sur une formation générale, socioculturelle et scientifique en plus de la formation en foresterie. Il est ensuite possible d’évoluer vers un BTA ou de s’orienter directement vers le monde professionnel. Il existe un concours pour devenir agent technique après trois ans d’expérience au sein de l’ONF (Office National des Forêts). Le BPA est là pour ceux qui ont déjà fait des études supérieures : il s’agit d’une formation de 6 mois en travaux de foresterie.
Les débouchés ne se font pas rares dans le domaine de la sylviculture. Les sortants des précédentes formations pourront éventuellement travailler pour l’ONF, ou dans les entreprises de Travaux Forestiers, ou encore au sein des collectivités (communes ou les propriétaires). La rémunération peut aller du SMIC à 1.200 euros nets.
Le saviez-vous?
La couverture forestière française est en augmentation ! Les chiffres montrent que nos forêts occupent 25 % du territoire national ! La sylviculture est aujourd’hui, en pleine expansion et devient un métier d’avenir pour nos jeunes passionnés de nature. Malgré l’évolution de ce secteur vers la mécanisation, les travaux de sylviculture requièrent de plus en plus une main-d’œuvre performante et dotée d’une grande technicité pour rallier économie, environnement et biodiversité.
Article rédigé par Ludivine pour Bloc.com - Publié le 07/01/2009




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