Créer son entreprise : un parcours initiatique
Tout comme l'accession à la propriété, la création d'entreprise est un rêve caressé par de nombreux français. Les démarches parfois longues apparaissent souvent comme un handicap mais elles sont utiles pour valider une idée et peaufiner un projet.
En 2006 selon les chiffres officiels de INSEE, les Français ont créé 322 270 entreprises. Près de la moitié des créations totales de l’année 2006 ont été enregistrées dans les secteurs du commerce (25 %) et des services aux entreprises (21 %). Entre 2005 et 2006, trois secteurs d’activité se distinguent par une évolution favorable : les services aux particuliers (+ 6 %), les services aux entreprises et la construction (+ 5 %).
Autres chiffres à relever dans le flot de statistiques fournies par l'INSEE : si la majorité des régions françaises ont vu leur nombre de créations totales se stabiliser entre 2005 et 2006, certaines régions ont été plus dynamiques en matière de création d'entreprise : la Bourgogne, la Basse-Normandie et la martinique (+ 6 %), la Champagne-Ardenne et l’Alsace (+ 5,5 %), la Corse et l’Auvergne (+ 5 %).
Un parcours bien balisé
Créer une entreprise implique d'avoir un projet solide étayé par une étude de marché minimum. Une fois que l'idée et la faisabilité sont avérées, l'entrepreneur doit choisir le statut de son entreprise. Plusieurs options sont ouvertes selon le type d'activité dominant de la future entité. Dans la très grande majorité des cas, la forme choisie est soit une SARL, soit une EURL.
- L'entreprise en nom propre (artisan, commerçants et profession libérale) est la solution la plus simple pour les activités artisanales ou commerciales de petite envergure. Elle suppose en effet des formalités réduites, aucun capital de départ mais en contrepartie le patrimoine personnel du dirigeant est exposé directement en cas d'échec.
- La SARL (Société anonyme à responsabilité limitée) et l'EURL (Entreprise Unipersonnelle à responsabilité limitée) supposent un capital de départ. Ce capital peut être apporté en numéraire (argent) ou en matériel (voitures, véhicules, informatique) et complété en apports divers (savoir-faire, fichiers clients, brevets). Les deux formules nécessitent la rédaction de statuts. Le patrimoine personnel est protégé.
- La SA (Société anonyme) elle est très complexe à mettre en oeuvre. Elle est destinée uniquement aux activités à forts chiffres d'affaires. Le capital minimum de départ est de 37.000 euros. Des statuts spécifiques sont requis ainsi que 7 associés, la constitution d'un conseil d'administration.
Les démarches administratives
Les démarches administratives pour la création d'une entreprise dépendent du type d'activité. Une immatriculation au registre du commerce et des sociétés sera demandée pour les commerces et plus généralement les activités de services. Une immatriculation au registre de la chambre des métiers sera requise pour les activités typées artisanales. Dans les deux cas, le créateur est accueilli dans un Centre de formalités des entreprises (CFE). Ce "guichet unique" permet d'éviter la multiplication des démarches auprès des interlocuteurs administratifs (Insee, services fiscaux, greffe du Tribunal de Commerce, caisses sociales, inspection du travail, etc.). En parrallèle de la création de l'entreprise, une banque devra être choisie pour accueillir le compte à créer mais aussi accorder le cas échéant les prêts nécessaires à la mise en route de l'activité. Les banques sont difficiles à convaincre et mieux vaut donc être armé d'un dossier très complet avec un plan de développement, une étude de marché, un plan de financement (sur trois ou cinq ans selon la taille du projet), etc. N'oubliez pas également que des aides sont possibles pour soutenir la création. Elles sont octroyées par les Assedic, les concours Entreprendre, Oséo...
Le saviez-vous ?
De nombreux organismes viennent en aide aux créateurs d'emploi :APCE (Agence pour la création d'entreprises), ADIE (Association pour le droit à l'initiative économique), Réseau Entreprendre, Oséo (ex-Anvar et BDPME), etc.


