Comment travailler en freelance ?

Travailler en libéral, en freelance, en indépendant, en micro-entreprise… tous ces termes ne décrive en fait qu’un seul et même statut. Si vous souhaitez démarrer une activité, vous serez donc auto-entrepreneur ! Mais attention, certaines conditions sont à respecter pour pouvoir bénéficier de ce régime. Voici donc un petit guide pratique pour s’installer rapidement et devenir enfin son propre patron…

Vous ne trouvez pas de travail et vous avez donc décidé de créer votre propre activité ? Vous avez envie de devenir votre propre patron et de prendre les choses en main ? Ou bien vous êtes déjà salarié et l’on vous propose de travailler ponctuellement sur des projets extérieurs ? Et bien bravo, vous voilà bien parti pour créer votre propre entreprise ! Mais comment s’y retrouver au milieu de toutes les possibilités administratives ? Comment savoir quelle forme d’entreprise adopter, et quelles démarches accomplir ? C’est là que le législateur a eu la très bonne idée de créer un statut simplifié à l’extrême : le régime d’auto-entrepreneur. En clair, l’entreprise, c’est vous !

Les conditions à remplir pour devenir auto-entrepreneur

A priori, n’importe qui peut devenir auto-entrepreneur. Que l’on soit chômeur, salarié, étudiant ou même retraité, on peut accéder à ce régime. Et toutes les activités sont concernées. Vous pouvez ouvrir des chambres d’hôtes, écrire des articles pour des sites Internet, faire du baby-sitting, vendre des bijoux fantaisies… Les seuls domaines de restriction sont ceux de la vente de biens immobiliers, de la location de locaux professionnels et de la location de matériels.
D’autre part, l’auto-entreprise ne doit pas pénaliser la création d’emploi. En clair, si un client a recours à un travailleur indépendant de façon quasi permanente, il est dans l’obligation de l’embaucher. Il ne doit pas y avoir de « lien de subordination » entre l’auto-entrepreneur et son client. Le statut d’auto-entrepreneur relève du régime fiscal de la micro-entreprise. Cela signifie que le chiffre d’affaire annuel (les rentrées d’argent) ne devra pas dépasser 32.100 € pour les prestations de services et 80.300 € pour les activités commerciales et les locations de logement. Si vous prévoyez de gagner plus, il vous faudra opter pour un autre statut. D’autre part, vous ne pourrez pas facturer de T.V.A., et vous ne pourrez pas non plus récupérer la T.V.A sur vos achats. Du coup, si vous avez besoin de faire de gros investissements, il sera plus avantageux d’opter pour une autre solution. Récapitulons donc : le statut d’auto-entrepreneur est fait pour vous si vous démarrez une activité qui nécessite peu d’investissement et que vous ne comptez pas devenir millionnaire en un an !

La déclaration d’activité, première démarche à accomplir

Alors ça y est, vous savez ce que vous voulez faire et vous êtes décidé à travailler en indépendant. Vous n’avez plus qu’à faire votre déclaration d’activité ! Pour cela, direction le Centre de Formalité des Entreprises (C.F.E.). Il peut se trouver dans votre centre des impôts ou votre C.C.I., mais il se situe le plus souvent dans votre Urssaf... Vous en trouverez l’adresse ici : http://annuaire-cfe.insee.fr/AnnuaireCFE/jsp/Controleur.jsp?service=lcfe.

Mais si vous êtes vraiment sûrs de vous et que vous n’avez aucune question à poser, vous pouvez remplir le formulaire en ligne :
http://www.lautoentrepreneur.fr/adherez.htm.
Cependant, nous vous conseillons vivement de remplir votre déclaration avec un professionnel, car certaines réponses nécessitent une bonne connaissance du secteur indépendant (notamment, à quelle caisse d’assurance maladie allez-vous être rattaché ?). Sachez aussi que cette inscription est totalement gratuite. On ne peut en aucune façon vous demander de l’argent. Le formulaire vous demande principalement votre identité, votre adresse, si votre conjoint travaille ou non avec vous, si vous bénéficiez ou non de l’Accre (aide spécifique pour les chômeurs), votre activité et le lieu où vous l’exercez, ainsi que des informations sur votre régime de sécurité sociale. A la fin de la déclaration, vous devrez choisir d’opter ou pas pour le versement libératoire de l’impôt sur le revenu. Il s’agit d’une taxe prélevée par l’Urssaf, qui correspond à un pourcentage de votre chiffre d’affaires (variable en fonction de votre activité). Celle-ci vous exonère de payer la Contribution Economique Territoriale (anciennement taxe professionnelle) pendant trois ans. Une fois que ce formulaire est rempli, votre interlocuteur va le communiquer à l’I.N.S.E.E qui va vous enregistrer et vous attribuer un numéro SIRET. Il s’agit d’un numéro à 14 chiffres qui identifie votre entreprise. Il devra apparaître sur tous vos documents officiels, notamment sur vos factures. Ca y est, vous avez enregistré votre activité et votre auto-entreprise est créée. Vous pouvez désormais travailler en toute légalité. Il ne vous reste plus qu’à trouver des clients !

Concrètement, comment fonctionne un auto-entrepreneur ?

Bien, vous voilà donc à la tête de votre toute petite entreprise ! Vous devez désormais tenir votre comptabilité. Il s’agit simplement de noter sur un livre de compte les achats et les recettes liées à votre activité.
Vous pouvez par exemple vous servir de ce modèle : http://www.lautoentrepreneur.fr/images/4_Achats-recettes.pdf.
Enfin, le grand jour arrive : vous avez réussi à trouver un client. Vous vous êtes entendus sur une prestation ou une vente, pour un certain tarif. Vous êtes maintenant tenus d’éditer une facture.
Rien de plus simple, vous trouverez un modèle ici : http://www.lautoentrepreneur.fr/images/5_Facturier.pdf.

N’oubliez pas que toute vente de biens ou de services doit faire l’objet d’une facture, et que celle-ci doit être numérotée. Il ne doit jamais y avoir de trou dans votre numérotation (tous les numéros de facture doivent se suivre). Vous devez clairement vous identifier sur la facture, en précisant notamment votre numéro SIRET, et identifier le client. La date d’émission est aussi obligatoire. Enfin, puisque vous êtes auto-entrepreneur et que vous ne devez pas facturer la T.V.A., vous devez faire apparaître la mention « T.V.A. non applicable, art. 293B du CGI ».

Vous allez ensuite devoir payer des taxes sur vos recettes. L’Urssaf vous fera parvenir tous les mois ou tous les trimestres un formulaire de déclaration de chiffre d’affaires. En fonction de votre activité, vous serez prélevé entre 12 et 20,50 % de vos recettes. Il faut en tenir compte au moment où vous établissez vos tarifs, car ce que vous facturez ne correspond pas à ce qu’il restera sur votre compte à la fin de l’année… Un cas particulier concerne les chômeurs qui peuvent demander à bénéficier de l'aide aux demandeurs d'emploi créant ou reprenant une entreprise (Accre). Ce dispositif permet d’être exonéré de charges sociales pendant un an. L’importance des charges peut faire hésiter certains à déclarer leur activité, considérant qu’un travail au noir sera plus rentable. Cependant, il faut comprendre que ces taxes vous assurent une protection en cas d’accident du travail, de maladie et de grossesse, et vous permettent de cotiser pour la retraite. Elles vous éviteront aussi tout problème en cas de contrôle ! Autant de bonnes raisons à prendre en compte pour s’installer…

Le saviez vous ?

Tout cela vous semble encore confus, vous ne savez pas quoi répondre aux questions que l’on vous pose ou bien vous voulez plus de précisions sur le pourcentage de charges que vous devrez payer ? N’hésitez pas à demander de l’aide ! C’est le travail des C.F.E. et des C.C.I. que de vous accompagner dans vos démarches. Les Urssaf joue également ce rôle avec plaisir, pour la bonne et simple raison qu’ils collectent les taxes et ont tout intérêt à vous aider à créer votre activité. Enfin, vous trouverez de très bons outils (guides, modèles de documents) sur le portail officiel de l’auto-entrepreneur : http://www.lautoentrepreneur.fr/.

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Auteur : - Le 24 juin 2010

Commentaires

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Melanie

Merci beaucoup pour cet article complet et enrichissant ! Le recours aux Freelances est de plus en plus fréquent pour les entreprises, et enrichissant sur le long terme, mais dans quelle mesure avoir recours à un freelance ? et comment collaborer au mieux ?

23 mai 2012 à 17h13

Répondre

mikaniele

C'est cette formule que je veux prendre des que mon projet sera fait en totalité.
Il me reste la fromation en haccp et le bafa et la création en 2011 !

02 novembre 2010 à 16h48

Répondre
freelance

Le statut d’auto-entrepreneur est idéal pour démarrer une activité qui nécessite peu d’investissement.

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