La CGT, un syndicat historique
La Confédération générale du travail (ou CGT) est l'un des syndicats les plus actifs et représentatifs en France. Souvent contestataire, elle est à l'origine de nombreux mouvements de grève et de grandes avancées sociales.
La Confédération générale du travail (ou CGT) a été créé le 23 septembre 1895 à Limoges. Cette Confédération fait partie des cinq confédérations de syndicats de salariés français considérées comme représentatives par l'État français. Elle est largement représentée au sein des organisations syndicales de salariés tant en ce qui concerne les comités d'entreprise que les délégués du personnel. Elle est membre de la Confédération syndicale internationale (CSI) et de la Confédération européenne des syndicats (CES).
Une longue histoire
La fondation de la CGT en 1895 à Limoges résulte de plusieurs années de lutte en France dont le point d'orgue sera l'insurrection de la Commune de Paris en 1871. Les ouvriers dont le droit de coalition et de grève a été supprimé en 1864 se rebellent contre le patronat pour obtenir des améliorations de leurs conditions de travail. L'épisode de la Commune est réprimé dans un bain de sang mais la contestation s'organise. Les syndicats fleurissent un peu partout dans le monde comme en France. Devant la montée en charge du nombre des syndicats, le 21 mars 1884, Waldeck-Rousseau fait passer une loi légalisant les syndicats professionnels ouvriers et patronaux. Les idées de Karl Marx font leur chemin en France. En 1887, la bourse du Travail de Paris est créée. En 1895, le congrès constitutif de la confédération générale du travail se rassemble à Limoges fin septembre. A la base de ce congrès les métiers du livre et les cheminots sont les plus vindicatifs.
Jusqu'en 1902, la CGT a bien du mal à s'organiser. Les métiers manquent d'unité mais les choses vont prendre un tournant décisif après le Congrès de Bourges de 1904 où la CGT adopte une revendication commune et fédératrice pour l'ensemble de ses adhérents : la journée de 8 heures. En 1906, la CGT signe la Charte d'Amiens dans laquelle les adhérents posent les grands principes du syndicaliste unitaire moderne (lutte des classes, indépendance des organisations politiques...). La journée du 1er mai est décrétée pour porter la revendication des 8 heures de travail quotidien. Dès lors, la CGT devient une véritable locomotive syndicale. En 1912, la CGT est la seule confédération syndicale existante en France. Elle compte 700 000 adhérents sur un total de 7 millions de salariés.
Scission et engagement
En 1921, le syndicat tiraillé entre les idées réformistes et révolutionnaires entérine la scission. Les militants aux idées les plus radicales créent la CGTU (Confédération Générale du Travail Unitaire), proche du PCF. En 1930, la CGT obtient enfin le vote définitif de la loi sur les assurances sociales . Dans les années 30, la CGT s'oppose à la montée du nazisme en Allemagne. En 1936, la CGTU rentre dans le rang de la CGT alors que des avancées sociales majeures sont obtenues comme les congés payés, la semaine de 40 heures. Pendant la guerre, le gouvernement de Vichy dissout les centrales syndicales ouvrières et patronales. En 1944, après plusieurs années de clandestinité, la CGT revient au grand jour pour obtenir en 1945 la création des comités d'entreprise et la mise en place de la Sécurité sociale. En 1950 alors que des courants contraires continuent de torturer l'exécutif de la CGT, la création du Salaire minimum interprofessionnel garanti est votée. Les lois sur les retraites suivront... Toujours à l'avant garde sociale, la CGT reste aujourd'hui la principale centrale revendicative de France.
Le saviez-vous ?
La CGT comprend aujourd'hui 22 000 syndicats ou sections de base, regroupés en 33 fédérations professionnelles (cheminots, métallurgie, Mines-Energie, PTT, Santé, Transports...).



