Inglourious basterds : glorieux Tarantino !

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Tout a commencé par une soirée d’été bien arrosée dans le sud de la France entre deux hommes férus de ciné et un brin déjantés : Quentin Tarantino et Brad Pitt. Le premier soumettant son scénario au second qui l’accepta après quelques verres de l’amitié. Les deux compères désiraient travailler ensemble depuis longtemps : le rêve devenait réalité ! Et le projet, ambitieux et audacieux (matez plutôt la scène finale qui se permet de réecrire l’une des plus importantes parties de notre Histoire !), se lançait dans la foulée. Voilà comment est né « Inglourious basterds » !

« Il était une fois, dans une France occupée par les nazis… » Le film commence comme ainsi : par un plan large sur une maisonnette, perdue au milieu des montagnes, et cette locution empruntée aux contes de fées. Mais ici ni princesse, ni chevalier. Juste des hommes et des femmes dont le destin est lié. Un conte ? Ce film l’est assurément. Car rien de ce qui va suivre n’est vrai : Tarantino s’est libéré des chaînes historiques pour mieux puiser dans son imagination délirante. Et c’est tant mieux ! Car avec cette odyssée moderne, le réalisateur-scénariste se permet de révolutionner le genre « films de guerre ».
Divisé en chapitres (comme à l’accoutumé), le film-roman ouvre avec une spectaculaire et savoureuse scène de confrontation masculine : un officier nazi, traquant les juifs et un fermier français, protégeant toute une famille. Avec juste un dialogue anodin (en apparence) et une alternance de gros plans (non sans rappeler les westerns de Sergio Leone), Tarantino fait monter la tension entre les deux hommes (et la nôtre !) jusqu’à l’extrême, avec comme point culminant de ces 15 minutes, l’abdication du Français, qui paraissait pourtant infaillible : désarçonné, un pied à terre, il craque et révèle la fameuse cachette. Prouesse impeccable de Tarantino qui montre comment déstabiliser un adversaire coriace uniquement par le jeu du langage. Superbe !

Soif de vengeance Le pitch ?

Sous l’occupation, deux histoires se croisent pour mieux se réunir lors de l’explosion finale ! Celle de Shoshanna, jeune juive propriétaire d’un petit cinéma, qui a vu sa famille décimée par l’ignoble et diabolique colonnel Hans Landa (interprété magistralement par l’autrichien, jusqu’alors inconnu, Christoph Waltz) et qui concocte une vengeance brûlante… Et celle d’une équipée sauvage, une bande de soldats juifs américains en quête de « liquider du nazis » et de récolter le maximum de scalps possible, menée de main de maître par le lieutenant Aldo Raine (sous les traits du brillantissime Brad Pitt), qui participe à un hallucinant complot mis en scène par une poignée d’alliés, dont certains issus du milieu cinématographique.
Car c’est bien de cinéma dont il est question dans ce film (comme souvent chez Tarantino). Références ciné à foison, personnages (une projectionniste, un héros de guerre reconverti en acteur, une actrice allemande devenue espionne, un critique de cinéma), lieu principal (un cinéma de quartier), évènement clé (une avant-première de film)… Tout tourne autour de lui ! Mais c’est surtout lui le héros, l’arme de destruction massive qui stoppe net le plus grand conflit mondial de tous les temps (c’est par la pellicule que les hauts dignitaires du 3 ème Reich, Hitler en tête, se voient brûler et périr dans les flammes). Et le cinéma se pose en sauveur du monde ! (Exit Bruce Willis, et toc !) Quel bel hommage ce geek cinéphile rend au septième art… Voilà une véritable déclaration d’amour tarantinesque !

Putain 10 ans !

Eh oui, il aura fallu dix longues années de recherches, de lectures, de réflexion, de masturbation des méninges à Tarantino pour nous pondre « Inglourious basterds » ! Mais ça valait le coup tant le résultat est jubilatoire. Deux heures trente de bonheur jouissif offert par un Tarantino très en forme et sa génialissime équipe. Car l’Homme sait s’entourer : outre les sublimes Watz et Pitt, on retrouve une Diane Kruger fine et drôle (registre où l’on ne l’attendait pas), une Mélanie Laurent relativement investie dans sa mission et un super Eli Roth massacreur de nazis, batte de base-ball à la main. Des acteurs tous dévoués à une seule et même cause : la cause Tarantino !

Very bad man

« Plus le méchant est réussi et meilleur est le film », la citation d’Hitchcock n’a jamais été aussi juste que dans ce long métrage ! L’officier Hans Landa, sadique à souhait, adepte de la torture psychologique, éclipse presque tous les autres personnages du film et Waltz (acteur polyglotte bourré de talent) légitime amplement sa palme d’interprétation décernée au dernier Festival de Cannes. Ce « chasseur de juif », que l’on devrait détester sans jamais vraiment y arriver, agit tel un félin reniflant sa proie, la guettant, puis jouant avec elle avant de l’achever d’un coup sec. Au jeu du chat et de la souris, il excelle… jusqu’à l’arrivée de Brad Pitt (personnage de brute à l’accent du sud et à la mâchoire prononcée, un peu caricatural, sauvé par Pitt qui réussit l’exploit de le rendre très attachant) et de ses salopards qui change la donne et inverse les rôles tout au long du film.

La patte Tarantino

Pour parfaire ce petit bijou, Tarantino nous délivre toujours les mêmes cartouches, des armes redoutables et efficaces. D’abord, le langage : les mots (auquel Tarantino confère un pouvoir exquis et absolu), les dialogues (ultra soignés et d’une extrême précision), les accents (cruciaux à certains moments de l’action), l’humour (féroce et sanglant), les répliques (pertinentes, bien ficelées et dynamitées qui fusent comme des balles pour atteindre leur cible à coup sûr)… C’est là que réside la force du film !
Mais aussi la violence, évidemment (c’est un Tarantino oui ou non !). Crue, brutale, ponctuelle, justifiée, parfois dans l’excès mais jamais dans l’abus. Subtilement dosée avec quelques scènes de combat survoltées. Delicious… Sans oublier la marque de fabrique du maestro : la bande son ! Largement dominée par les musiques d’Ennio Morricone (encore un gros clin d’œil aux westerns spaghettis !), elle sublime les images, d’un esthétisme irréprochable. Une alliance magique !

En sortant de la salle, comment ne pas repenser à cette ultime phrase choc de Brad Pitt qui résonne encore dans nos têtes, « Ça, franchement, je crois que c'est mon chef-d'oeuvre ! », et ne pas imaginer là, un petit clin d’œil que nous adresse le bonhomme ? Du Tarantino tout craché ! Il est fort ce Quentin… Alors, oui, on adhère totalement à cette fresque violente et romanesque, véritablement orgasmique. Une utopie cinématographique que l’on a envie de transformer en réalité historique : et si le cinéma pouvait changer le cours de l’Histoire ?...

Le saviez-vous ?

Dans certains pays, la croix gammée apparaissant sur l’affiche du film a été supprimée. Elle a été remplacée par un trou fait par une balle. C’est le cas en France et en Allemagne : une loi interdit d’afficher une croix gammée autrement qu’à des fins de représentations historiques.

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Auteur : Jean Grey - Le 02 septembre 2009

Commentaires

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Jack

Bien,
J ai vu le film, et je netais pas content, premiere Tarantino present en Francais qui n y a pas de courage en doner la vie pour sauver les amis juif. Apres il present une France completement domine par des Alemands qui ont meme des francaises comme prostitutes. Et toujours present les americain pret a sauver le monde de la guerre. C est vraiment ridiculous.

11 octobre 2009 à 16h06

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twobib

très intéressante critique -
donne vraiement très envie d' aller voir ce film
en attendant d' autres critiques dans ce genre aussi élaborées, bien écrites, et aussi pétillantes
bravo à l' auteur !

07 septembre 2009 à 12h01

Répondre
inglorious bastards

En France et en Allemagne, la croix gammée apparaissant sur l’affiche du film a été supprimée. Elle a été remplacée par un trou fait par une balle.

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