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La course de côte, l’épreuve automobile la plus spectaculaire

Née en France au XIXème siècle, la course de côte a connu son heure de gloire dans les années cinquante et soixante. D’abord réservée aux véhicules d’usine des grandes marques automobiles, elle est aujourd’hui le domaine de prédilection des monoplaces. De par les caractéristiques des circuits qu’elle parcourt, la course de côte représente une épreuve sportive particulièrement impressionnante.

La course de côte, que l’on appelle parfois plus simplement « la côte », est une discipline de sport automobile qui consiste à parcourir un tracé au dénivellement relativement important dans un minimum de temps. Il s’agit donc d’une épreuve chronométrée.

Généralités sur la course de côte

Les parcours mis en place pour les courses de côte mesurent en général plus d’un kilomètre et peuvent aller jusqu’à plus de 10 km. L’épreuve a lieu sur une véritable route, c’est-à-dire sur un revêtement d’asphalte. Pour l’occasion, on délimite le parcours en bloquant l’accès à la circulation, exactement comme dans le cas des rallyes. Le pourcentage de dénivelé moyen à respecter est variable en fonction des règlements des différents championnats, mais la course se déroule toujours dans des régions montagneuses, voire vallonnées. Les routes y sont généralement très sinueuses, ce qui crée des courses extrêmement spectaculaires, enchaînant virages en épingle et accélérations rapides.

En ce qui concerne le déroulement de la course proprement dite, il s’agit en fait d’une épreuve de contre la montre : les concurrents sont lancés chacun à leur tour depuis le bas du parcours. Ils doivent gravir « la côte » le plus rapidement possible, puisque le classement final est fonction du temps réalisé. Selon la longueur du parcours et le nombre des participants, la course peut se dérouler sur un ou deux jours, le plus souvent le week-end. Les pilotes repèrent le circuit lors des montées d’essai (généralement deux ou trois). Le plus souvent, la compétition se compose de deux ou trois montées officielles chronométrées ; le classement peut ensuite ne prendre en compte que le meilleur temps, ou se baser sur la moyenne des temps réalisés, ou encore sur le cumul total des temps.

En raison des caractéristiques spécifiques que la course de côte nécessite, on y trouve essentiellement des véhicules dotés d’une très grande puissance et de couple moteur pour une meilleure reprise. On y trouve aussi bien des voitures de tourisme, de grand tourisme, des sport-prototypes que des monoplaces, mais la victoire revient aujourd’hui le plus souvent aux monoplaces, de type Formule 3000 ou plus exceptionnellement Formule 1. Les championnats nationaux considérés comme les plus relevés sont ceux de France et d’Allemagne, mais on compte aussi de très nombreux amateurs des championnats belge, espagnol, italien, suisse ou encore autrichien. Au niveau international, il existe aujourd’hui un championnat et une coupe d’Europe, ainsi qu’un challenge international de course de côte.

Historique de la course vers les sommets

L’histoire de la course de côte démarre le 31 janvier 1897, avec l’épreuve finale de la course Marseille-Nice. Sur les pentes de La Turbie, le Français André Michelin va réaliser tout au long des 17 km du tracé une fantastique moyenne de 31,8 km/h, grâce à son véhicule De Dion… à vapeur ! Le public et les pilotes sont ravis de cette course de montagne, ce qui incite les organisateurs de compétition à reprendre l’idée à leur compte. A partir de 1902, les premières véritables épreuves de courses de côte voient le jour, sur le territoire français : Gaillon, Laffrey, Chanteloup, Mont Ventoux… Très vite, le reste de l’Europe va suivre, avec notamment le Mont-Cenis en Italie ou le Semmering en Allemagne.

Cependant, malgré cet engouement rapide, il faudra attendre 1930 pour qu’un championnat d’Europe voie le jour, à l’initiative de l’Automobile Club Allemand. Il faut dire que les meilleurs pilotes sont à l’époque allemands et que, bien que la plupart des grandes marques de l’époque s’y investissent, les podiums sont à l’époque monopolisés par Mercedes, et ce jusqu’au début de la seconde guerre mondiale qui va mettre un terme au championnat.

Après la guerre, les courses de côte reprennent mais aucun championnat n’est mis en place. C’est seulement au moment de la signature du Traité de Rome en 1957, qui voit la création de la Communauté Européenne, que six pays se décident à fédérer leurs efforts au sein d’un nouveau championnat d’Europe. Avec l’aval de la Fédération Internationale d’Automobile, l’Allemagne, l’Autriche, la France, la Grèce, l’Italie et la Suisse créent le Championnat d’Europe de la Montagne. Chaque pays dispose d’une manche qualificative, et les épreuves sont ouvertes à tout véhicule de sport dont la cylindrée n’excède pas les deux litres. A partir de l’année suivante, les voitures « grand tourisme » concourent officiellement et la cylindrée des Sports et GT est limitée à 1.500 cm3. Petit changement dans le déroulement du championnat : la fréquentation de la course du Mont Parnes (en Grèce) étant trop faible, l’épreuve est remplacée par une manche américaine en 1959 (celle-ci sera supprimée l’année suivante, pour les mêmes raisons). La même année, le plafond des cylindrées est remonté à 2,1 pour les véhicules Sport et à 3,1 pour les GT.

Les années cinquante voient principalement le combat des voitures allemandes de Porsche et de Borgward, jusqu’à l’arrêt de la compétition par Borgward en 1960. C’est alors que rentrent en jeu les écuries italiennes d’Abarth et de Sant-Ambroeus. Cette dernière aligne un véhicule Ferrari, et bénéficie de toute l’implication de la Scuderia de Milan. Les fabricants se livrent une bataille sans merci tout au long des années soixante, rendant la compétition de plus en plus spectaculaire. Malheureusement, la fin de la décennie est marquée par un drame : la mort du pilote Scarfiotti, qui se tue dans la montée du Rossfeld en Allemagne. Cet âge d’or prend fin avec le retrait progressif des usines et l’arrivée massive des monoplaces qui remplacent peu à peu les prototypes et remportent régulièrement le Championnat d’Europe depuis 1972. La course de côte est désormais le quasi monopole des monoplaces, de type Formule 3000 et même, parfois, Formule 1.

Le saviez-vous ?

La plus ancienne course de côte organisée en tant que telle remonte à 1902, avec la compétition du Mont Ventoux. La première épreuve est remportée par le pilote Chauchard sur véhicule Panhard et Levassor, qui réalise une moyenne de 47,501 km/h pour les 21,6 km du parcours. La barre des 100 km/h est passée dès 1957, avec les 102,383 km/h de Daetwyler sur Maserati. Le record définitif sera établi un jour de brouillard par Peter Schetty sur Ferrari avec une moyenne de 129,422 km/h. Aujourd’hui, pour des raisons de sécurité, le circuit ne représente plus que 10,050 km et le record est détenu par Bernard Chambérod sur Formule 3000, qui l’a parcouru en 3’50’’984 en 2003.


Article rédigé par Monnier Cécile pour Bloc.com - Publié le 26/12/2007
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