Le Kendo
Le Kendo est un art du sabre descendant direct du Kenjutsu, escrime japonais pratiqué au temps des samouraïs. Cet art martial revêt aujourd’hui un caractère sportif et compte bon nombre de pratiquant à travers le monde.
Le Kendo en histoire
Une fois le Japon unifié sous le règne de Tokugawa Ieyasu, la paix régna durant 260 ans. C’est à l’époque d’Edo, 1600-1868, que le Kenjutsu est devenu un art martial que les samouraïs devaient pratiquer puisque les champs de bataille n’existaient plus. Au XVIII ème siècle, Naganuma Shiro développe un style facilitant l’apprentissage de l’art avec l’usage de sabre en bambou et des protections permettant une frappe réelle en attaque, il créa également des kata au sabre. Cet art s’appellera le Kendo. A l’occasion de la visite de Jigoro Kano, le fondateur du judo moderne, a lieu en France, une démonstration de Kendo. La fédération Japonaise de Kendo est constituée 1952. Maître Mochizuki Minoru est envoyé en France pour y propager l’enseignement. En 1959 a lieu le premier championnat de France de Kendo.
La pratique du Kendo
Le Kendo est une escrime au sabre à deux mains, les pratiquants sont appelés des kendoka ou kenshi, une armure de protection et des armes en bambou permettent de porter réellement les coups. On y pratique aussi le Nito, héritière de l’école de Miyamoto Musashi, où l’on utilise 2 shinai (sabre en bambou). Le Kendo est pratiqué dans un dojo muni de plancher. Il n’y existe aucune catégorie de poids et il n’y a aucun signe extérieur qui marque le grade des kenshi. Le fondement du Kendo repose sur le Kikentai itchi, on parle ici de l’union de l’esprit (ki), évoquée par la détermination d’une attaque par un kiai, cri venant du bas ventre poussée par une expiration forte qui permet une explosion d’énergie, du sabre (ken) qui doit toucher l’adversaire avec le côté supposé tranchant du shinai sur l’armure de l’adversaire, les parties du corps pouvant être touchées pour marquer des points sont la tête, la gorge les flancs et les poignets, et du corps (tai) qui montre son engagement par une frappe du pied avant sur le sol. Ces trois actions, le kiai, la coupe et la frappe au sol du pied avant doivent être exécuteés simultanément sinon le coup est refusé.
Il existe deux niveaux de gardes, le jodan no kamae, c'est-à-dire une garde au-dessus de la tête et le chudan no kamae qui protège le corps du bas ventre jusqu’à la gorge, niveau moyen. En Nito, on tient un shinai court (kodachi) dans l’un et un long (bokken) dans l’autre. La pratique exige la maîtrise des katas et l’application du code moral du dojo. Un kendoka doit avoir une maîtrise de soi exemplaire. Les katas y sont exécutés à deux, entre un élève et son maître. Il y existe dix kata, sept utilisent le bokken et trois un kodachi. La répétition des katas permet une exécution fluide des mouvements et accroît sa fluidité.
Dans le respect de la tradition du bushido, le Kendo commence et se termine toujours par un salut. C’est un acte de respect, et de gratitude envers l’adversaire d’avoir relevé le défi. A la fin de l’affrontement, le salut est en guise de remerciement car que l’on gagne ou que l’on perde, on a forcément appris de l’autre. La manière dont le pratiquant s’occupe de son shinai est un point important dans l’étiquette du Kendo. Une pratique assidue du Kendo augmente les facultés de concentration, de vigilance, et de réactivité. Les sens étant à vifs lors des affrontements, le pratiquant se forge à la fois le corps et l’esprit. Au cours d’un combat, la tension est tellement élevée que le combattant doit apprendre à canaliser ses émotions pour gagner. De plus, comme il n’y a pas de contact direct, le corps ne souffre d’aucune lésion. Le pratiquant peut donc pratiquer le Kendo tout au long de sa vie.
L’arrivée du Kendo en France
Quelques années après la seconde guerre mondiale, les japonais exportent leur culture des arts martiaux vers l’occident, d'ailleurs fort bien accueilli par la France qui est séduite par le spiritualisme oriental et le zen. En 1958, Alcheik Jim, un élève de Minoru Mochizuki a eu pour mission de créer la branche Européenne de Kendo. Il fonda alors la Fédération Française d’Aïkido Taijutsu et Kendo. L’enseignement du Kendo n’est pas prioritaire aux yeux d’Alcheik mais il est celui qui l’a introduit officiellement. Sa tâche réside surtout à faire connaître le Kendo par la plume. En 1961, Jim Alcheik mourut en Algérie pendant une guerre. En décembre 1957, maître Murakami, 3ème Dan de Karaté, et 2ème Dan de Kendo, donne des cours au siège de la fédération de Judo et a comme élève Claude Hamot et Bernard Durand, Truong Gnoc, Raymond Cocatre, Jacques Fonfrede et Henri Plée. En 1965, Alain Floquet, alors professeur d’aïkido, propose à Shiga Tadakatsu, 4ème Dan de Kendo, d’enseigner le Kendo dans le club où il enseigne l’Aïkido. C. Hamot et Bernard Durand rejoignent maître Shiga. En 1967, la fédération de Kendo, la France Kendo Renmei, voit le jour.
le saviez-vous ?
Minoru Mochizuki, 10ème dan d’aïkido, 9ème dan de Jujutsu, 8ème dan de iaido, de judo et de kobudo et enfin 5ème dan de Kendo, de karaté et de jo-jutsu, élève direct des fondateurs de l’aïkido Morihei Ueshiba, du Judo Jigoro Kano et du Karaté Gichin Funakoshi, décéda le 30 Mai 2003 à 96ans, à Aix en Provence.
Article rédigé par Ludivine pour Bloc.com - Publié le 27/03/2008



Laissez un commentaire sur cet article
... ou venez discutez, échangez, partagez sur le forum
Derniers messages sur le forum Sport