Le jeu de paume
Existant depuis près de cinq siècles, le jeu de paume est le digne ancêtre de tous les jeux de raquettes et des jeux de balles que nous connaissons aujourd’hui, tels que le Squash et le tennis.
Déroulement du jeu de paume
Dans le jeu de paume, le but est de faire « mourir » la balle, appelée éteuf ou esteuf, dans le camp adverse. Il peut se jouer à 1 contre 1 ou même à cinq contre cinq. Les points accordés sont les mêmes que ceux qui sont attribués au tennis. Sport initialement pratiqué à main nue, d’où son appellation, l’usage d’un gant en guise de protection devient chose courante à la fin du XIII ème siècle. En 1505, la raquette munie de cordage de chanvre ou de boyau fit son entrée dans le jeu de paume, vint ensuite le battoir qui n’est autre qu’une raquette pleine en bois.
Au XIV ème siècle, les terrains de jeu en plein air sont couverts d’un toit, ce sont les tripots. Ce jeu se pratique au cœur même de la ville, sur une place importante. Ainsi, c’est le public qui veille au bon déroulement du match. Il faut savoir qu’il est interdit de se mettre en colère lors du jeu et que l’on stoppait le match dès qu’un des joueurs n’est plus en état de continuer, souvent à cause de la fatigue et parfois à cause de blessure occasionnée par des esteufs bourrées de pierres par des paumiers insouciants et malhonnêtes.
En 1610, une association est créée pour superviser la production d’esteufs et de raquettes et aussi pour freiner les excès des paumiers en instaurant une réglementation stricte. La plus belle époque que ce sport ait connue se situe entre la Renaissance et la Révolution. Il faudra attendre la fin de la première guerre mondiale pour que la Fédération de Jeu de Paume voit le jour. Impopulaire et n’ayant pas de rencontres internationales, il est vite dépassé par le tennis qui est apprécié par de plus en plus de Français, et même en dehors de la France.
Du jeu de paume au Lawn tennis et au Real tennis
Vaincu lors de la bataille d’Azincourt, le Duc Charles d’Orléans est capturé et fait prisonnier en Angleterre, à Wingfield, dans le Norfolk, jusqu’en 1440. Ce temps lui permit d’introduire le jeu de paume en Angleterre, qui quatre siècles plus tard sera adapté pour un jeu sur l’herbe grâce à la création d’une balle en caoutchouc pouvant rebondir sur l’herbe, par le descendant du châtelain de Wingfield, Walter Copton wingfield, auquel il donnera le nom de Lawn tennis. Le jeu de paume est alors appelé Real tennis.
L’historique du jeu de paume
En 1610, les paumiers se rassemblent pour former une association afin de normaliser la pratique de ce sport. Pourtant, en 1612, le roi Louis XIII ferme la porte de la moitié des salles existantes dans toute la France pour stopper la frénésie causée par ce jeu. Il ne reste plus que 114 salles en 1657, mais l’engouement des pratiquants est toujours aussi vif. Préférant un sport plus « classe », Louis XIV installe, en Novembre 1676, des tables de billard dans toutes les salles de Paume. Par convention, il autorisa la construction d’une salle de jeu de paume dans le château de Versailles. Repoussé par Louis XIII au 18 ème siècle, la paume évolue fort bien aux Etats-Unis et aux Royaumes Unis, ainsi qu’en Australie. Ces pays sont aujourd’hui à craindre lors des compétitions, même si l’on détient le titre mondial depuis 1740. Parmi nos champions du monde nous pouvons citer Clergé qui fut le premier d’entre eux. En 1941, la FFJP (Fédération Française du Jeu de Paume) n’a plus lieu d’être après la révolution nationale et est obligé de s’assembler avec celle du tennis. Actuellement, il n’y a plus que trois salles en France : au Château de Fontainebleau, à Bordeaux et à Paris.
le saviez-vous ?
Le jeu de paume a été érigé au rang de sport olympique pendant les jeux Olympiques de Paris en 1900. Il y participa en tant que sport de démonstration, et présenta une version plein air, « la longue paume ». Il disputa sa seule et unique compétition olympique en 1908 à Londres, dans le West Kensington. La compétition durera 6 jours en tout. C’est l’Américain Jay Gould qui remporta la médaille d’or, l’argent et le bronze furent attribuée aux Britanniques Eustace Miles et Neville Lytton.
