La Ringuette, un sport de fille venu du Nord
Curiosité venue du Grand Nord canadien, la Ringuette s’est glissée dans nos murs ces dernières années sans que l’on s’en soit rendu compte. Rapide détour de l’essentiel de ce qu’il faut savoir sur cette nouvelle activité qui pourrait bien déchaîner les passions d’ici quelques années.
Ringuette : définition
Vous ne la connaissez pas encore ? Ne vous en faites pas, vous n’êtes pas les seuls ! Et pourtant aujourd’hui, au Canada et dans d’autres pays du monde, elle déchaîne les passions et les foules ! Elle, c’est évidemment « la Ringuette », ce sport d’hiver qui a vu le jour voilà maintenant plus d’une quarantaine d’années à North Bay, dans la province canadienne de l’Ontario.
L’histoire de la Ringuette est associée à celle de son inventeur : Sam Jacks. En effet, en 1963, ce canadien qui avait déjà été à l’origine de la création d’un autre sport d’équipe, le hockey en salle (qu’il a conçu en 1936), s’est mis en tête de créer un nouveau sport de glisse et d’équipe taillé sur mesure pour les femmes. S’étant rendu compte que la plupart des sports d’équipe étaient en fait taillé sur mesure pour les garçons, Sam Jacks déplorait que les filles ne puissent pas non plus s’épanouir elles aussi dans une activité sportive qui serait totalement destinée à leurs aptitudes physiques. Se faisant, et connaissant le goût des femmes pour la glisse, Jacks eut la brillante idée de s’inspirer du hockey sur la glace pour mettre au point les bases de son nouveau sport d’équipe.
C’est ainsi qu’il prit l’initiative d’échafauder les règlements d’un jeu d’équipe qui se jouerait sur des patins à glace avec des bâtons droits (sans palette) et un anneau de caoutchouc pour remplacer la crosse et le palet du hockey. C’est d’ailleurs de cet anneau en caoutchouc qu’allait être baptisé le nom de son nouveau sport de glisse : en effet, en anglais l’anneau se dit « ring ». Ce fut donc tout naturel que Sam Jacks déclina sa nouvelle activité sous le nom de « ringuette ».
Les règles de la ringuette
Basée sur la vitesse et l’agilité, la ringuette requiert aussi beaucoup de finesse et surtout de stratégies. Mais comment donc ça fonctionne ? A priori, la ringuette fonctionne comme le hockey. En effet, elle se joue sur la glace et confronte deux équipes de six joueuses chacune. Chaque équipe va tenter au fil du jeu de marquer des buts à l’aide de l’anneau en caoutchouc qu’il faut réussir à lancer dans des cages en filets placés à chacune des extrémités de la patinoire. Pour ce faire, les joueuses devront utiliser leur bâton droit pour « piquer » le « ring » (l’anneau en caoutchouc), ce dernier possédant un orifice spécialement destiné à cet effet. Une fois contrôlé, l’anneau va pouvoir être manipulé à volonté par les joueuses. Cette dernière devra déployer des stratégies et surtout une dextérité hors du commun pour conserver, manier et éloigner en même temps de l’équipe adverse.
Pour ce qui est des similitudes avec le Hockey sur glace, elles s’arrêtent là puisque dans la Ringuette, les contacts physiques sont prohibés. Une situation qui va favoriser d’autant plus le jeu et donc l’adresse et la vitesse. Par ailleurs, la Ringuette se singularise aussi par un autre de ses règlements : celui de la « ligne bleue ». En effet, dans ce sport, pour favoriser le jeu d’équipe, le règlement interdit aux joueuses de franchir une ligne bleue sur la patinoire, tout en étant en possession de l’anneau. Cela oblige donc ces dernières à passer l’anneau à leurs coéquipières lorsqu’elles traversent cette ligne.
Les périodes de jeu quant à elles débutent toujours après un coup de sifflet. La joueuse de l’équipe alors en possession de l’anneau de caoutchouc doit la passer dans les cinq secondes qui suivent ce coup de sifflet. La règle vaut également pour ce qui est des gardiennes de chaque camp qui entrent en possession de l’anneau au cours du match. A propos des gardiennes, ces dernières officient à l’intérieur d’un demi-cercle dans lequel aucune des joueuses adverses n’a le droit de pénétrer sous peine d’une sanction de l’arbitre. Et dans ces cas, la sanction consiste à ce que l’équipe de la joueuse fautive ne puisse toucher l’anneau pendant 5 secondes. Lorsqu’elles attrapent l’anneau, les gardiennes doivent la relancer avec leur main à leurs coéquipières. Voilà pour les règles en général. Cependant, il faut savoir encore que l’aire de jeu de la Ringuette (la patinoire) se divise en plusieurs zones lors d’une rencontre. - Il y a tout d’abord ce qu’on appelle les « zones de passe libre ». Il y en a 5 sur une patinoire de ringuette. Ces zones servent entre autres à la remise en jeu lors d’un match. Celle-ci se fait dans la zone de passe libre la plus proche. -Ensuite, il existe ce qu’on appelle une « zone de but ». Seule la gardienne a le droit d’y entrer. -La « zone de jeu » quant à elle correspond à une surface située entre la ligne de jeu libre et le rebord de la patinoire dans laquelle uniquement trois joueuses peuvent se trouver simultanément. - Enfin, « la zone des officiels », elle, est réservée aux arbitres et aux officiels. Cette zone leur est réservée lors de leurs concertations.
Pour terminer à propos du règlement, sachez qu’en ce qui concerne l’équipement, les joueuses doivent porter impérativement certains effets : un casque et un masque pour la tête et le visage ; un protège cou ; des protèges coudes ; des gants protecteurs et des équipements spécialisés pour protéger les hanches, les parties génitales et le coccyx. Des genouillères doivent également être prévues et bien évidemment des patins et des bâtons de ringuette. Les gardiennes, elles, devront en outre porter en plus de tout cela des jambières, un plastron et aussi un bâton.
Place de la ringuette au niveau international
Il faut savoir que la ringuette est un sport dont la popularité au Canada n’est plus à faire. En effet, les statistiques dénombrent officiellement plus de 2000 équipes cette saison (soit plus de 25000 joueurs) dans ce grand pays de l’Amérique du Nord. Cependant, plus de 60000 canadiens s’adonnent régulièrement à la pratique de la ringuette si l’en on croit les enquêtes menées par les officiels canadiens. Des championnats de tous ordres sont organisés de part et d’autre du pays. Devant la ferveur et les passions véhiculées par ce jeu, la ringuette a dès lors fait des émules au-delà des frontières canadiennes. C’est ainsi que la ringuette s’est alors exportée en Finlande d’abord puis vers la Suède, les Etats-Unis, la Russie, le Japon, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, la République tchèque, la Norvège et aujourd’hui la France. Chez nous, ce sport est encadré par la prestigieuse Fédération Internationale de Ringuette qui a été fondée en 1986. Aujourd’hui, un championnat du monde de ringuette a été mis en place et est organisé tous les deux ans.
Le saviez-vous ?
Le dernier championnat du monde de ringuette s’est déroulé à Ottawa (Canada) en novembre 2007. Lors de ce championnat du monde, l’équipe de la Finlande détrôna le Canada et arracha le titre de champion du monde avec un score serré de 5-4.

