Pauvre justice, tristes prisons

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Chaque jour nous apporte une nouvelle information sur un procès, une erreur judicaire, la situation précaire du personnel pénitentiaire, l’état lamentable des locaux, la surpopulation, les suicides. La communauté internationale nous montre du doigt.

Le budget de la Justice augmente de 5% alors qu’il eut fallu au moins 50% ; mais l’Etat étant en dépôt de bilan, ce n’est pas facile.

La situation de la Justice est aussi dramatique que celle de l’Education nationale . Les magistrats sont compétents, mais inefficaces par un manque de moyens en hommes (notamment greffiers) et matériel.

Nos codes sont désuets et pléthoriques. Les magistrats sont sous payés.

Le personnel pénitentiaire est insuffisant et sous payé. Les syndicats apparemment très présents sont impuissants à obtenir quoique ce soit.

Les réformes faciles font toujours l’objet de commissions et jamais d’applications.

L’exemple scandaleux des prisons en surpeuplement et état sanitaire lamentable (des travaux de réhabilitation, peinture, hygiène sont faciles et peu onéreux) en même temps qu’elles constituent un véritable lieu de formation de la criminalité émeut, parfois scandalise mais ne fait l’objet que de mini mesures. La prison constitue un micro univers qui est le ferment de la criminalité. Certes 60 000 personnes ne représentent qu’un millième de notre population ;mais accepter de les faire vivre dans l’indignité, les trafics internes, la haine, la corruption prépare un véritable réseau de mauvaise graines.

Un pays démocratiquement exemplaire devrait supprimer ses prisons excepté pour se protéger des individus dangereux (peut être 5000/8000) ; les 56000/59000 autres devraient purger leurs peines en liberté sous contrôle judiciaire, électronique et humain. Un condamné en liberté devrait avoir un emploi et être suivi par un tuteur (il ya des retraités qui seraient heureux de travailler à cette mission avec les associations d’insertion) . Un tel projet représente donc une véritable entreprise de 120000 personnes (un tuteur, un condamné), donc un budget de l’ordre de 330 millions d’euros sur 6,271 milliards d’euros de budget du Ministère. Le bilan global d’un tel projet devrait faire apparaître des économies substantielles, mais surtout un assainissement du milieu. La loi pénitentiaire est tardive et totalement insuffisante.

De nombreux sujets sont à traiter ; mais beaucoup de situations pourraient être améliorées sur le champ si les Ministres s’en occupaient.

Au hasard, je prends le scandale de la souricière du Palais de Justice ; il faut 2 mois pour mettre fin à ces locaux dignes des régimes tyranniques en attendant leur restructuration. Les Avocats se sont insurgés, mais les réponses de la Chancellerie ont été en fait dilatoires. Quant à la charité des 174 postes de surveillants de prison, elle ne mérite pas de commentaires, mais cette mesure ne mettra pas fin aux récriminations.

Il existe un véritable déficit d’administration concrète en France.

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Auteur : Regard Robert - Le 17 juillet 2009

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