Slow Food, l’internationale gourmande !

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Eriger le plaisir gastronomique comme moteur de progrès social… Voilà une idée plus que tentante ! Mieux manger, préserver les traditions régionales, permettre aux producteurs de mieux vivre… Ce n’est là qu’une partie du programme alléchant de l’association internationale Slow Food. Un mouvement grandissant qui a des petits airs d’internationale épicurienne !

Au départ, Slow Food est une petite association italienne créée par le journaliste Carlo Petrini en 1986. Il réagit alors à l’expansion de la restauration rapide et à l’uniformisation des goûts qu’elle implique. Baptisée « Arcigola » à sa création, l’association se transforme en mouvement Slow Food en 1989, quand 14 pays viennent rejoindre l’Italie. Ils signent ensemble un manifeste qui va poser les bases de sa philosophie.

Aujourd’hui reconnue par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, l’association est présente dans 150 pays et compte plus de 100.000 adhérents. Elle s’est implantée en 2003 en France, où le mouvement est aussi connu sous le nom d’ « éco-gastronomie ».

Les missions de Slow Food

Globalement, on pourrait dire que le mouvement Slow Food est en guerre contre la « malbouffe ». Créé en réaction à la multiplication des fast-foods, il cherche à sauvegarder les patrimoines gastronomiques locaux, les modes d’agriculture, d’élevage et de transformation traditionnels. Et tout cela sous la bannière du « droit fondamental au plaisir » ! Un programme pour le moins alléchant…

Le manifeste du mouvement international a donc défini trois missions de base. Tout d’abord, la défense de la biodiversité vise à préserver les variétés traditionnelles de céréales, légumes, fruits, les races animales et produits alimentaires qui sont en train de disparaître. Ensuite, l’éducation au goût permet de sensibiliser le grand public au contenu de son assiette. Enfin, Slow Food a pour but de recréer des liens directs entre producteurs et consommateurs.

Les moyens d’actions de l’association

Les 100.000 adhérents du mouvement Slow Food sont regroupés en plus de 1.300 sièges locaux, appelés « conviviums ». Chacun d’entre eux organise des activités sur son territoire, autour du terroir qu’il défend. Ils peuvent par exemple mettre en place des Ateliers du Goût ou intervenir en milieu scolaire. Certains conviviums ont d’ailleurs réussi à implanter des jardins potagers dans des écoles primaires. Ils soutiennent aussi les producteurs locaux par le biais de circuits de distribution alternatifs (marchés de producteurs, groupes d’acheteurs…). Au niveau international, l’organisation a mis en place la Fondation Slow Food pour la Biodiversité. Cet établissement a créée en 1990 l’Arche du Goût, sorte de répertoire des espèces végétales et animales ainsi que des productions traditionnelles menacées de disparition (sur le principe de l’arche de Noé). Cette initiative est relayée localement par les Sentinelles du Goût, dont le but est de mettre en œuvre tous les moyens pour sauvegarder ces richesses.

Slow Food organise aussi des salons internationaux, dont le très réputé Salon du Goût de Turin et le non moins jubilatoire Salon « Cheese » de Bra (consacré aux fromages). C’est encore à Turin que se tient, tous les deux ans, le salon du réseau Terra Madre, qui s’intéresse plus particulièrement aux méthodes de production durables. Et, depuis 2009, la ville de Tours accueille la biennale européenne « Euro Gusto ». La France a d’ailleurs créé le salon « Aux Origines du Goût » de Montpellier et le salon « Savoirs et Saveurs de Montagne » de Gap. D’autre part, l’organisation a mis au point une maison d’édition, Slow Food Editore, afin de publier divers ouvrages et guides consacrés essentiellement au patrimoine vernaculaire italien. Elle espère que l’initiative sera reprise dans d’autres pays. Enfin, Slow Food a ouvert en 2004 une Université des Sciences Gastronomiques dans le Piémont. Le programme universitaire permet de préserver les savoirs traditionnels tout en mettant en place de nouveaux programmes de recherche pour une meilleure connaissance de l’alimentation. C’est à la suite de cet événement que le Times Magazine décide de classer Carlo Petrini, le fondateur du mouvement, parmi les « héros européens » de l’année 2004.

Le saviez-vous ?

Le symbole du mouvement Slow Food est un escargot doré. Les quinze pays fondateurs avaient signés en 1989 le manifeste de base. « Redécouvrons les goûts et les saveurs des cuisines régionales et bannissons les effets dégradants du fast-food », proclamaient-ils. Le nom même du mouvement était une réaction contre la multiplication des fast-foods (slow = lent, contre fast = rapide). Du coup, l’escargot devenait l’emblème idéal pour figurer cette notion de lenteur.

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Auteur : - Le 25 juin 2010

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Slow Food appelle au développement de l’éducation au goût.

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