Mythomane n’est pas menteur…

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Si le mythomane ment bel et bien, il n’en a pas conscience. Bien au contraire, il a besoin de croire à ses mensonges pour se sentir bien. C’est que, derrière un mythomane, se cache avant tout un être qui souffre. Les mensonges lui servent uniquement à fuir une réalité trop difficile à affronter. Une pathologie difficile à comprendre et encore mal définie…

Qu’est-ce qu’un mythomane ?

Un mythomane est une personne souffrant d’un besoin irrépressible de mentir. Du point de vue psychiatrique, on parle de propension au mensonge compulsif. Cette pathologie est appelée mythomanie, mais on la trouve aussi parfois sous l’expression « pseudologia fantastica ». Elle a été décrite pour la première fois en 1905, par le médecin psychiatre Ernest Dupré. Il y voyait l’un des symptômes de l’hystérie. Il décrivait la mythomanie comme une « tendance constitutionnelle à l’altération de la vérité, à la fabulation, au mensonge et à la création de fables imaginaires ». Le nom qu’il donna à cette pathologie signifie « folie des légendes » (du grec muthos : légende, et du latin mania : folie). Le mythomane aurait besoin de mentir pour fuir une vérité, dont il sait plus ou moins consciemment qu’elle est bien réelle.

Le mythomane est-il un menteur ?

Oui et non… Car si le mythomane ment, il n’en a pas vraiment conscience. Ses mensonges sont avant tout destinés à se tromper lui-même. Il construit ainsi une représentation mentale qui lui permet de fuir une réalité trop difficile à accepter. C’est à lui, et à lui seul, que le mythomane ment. Il finit par ne plus faire la différence entre la réalité et les récits issus de son imagination. Cette faculté mentale existe aussi chez les enfants aux alentours de 3 ou 4 ans, qui vont raconter comme vraies des histoires qu’ils ont imaginées. Et ils ne mentent pas, puisqu’ils les croient réelles. Il s’agit alors d’une étape normale du développement psychique. Mais, si elle persiste chez l’adulte, cette caractéristique devient pathologique.

Un mythomane peut-il guérir ?

Le mensonge sert au mythomane à fuir une réalité trop pénible. Elle lui permet en quelque sort de trouver un équilibre mental satisfaisant. Ainsi, il ne sert à rien d’argumenter avec un mythomane sur la vérité de ses propos. Tant que la situation qui provoque la souffrance existe et que le mythomane n’est pas prêt à l’affronter, il aura besoin de mentir. Au contraire, une contradiction frontale risque de créer une obstination et de le renforcer dans ses affabulations. On ne peut pas non plus l’écouter en faisant mine de croire à ses mensonges, car cela risquerait de l’encourager. La seule chose qui puisse guérir un mythomane, c’est la prise de conscience de la réalité qui le fait souffrir. Ainsi, pour les psychiatres, le travail consiste à placer le mythomane devant la situation déniée, jusqu’à ce qu’il en prenne conscience. D’ailleurs, en psychiatrie, la mythomanie n’est pas un trouble isolé, mais le signe d’un désordre psychique plus grand (névrose ou psychose). Une analyse psychiatrique permettra au mythomane de retrouver les causes profondes de son trouble, afin de pouvoir l’affronter.

Le cas particulier du syndrome de Korsakoff

De façon très exceptionnelle, la mythomanie peut aussi être l’expression d’un syndrome de Korsakoff. Il s’agit d’une complication d’une encéphalite, qui a pu passer inaperçue. Les patients souffrent alors d’une amnésie très sévère. Ils ont perdu la mémoire du passé et ne peuvent plus enregistrer de nouvelles informations. Cette situation très angoissante sera déniée par l’invention de faux souvenirs. Le patient se servira de fabulations pour compenser ce vide et niera complétement son amnésie. Ce type de mythomanie très particulière est pris en charge par des injections de thiamine et un traitement complet de l’amnésie.

Le saviez-vous ?

Un exemple de mythomane très connu est celui de Jean-Claude Romand. Son histoire a fait l’objet d’un roman (L’Adversaire, d’Emmanuel Carrère), adapté au cinéma par Nicole Garcia. Cet homme se présentait comme médecin et chercheur à l’OMS, alors qu’il n’avait même pas dépassé la deuxième année de médecine. Acculé par les dettes et sur le point d’être découvert, il a assassiné tous ses proches.

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Auteur : - Le 18 novembre 2010

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mythomanie

Un mythomane est une personne qui ne peut s'empécher de mentir.

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