Spondylarthrite : la biothérapie contre les douleurs articulaires

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Longtemps considérée comme une maladie handicapante, la spondylarthrite est aujourd’hui bien mieux prise en charge. Grâce à la meilleure connaissance de la maladie et à l’arrivée de nouveaux traitements, la qualité de vie des patients est bien mieux préservée. Il n’est donc plus question de parler de spondylarthrite ankylosante. D’autant plus que l’avènement des biothérapies ouvre de nouvelles pistes de recherches très prometteuses pour l’avenir…

La spondylarthrite est une maladie connue depuis très longtemps. Le premier cas avéré daterait du Néolithique, soit plus de 5.000 ans avant Jésus-Christ. Cependant, on connaît encore mal la fréquence de cette maladie sur la population. On estime qu’entre 0,15 et 0,5 % de la population française souffrirait de spondylarthrite. Et on commence à peine à comprendre que les hommes en sont autant atteints que les femmes.

Définition de la spondylarthrite

La spondylarthrite est encore communément appelée spondylarthrite ankylosante, ou plus rarement pelvispondylite rhumatismale. Il s’agit d’un rhumatisme inflammatoire très douloureux, qui se manifeste essentiellement dans la région basse de la colonne vertébrale (région lombaire) et dans les articulations du bassin (articulations sacro-iliaques). Cette maladie fait partie du groupe des spondylarthropathies (atteintes inflammatoires localisées).

En se développant, la spondylarthrite peut atteindre des articulations périphériques, notamment celles des membres inférieurs. Certaines formes peuvent provoquer des maladies de la peau, de l’œil ou de l’appareil digestif. Dans les cas les plus sévères, la maladie peut évoluer vers un raidissement progressif (ankylose) des articulations. Mais avec l’amélioration de la prise en charge des patients, cette évolution est devenue très rare. C’est pourquoi le terme de spondylarthrite ankylosante n’est plus utilisé aujourd’hui par le milieu médical. Cependant, la spondylarthrite reste pour beaucoup de patients une maladie très handicapante.

Causes de la spondylarthrite

Si les mécanismes de la spondylarthrite ne sont pas encore bien connus, on remarque cependant que plusieurs membres d’une même famille peuvent en être atteints. Il existe donc très probablement une prédisposition génétique à cette maladie. Et en effet, plus de 90 % des malades sont porteurs d’un gène dénommé HLA B27. Celui-ci pourrait jouer un rôle dans la survenue des rhumatismes, car il serait responsable de la persistance de certains germes infectieux dans l’organisme. A la suite d’une infection, ces germes demeureraient dans le corps à l’état latent (inactifs). Ils seraient alors très difficiles à détecter par le système immunitaire. L’organisme serait donc obligé de « sur-réagir » pour se débarrasser des intrus, provoquant ainsi des réactions inflammatoires. Mais des recherches récentes tendent à prouver que plusieurs gènes, en plus de HLA B27, seraient impliqués dans la maladie.

Symptômes et manifestations articulaires de la spondylarthrite

Les principaux symptômes de la spondylarthrite sont des douleurs situées dans la région basse de la colonne vertébrale et dans les fesses. Ces manifestations sont très banales, et l’immense majorité des maux de dos n’ont rien à voir avec une quelconque maladie. Cependant, il ne faut pas hésiter à consulter quand ils sont accompagnés de douleurs localisées sur le bassin. Les douleurs qui surviennent la nuit ou qui ne sont pas calmées par le repos doivent également alerter. Une raideur au lever, qui ne disparaît pas avant une demi heure, voire plusieurs heures, est aussi un symptôme fréquent. Mais le signe le plus pertinent de la spondylarthrite, c’est surtout la persistance et l’installation de ces crises douloureuses.

Avec l’évolution de la maladie, les douleurs ont tendance à remonter progressivement, des fesses vers le rachis dorsal. Elle peut alors provoquer des sensations d’oppression thoracique. Les articulations périphériques peuvent être atteintes progressivement, notamment celles de la hanche et du genou. Les ligaments et les tendons sont parfois concernés, et des douleurs au talon peuvent apparaître, le plus souvent sur les deux pieds. Cependant, il existe aussi des formes légères de la maladie, où seul le bassin est touché.

Autres conséquences de la spondylarthrite

En dehors des manifestations articulaires, la spondylarthrite peut provoquer des atteintes cutanées, oculaires ou encore intestinales. La peau sera alors sujette au psoriasis, avec des lésions arrondies à ovales et couvertes de squames (lamelles de peau en forme d’écaille). Les yeux sont le plus souvent atteints par une uvéite. Il s’agit d’une inflammation de la partie antérieure de l’œil, qui devient rouge et douloureux. Quant aux manifestations intestinales, elles prennent le plus souvent la forme de troubles de la digestion, pouvant aller jusqu’à une diarrhée.

De façon très exceptionnelle, des atteintes cardiaques, pulmonaires ou génitales peuvent se manifester dans des formes sévères de spondylarthrite. En ce qui concerne le cœur, il s’agit généralement de troubles du rythme ou d’un souffle. Les poumons peuvent être atteints quand la maladie évolue vers une ankylose de la cage thoracique. Enfin, la spondylarthrite peut entraîner une urétrite aseptique (inflammation de l’urètre provoquant des brûlures au moment d’uriner).

Traitement de la spondylarthrite

Il n’est actuellement pas possible de guérir de la spondylarthrite. Mais l’amélioration des traitements permet aujourd’hui d’en retarder au maximum l’évolution. D’autre part, la meilleure prise en charge de la douleur a grandement amélioré la qualité de vie des patients. Les traitements vont le plus souvent se composer de plusieurs éléments. Tout d’abord, la douleur et les inflammations vont être diminués par un traitement symptomatique. Il peut s’agir d’antalgiques, d’anti-inflammatoires non stéroïdiens ou encore de corticoïdes. Si ces médicaments ne suffisent pas à soulager le patient, un traitement de fond peut être administré. Il s’agira alors de médicaments dont le mode d’action sera moins rapide mais parfois plus efficace. Les plus utilisés sont le méthotrexate et la sulfasalazine. On suppose aussi que ces médicaments peuvent modifier l’évolution de la spondylarthrite. Enfin, quand ces molécules se sont avérées décevantes, on peut aujourd’hui proposer des anti-TNF alpha : l'infliximab (Remicade ©) l'étanercept (Enbrel ©) et l'adamilulab (Humira ©). Ces molécules de biotherapie se sont révélées particulièrement efficaces contre les effets de la spondylarthrite. On pense aussi qu’ils empêchent le phénomène d’ankylose. Les biothérapies représentent d’ailleurs le plus grand espoir des chercheurs pour les années à venir.

La prise en charge de la spondylarthrite doit aussi passer par la rééducation, avec un kinésithérapeute ou un ergothérapeute. Il s’agit essentiellement de retarder l’installation d’une raideur, en mobilisant les articulations, les ligaments et les tendons touchés. La rééducation va aussi apprendre au patient à « économiser » ses articulations, en adaptant ses gestes à sa pathologie. Tous ces éléments combinés doivent permettre aux patients de préserver une qualité de vie le plus souvent compatible avec une activité professionnelle. Car être atteint de spondylarthrite n’est plus aujourd’hui synonyme d’handicap.

Le saviez-vous ?

L’âge moyen auquel la spondylarthrite se manifeste est 26 ans, que ce soit chez les femmes ou chez les hommes. Elle débute généralement entre 16 et 40 ans, mais peut commencer plus tôt dans certains formes atypiques. On a longtemps cru que ces cas de spondylarthrite précoce (ou spondylarthrite juvénile) étaient plus graves. Cette idée reçue est aujourd’hui remise en question, même si les atteintes de la hanche y sont plus fréquentes et souvent plus sévères.

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Auteur : - Le 15 septembre 2010

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Spondylarthrite

Entre 0,15 et 0,5 % de la population française souffrirait de spondylarthrite.

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