Reflux gastro-oesophagien : le mal qui brûle

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Brûlures d’estomac, insomnies, régurgitations du nourrisson… Il peut s’agir d’un reflux gastro-oesophagien. Souvent méconnue du grand public, cette pathologie représente pourtant un véritable problème de santé publique. Elle touche un nombre élevé de malades et peut aboutir à des complications graves, de type cancer. Pourtant, de nombreux traitements existent. Mais, méconnu et sous-estimé, le reflux gastro-oesophagien est souvent mal soigné.

Bien qu’il désigne une maladie extrêmement courante, le terme de reflux gastro-oesophagien (RGO) est encore mal connu du grand public. Pourtant, quand on parle de brûlures d’estomac, il s’agit bien souvent d’un reflux gastro-oesophagien. Cette pathologie se caractérise par des remontées brûlantes et acides de l’estomac vers la gorge. Elles apparaissent le plus souvent après les repas, ou en position allongée. D’après une enquête de 2006, un Français sur trois serait concerné par cette maladie, et le chiffre augmente après 50 ans (jusqu’à 45 %). Pourtant, près de 65 % de la population n’a jamais entendu parlé de reflux gastro-oesophagien…

Comment reconnaître un reflux gastro-oesophagien ?

Le RGO désigne la remontée du contenu de l’estomac dans l’œsophage. L’estomac contient des sucs gastriques, sortes d’acides chargés de décomposer les aliments ingurgités (c’est le début de la digestion). En tant normal, le passage entre l’oesophage et l’estomac est contrôlé par un muscle, le sphincter oesophagien inférieur. Mais quand celui-ci est fatigué, il s’ouvre de façon inopportune et va laisser remonter le contenu de l’estomac. Or, la paroi intérieure de l’œsophage n’est pas conçue pour résister aux attaques des sucs gastriques. Du coup, avec le reflux, l’œsophage subit une irritation, voire une inflammation pouvant aller jusqu’à la brûlure. Si la maladie s’installe, les dommages pour l’œsophage peuvent être irréversibles. Les symptômes du RGO sont principalement des sensations de brûlures derrière le sternum (milieu de la poitrine), particulièrement après les repas ou en position allongée. Ces brûlures peuvent être tellement intenses que certaines personnes les confondent avec une crise cardiaque. On identifie aussi souvent des régurgitations acides, qui laissent un goût amer dans la bouche. Et puis il peut y avoir une voix enrouée ou une toux persistante, surtout le matin, des insomnies, une mauvaise haleine, une difficulté à avaler qui peut s’accompagner de sensations de douleur, des vomissements, des caries dentaires, une perte de poids voire des crachats contenants du sang. Cependant, certaines formes atypiques de la maladie ne créent aucun symptôme et ne sont détectées qu’à l’occasion d’une complication.

Qui peut être concerné et quels sont les risques ?

Les personnes les plus concernées par le RGO sont les malades atteints de hernie hiatale, chez qui une partie de l’estomac est remonté dans la cage thoracique. Les personnes obèses peuvent aussi en souffrir, ainsi que les personnes atteintes de sclérodermie. Les femmes enceintes en sont souvent atteintes, du fait de la pression exercée par le fœtus sur l’estomac. Mais dans ce cas, le reflux disparaît naturellement après l’accouchement. D’autre part, en raison de la perte de tonus musculaire, les personnes âgées de plus de 50 ans et les diabétiques font partie du groupe à risque. Enfin, les nourrissons présentent souvent un reflux caractérisé par des régurgitations dans les premiers mois de la vie. Il est causé par l’immaturité du sphincter et disparaîtra naturellement quand celui-ci aura atteint son stade mature. A l’exception des nourrissons et des femmes enceintes, chez qui le RGO est passager, l’irritation répétée de l’œsophage peut amener à des complications graves. Le plus souvent, il s’agit d’une oesophagite (inflammation de la muqueuse oesophagienne) qui peut se compliquer d’une hémorragie digestive ou d’un rétrécissement de l’œsophage. Plus rarement, la structure du tissu recouvrant l’œsophage (l’épithélium) peut se transformer. C’est le phénomène de la métaplasie, par lequel un tissu cellulaire se transforme en un autre tissu, plus adapté pour résister aux attaques. Dans le cas du reflux, cela crée un endobrachyoesophage (un œsophage à épithélium glandulaire de type intestinal). Cette complication est à surveiller de très près, car elle peut dans certains cas évoluer vers un cancer de l’oesophage.

Pour en finir avec le reflux gastro-oesophagien

C’est donc un dysfonctionnement du sphincter oesophagien inférieur qui est à l’origine du RGO. Mais une bonne hygiène de vie peut sensiblement atténuer les symptômes. On conseille le plus souvent d’éviter certains aliments, comme le café, le chocolat, les aliments trop gras ou trop épicés, les boissons gazeuses, les agrumes, les tomates, le lait, les oignons, les alcools... Il vaut mieux faire plus de repas, mais plus légers, et prendre le temps de bien mâcher. On évite aussi de se coucher directement après avoir mangé. La fumée de la cigarette augmentant l’acidité de l’estomac, on préconise généralement l’arrêt du tabac. Il vaut mieux aussi éviter les vêtements qui exercent une pression sur l’abdomen. A côté de ces quelques règles de vie, il existe de nombreuses solutions médicamenteuses pour soulager les brûlures d’estomac. On peut notamment réduire l’acidité gastrique par des antiacides. De même, il est possible de diminuer la production de sucs gastriques par des inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) ou des antihistaminiques anti-H2. On connaît aussi les surnageants qui absorbent une partie de l’acidité et protégent la zone inflammatoire. Ces traitements sont souvent très efficaces mais ne viennent pas à bout de la maladie ; c’est pourquoi il faut les prendre sur le long terme. Quand aucune de ces prescriptions n’a pu soulager le patient, il reste encore la solution de la chirurgie. On fait alors une fundoplicature, c’est-à-dire que l’on replie l’estomac de façon à recréer une barrière anti-reflux à la jonction avec l’œsophage. Les progrès de la chirurgie permettent aujourd’hui de réaliser cette opération par coelioscopie (technique mini invasive qui ne nécessite qu’une toute petite incision de l’abdomen).

Le saviez-vous ?

En dehors de toutes les méthodes utilisées aujourd’hui pour soulager les patients atteints de reflux gastro-oesophagien, il existe encore de nouvelles perspectives thérapeutiques. Des chercheurs travaillent actuellement sur des traitements par voie fibroscopique (à l’aide dune voie introduite par la bouche). Epaississement du sphincter musculaire ou suture partielle d’une partie du bas-œsophage, les pistes de recherches sont encore nombreuses.

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Auteur : - Le 30 juin 2010

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RGO

Le reflux gastro-oesophagien, véritable problème de santé publique.

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