Primo infection tuberculeuse : le come-back du bacille de Koch
La vaccination antituberculeuse, ou BCG, administrée au plus tard avant l’âge de 6 ans est le seul vaccin obligatoire pour tous en France, et cela depuis 1950 car la tuberculose est une maladie grave et très contagieuse.
Depuis quelques années, une recrudescence est observée chez les personnes à risque évoluant dans un milieu social défavorisé, SDF, toxicomanes, milieu carcéral… ou souffrant d’une insuffisance immunitaire, en particulier les malades du SIDA. L’infection par le bacille de Koch évolue en plusieurs phases, de plus en plus grave.
La contamination ou primo-infection tuberculeuse
Le bacille de Koch appartient à la famille des mycobactéries et se transmet facilement par les gouttelettes émises par la toux, ou l’éternuement, et s’introduit dans l’appareil respiratoire. Ce premier contact avec le bacille, appelé primo-infection tuberculeuse, provoque une réaction de défense de l’organisme : le chancre tuberculeux. Cette petite masse remplie de bacilles de Koch produit du pus appelé caséum. Mais, cette primo-infection est difficile à détecter et passe, la plupart du temps, inaperçue. La cicatrice pulmonaire qui en résulte est souvent découverte par hasard à l’occasion d’une radio des poumons. Même si le sujet est guéri, il faut se demander pourquoi cette personne a été en contact avec le bacille de Koch, afin d’agir éventuellement sur la source infectieuse. Normalement, le chancre guérit spontanément, mais dans 10% des cas, la primo-infection tuberculeuse va évoluer vers la tuberculose maladie et pas forcément toute suite…
La tuberculose maladie localisée et la tuberculose miliaire
La tuberculose maladie peut se déclarer plusieurs années après la primo-infection, car le foyer infectieux, resté en état de latence, peut être réactivé à tout moment à l’occasion d’une baisse des défenses immunitaires. Le sujet souffre d’une grande fatigue, d’une fièvre, d’une perte d’appétit, d’un amaigrissement, d’une toux avec crachats de sang, d’un essoufflement... Une recherche bactériologique des crachats et une radio des poumons confirmeront le diagnostic. Il faut bien sûr entamer toute suite le traitement, car la maladie peut encore évoluer vers une tuberculose miliaire. Le bacille se dissémine alors dans l’organisme et s’attaque à plusieurs organes : l’appareil abdominal et l’appareil urinaire, les os des disques intervertébraux, les méninges par le biais du liquide céphalo-rachidien…Le malade cumule alors des maux de ventre, une cystite, des douleurs dans les vertèbres, une méningite et devra subir des examens longs et parfois douloureux.
Quel est le traitement ?
Pour combattre le bacille de Koch une véritable armada de 3 ou 4 antibiotiques de famille différente est nécessaire et il faut les prendre pendant au moins 6 mois !! Normalement le malade n’est plus contagieux au bout de 3 semaines après le début du traitement. Par prudence, le port du masque est préconisé avant ce délai (mais plus l’isolement). Pour la primo-infection, dans le cas où celle-ci a été détectée, le médecin peut décider d’administrer le même traitement à titre préventif, surtout chez les sujets vulnérables : enfants, adolescents, immunodéprimés. Ces personnes auront moins de chance de développer la maladie ultérieurement.
Le saviez-vous ?
En 2004, il n’y eut que 5 512 cas de tuberculose en France, soit 9 personnes sur 100 000, et il s’agissait pour la plupart de personnes âgées ou atteintes de maladies chroniques, ou en situation de précarité. Mais quand on sait qu’un sujet ayant la tuberculose contamine à elle seule une dizaine de personnes dans son entourage en une année… on est vraiment convaincu du bien fondé du BCG !

