Les oreillons, maladie bénigne chez l’enfant, dangereuse chez l’adulte
Les oreillons font partie de ces maladies en voie de disparition grâce aux campagnes de vaccination entreprises depuis les années 1960. Certains pays, comme la Finlande et les Etats-Unis, ont réussi à éradiquer complètement cette maladie douloureuse et parfois dangereuse. En France, par contre, le taux de couverture vaccinale n’est toujours pas de 100 % : à 6 ans 1 enfant sur 10 n’est pas vacciné.
Les oreillons connus depuis le Vème siècle avant JC, ont été décrits la première fois par Hippocrate, l’illustre médecin grec qui édicta le fameux serment de déontologie qui porte son nom. Et contrairement à ce qu’on imagine, les oreillons ne s’attaquent pas directement aux oreilles mais principalement aux glandes salivaires, les parotides, qui se trouvent de part et d’autre de la mâchoire, juste en dessous de l’oreille.
Période d’incubation
Les oreillons, comme la rougeole, est une maladie virale due à un paramyxovirus. Très contagieux, le virus ourlien se propage dans les gouttelettes de salive en suspension dans l’air. La période d’incubation est très longue, en moyenne une vingtaine de jours et peut se manifester par une élévation de la température, des maux de tête, une douleur à l’oreille, et surtout une douleur lors d’une pression sur les parotides.
Symptômes
24 heures après ces premières manifestations qui clôturent la période d’incubation, le grossissement, d’une (on parle de tuméfaction unilatérale) ou des deux parotides (tuméfaction bilatérale) confirmera le diagnostic des oreillons. C’est à ce moment que la personne infectée est la plus contagieuse : des 2 jours qui précèdent la tuméfaction des glandes salivaires jusqu’aux 5 jours qui suivent.
Traitement
Il n’y a pas de traitement contre les oreillons. Le patient doit se reposer au lit. Pour soulager la douleur, des compresses froides, ou de la glace, peuvent être appliquées localement sur la zone douloureuse en complément de la prise de paracétamol (Doliprane). L’enfant devra boire régulièrement mais se passer d’aliments et de liquides aigres ou acides pour ne pas irriter les glandes salivaires (éviter les jus de fruits !). Des gargarismes à l’eau chaude salée sont aussi recommandés. L’enfant ne pourra retourner à l’école ou en collectivité qu’à la guérison complète de la maladie, soit 9 jours environ après le début des symptômes.
Complications
Chez les enfants entre 2 et 12 ans, les oreillons est en général une maladie bénigne qui se résorbe d’elle-même. Le risque de surdité concerne 1 cas pour 20 000, et la mortalité 1 à 3 cas pour 10 000. La méningite ourlienne symptomatique, avec maux de tête et raideur dans la nuque, a été décelée dans 15% des cas, mais guérit spontanément le plus souvent sans conséquences graves. Parfois, le virus provoque un gonflement des testicules qui est bénin chez l’enfant mais qui peut être grave chez l’homme et chez l’adolescent. L’affection, très douloureuse, touche 20 à 50% des garçons qui contractent les oreillons après la puberté et peut provoquer, dans les cas extrêmes, la stérilité.
Une vaccination entièrement gratuite
Elle est combinée aux vaccins contre la rougeole et la rubéole, et s’injecte entre 12 et 15 mois, puis entre 5 et 6 ans. Le ROR Vax®, est peu à peu supplanté par un nouveau vaccin le Priorix®, mieux toléré. Néanmoins, 1 enfant sur 10 peut encore faire une réaction entre le 8ème et le 10ème jour après l’injection avec des manifestations telles que rougeur locale, éruption cutanée, fièvre.


