La peste, une maladie ré-émergente
L’apparition de la peste ne date pas de notre ère. Au moyen âge, le terme fut utilisé pour désigner toute maladie épidémique mortelle, mais la peste proprement dite fut la plus meurtrière de toutes ces maladies. Mais cette maladie fut déjà connue il y a au moins trois mille ans, et dans diverses parties du monde. Les épidémies et pandémies de peste ont anéanties des villes et des populations entières.
La peste dans le monde, en histoire
La Chine fut le théâtre d’une épidémie de peste dès 224 avant J.C. La dernière pandémie de peste a commencé en Chine en 1894 pour s’étendre dans d’autres continents et régions du globe tels que l’Afrique, le continent américain, les îles du Pacifique et l’Australie. De 1894 à 1992, on a recensé à travers le monde 11030 cas de peste humaine qui a ont causé la mort de près de 1201 personnes, c’est à dire 1000 à 2000 cas par an et 100 à 200 décès par an.
L’Afrique est le continent le plus touché en enregistré près de 95% des cas. Les pays concernés sont entre autres : Madagascar, Mozambique, Tanzanie, la République Démocratique du Congo. Vient ensuite l’Asie, notamment l’Inde.
La peste est une maladie considérée par l’OMS comme ré-émergente, et d’après les chiffres émis par cette organisation, 99% des cas de peste sont enregistrés sur les continents africain et asiatique en 1997. Cette même année, quelques cas isolés de peste sont enregistrés en Amérique du Sud et dans l’ouest des Etats-Unis.
Mode de contamination et transmission de la peste
La peste est une maladie provoquée un bacille, Gram-négatif, le Yersinia pestis, appelé ainsi puisqu’il fut découvert en 1894 par Alexandre Yersin, de l’Institut Pasteur. La peste n’affecte pas seulement l’homme, il s’attaque aussi aux animaux. La maladie est principalement véhiculée par un rat dont le nom scientifique est le Rattus rattus. Mais d’autres rongeurs sauvages peuvent également la véhiculer, à l’instar des lagomorphes tels que le lapin et le lièvre. L’infection de l'homme peut se faire par contact avec un animal infecté ou suite à la morsure de celui-ci.
La principale cause de contamination est une puce infectée, en particulier Xenopsylla cheoptis, qui transmet à son hôte la bactérie lors d’un repas sanguin. Mais la contamination peut également se faire par la morsure d’un rongeur infecté ou en ingérant de la viande provenant d’animaux malades. Par ailleurs, lors d’une épidémie, dans le cas où certains malades sont atteints d’une lésion respiratoire ouverte, la transmission se fait plus facilement et plus rapidement encore par voie respiratoire interhumaine.
Les différentes formes de peste
Chez l’homme, on recense trois formes de peste : la peste bubonique, la peste pulmonaire et la peste septicémique. La peste bubonique est la plus fréquente de ces formes. Le malade atteint de peste bubonique présente des gonflements inflammatoires des ganglions lymphatiques situés à l’aine, aux aisselles ou au cou. Ces gonflements sont appelés busons, ce qui a d’ailleurs donné à cette forme de la peste le nom de bubonique. La peste bubonique est transmise par la piqûre des insectes parasites des rongeurs, dont le principal est le Xenospsylla cheoptis, la puce du rat brun.
La peste pulmonaire quant à se transmet par l’intermédiaire de l’air sortant des poumons des personnes contaminées. Dans ce cas, les poumons sont le site d’infection. Ce mode de transmission est la principale cause d’une épidémie quand des malades sont atteints d’une lésion respiratoire ouverte.
Quand l’infection touche d’autres parties du corps, autres que les poumons ou les autres parties précédemment citées, la maladie évolue en peste septicémique. Cette forme de peste peut facilement s’attraper vu qu’elle peut être provoquée par un contact direct des mains avec des aliments ou des objets contaminés, ainsi que par les muqueuses du nez ou de la gorge.
Les symptômes de la peste
Dans le cas de la peste bubonique, le malade se plaint de maux de tête et de douleurs articulaires. Il éprouve une sensation générale de malaise, a des nausées et vomit souvent. Ses ganglions lymphatiques, notamment de l’aine et plus rarement des aisselles et du cou sont gonflés et douloureux, ce gonflement peut dans certains cas atteindre la taille d’un œuf. La température du malade, accompagnée de frissons, peut atteindre 38,3 à 40,5°C alors que le pouls et la respiration s’accélèrent, épuisant ainsi le malade et le rendant apathique. Si la peste n’est pas mortelle, la température commence à diminuer au bout de cinq jours pour se normaliser en deux semaines environ. Sinon, le malade succombe à la maladie en moyenne au bout de quatre jours.
Dans le cas de peste pulmonaire primaire, les premiers symptômes sont une expectoration visqueuse et sanglante au début, pour devenir liquide et rouge vif. Le malade ne peut survivre au delà de deux ou trois jours après l’apparition des premiers symptômes.
La peste septicémique primaire se reconnaît à la couleur violacée de ses victimes au cours de leurs dernières heures de vie. Cette couleur est due à une défaillance respiratoire, et apparaît en quelques heures seulement. Dans le cas de peste septicémique, le malade a une brusque poussée de fièvre et décède la plupart du temps le jour où ces symptômes sont observés.
Le saviez-vous ?
En 1950, des programmes de contrôle du niveau sanitaire dans le monde furent lancés par l’OMS dans le but d’éradiquer définitivement cette maladie. De nos jours, la peste est complètement éradiquée en Europe et se manifeste très rarement dans le reste des Etats-Unis.

