La maladie de Hodgkin
La maladie de Hodgkin, du nom de son premier descripteur en 1832, est une forme assez rare de cancer : elle représente moins de 1% des cas de cancers connus. Elle frappe principalement les cellules et organes ganglionnaires (vaisseaux lymphatiques, rate, foie,…). De même qu’elle touche plus l’homme que la femme. Deux catégories d’âges sont les plus touchées : les jeunes adultes entre 20 à 30 ans et les personnes âgées de plus de 70 ans.
Les symptômes de la maladie de Hodgkin.
La plupart des cas sont découverts après consultation et examen portant sur la présence d’un ou de plusieurs ganglions sous le cou ou l’aisselle. Malgré l’administration d’antibiotiques, ces ganglions demeurent malgré l’absence de toute infection et ont une tendance à grossir. Au toucher, les ganglions sont fermes, indolores et de volume variable. L’apparition de certains signes, tels que la sensation de fatigue, une fièvre persistante isolée ou associée à un prurit, des sueurs nocturnes doivent alarmer le patient et le pousser à consulter immédiatement.
Il faut alors Procéder à une ponction et une biopsie ganglionnaire qui permettront aux biologistes de rechercher la présence de cellules malignes (connues sous le nom de cellules de Reed Sternberg) et de classer la maladie selon quatre types de formes histologiques (morphologie des cellules de Reed Sternberg) en vigueur depuis 1965. Lorsque le diagnostic définitif est établi, un bilan, visant à apprécier l’évolutivité de la maladie et les organes atteints, est alors enclenché. Ce bilan est essentiellement utilisé pour affiner le diagnostic et permet un choix plus adapté quant au traitement approprié à mettre en œuvre.
Le diagnostic.
Pour établir un diagnostic, il faut avant tout évaluer le stade d’avancement de la maladie, lequel déterminera la chance de survie du patient et les traitements à mettre en place. Il faut pour cela répondre à ces quelques questions : quelles sont les ganglions affectés ? Quels sont les organes lymphoïdes touchés ? La maladie s’est-elle étendue à d’autres organes ? A ceci s’ajoute des examens complémentaires comprenant une série de prise de sang, des séances d’imagerie médicales (radiographie des poumons et du bassin, scanner thoracique et abdominal ou IRM, lymphographie pour une visualisation des ganglions et des vaisseaux lymphatiques). Pour la localisation des cellules infectées en dehors des territoires ganglionnaires, il s’avère nécessaire d’effectuer une biopsie du foie, des radiographies ou une scintigraphie osseuse ainsi que des scans osseux.
Le stade de la maladie sera alors classé de I à IV selon le nombre de régions ou de zones ganglionnaires et extra-ganglionnaires touchés. Ce niveau d’avancement de la maladie viendra s’ajouter aux autres facteurs caractéristiques de la maladie tel que l’âge (supérieur ou égal à 45 ans), le sexe du patient (masculin), le nombre de globules blancs (supérieur ou égal à 15 000/µl.) et de lymphocyte (600/µl ou inférieur à 8 %) ainsi que le taux d’hémoglobine (inférieur à 10,5 mg/dl).
Les traitements.
Sans vouloir être alarmiste, la chance de survie face à la maladie de Hodgkin est de 5 ans pour un patient ne présentant aucun de ces facteurs cités ci-dessus. Ainsi, sur dix patients ne présentant aucun facteur, huit passeront le cap de la cinquième année de survie après la découverte de la maladie. Par contre, sur dix patients présentant au moins cinq facteurs, sept patients vivront plus de cinq ans après le début de la maladie. Des chiffres prometteurs si on se souvient qu’à la fin des années 40, le nombre d’années de survie des patients atteints de cette maladie, traités en chimiothérapie par un dérivé extrait du fameux gaz moutarde, ne dépassait pas deux ans.
Ainsi, selon le stade d’avancement, le traitement sera à base de radiothérapie (stade I et II), de chimiothérapie à base de molécules d’Adriamycine, de Bléomycine, de Vinblastine et de Dacarbazine ou ABVD (stade III et IV). Dans les cas les plus graves, une combinaison des deux traitements peut être envisagée en dernier recours. La panoplie des traitements utilisée actuellement ou ceux en cours d’expérimentation a largement démontré leur efficacité malgré toute la difficulté à identifier l’origine exacte de la maladie. Quant à l’origine de la maladie, des chercheurs danois ont conclu le rôle très probable joué par le virus provoquant la mononucléose. D’autres traitements chirurgicaux comme l’autogreffe ou la transplantation de moelle osseuse, peuvent être aussi mis en œuvre en cas de rémission incomplète ou de rechute.
Le saviez-vous ?
Maladie connue aussi sous le nom de lymphome de Hodgkin ou cancer des ganglions, on dénombre chaque année mille nouveaux cas de maladie de Hodgkin en France. Plus de 900 patients sur ces mille nouveaux enregistrés cas seront guéris.

