La goutte, une maladie qui fait souffrir
La goutte est une maladie complexe qui trouve son origine dans une anomalie du métabolisme d’un produit de la dégradation des protéines : l’acide urique. Quand le taux d’un tel acide augmente dans le sang, on se trouve en présence d’une hyper-uricémie. Une hyper-uricémie ne conduit pas toujours à une crise de goutte. Mais souvent, avec la présence de cette dernière, des crises de goutte sont enclenchées.
Déclenchement et manifestation des crises de goutte
Les crises de goutte sont caractérisées par des douleurs aiguës et soudaines dans les articulations, notamment le gros orteil, mais également au niveau d’autres articulations : cheville, genoux, hanches, épaules, poignet, talons ou coude. Les crises commencent généralement brutalement par l’enflure de l’articulation, qui rougit et s’enflamme pour devenir très sensible : dans ce cas on parle de fluxion goutteuse. Cette dernière concerne en général une articulation par crise, en commençant par les orteils, très souvent le gros orteil. Les douleurs sont particulièrement aiguës, et se déclenchent souvent la nuit. Elles empêchent sa victime de trouver le sommeil et empêchent tout contact avec l’articulation, parfois, toucher l’articulation en question avec les draps du lit n’est même pas supportable. Notons que chez les personnes d’un certain d’âge, la fluxion goutteuse peut simultanément plusieurs articulations. Sans traitement, la fluxion goutteuse se guérit et les crises peuvent s’atténuer en quelques jours à une semaine au plus. Mais dans ce cas, il y a 62% de chance de récidive dans l’année qui suit leur apparition.
Les personnes à risque
Comme nous l’avons dit précédemment, les crises de goutte correspondent à une augmentation du taux d’acide urique dans le sang. D’après des études basées sur les statistiques disponibles, la goutte est plus fréquente chez les personnes obèses, mais plutôt rare chez les individus de moins de trente ans. Les crises de gouttes touchent essentiellement les hommes (95% des cas) et augmente en fréquence avec l’âge. Les personnes obèses et les grands consommateurs d’alcool, notamment les buveurs de bières, ont plus de risque de faire des crises de goutte. La consommation excessive de triperie, surtout les rognons rouges, et de fructose, que ce soit sous forme de sucre que de fruit, favorise les crises de gouttes. Par contre, le climat et les saisons n’ont aucune incidence sur l’apparition de cette maladie. On peut tout de même évoquer le facteur héréditaire comme origine de la maladie dans 10 à 20% des cas.
Évolution de la goutte et complications
Sans traitement, la fluxion goutteuse se guérit et les crises peuvent s’atténuer en quelques jours à une semaine au plus. Mais dans ce cas, il y a 62% de chance de récidive dans l’année qui suit leur apparition. On doit savoir que des crises répétées conduisent dans la plupart des cas à la goutte chronique. Dans ce cas, des cristaux d'acide urique s'incrustent sous forme de concrétions blanches et crayeuses dans les tissus mous de l'organisme, autour des articulations où ils provoquent des bursites (inflammation des bourses, enveloppes de tissu fibreux remplies de liquide et bordées par la membrane synoviale) ainsi qu’une destruction des os. Un des traits caractéristiques de cette maladie est qu’elle finit par déformer les oreilles. En effet, les bordures externes de l’oreille peuvent devenir le foyer de dépôts importants de ces concrétions blanches et crayeuses qui finissent par les abîmer. Mais avec la formation de calculs favorisée par la goutte chronique, et peut provoquer des maladies plus graves, telle que des lésions rénales. Dans ce cas, on parle de néphropathie goutteuse.
Traitement de la goutte
Dans tous les cas, les premiers traitements préconisés consistent à mettre au repos complet le membre atteint, et de soumettre le malade à un régime alimentaire pauvre en protéines. L’alcool est à proscrire tandis qu’il faut augmenter l’apport hydrique afin de réduire la quantité d’acide urique présente dans l’organisme.
Des médicaments anti-inflammatoires comme la colchicine ou l’indométacine sont indiqués pour le traitement de la phase aiguë. Quant à la goutte chronique, elle est traitée à l’aide de médicaments qui favorisent l’excrétion de l’acide urique ainsi que ceux inhibant sa production. Parmi ces médicaments, il y a par exemple le probénécide et l’allopurinol.
Le saviez-vous ?
La goutte n’est pas une maladie récente, son apparition ne date pas de nos jours. Au contraire, il s’agit d’une maladie très ancienne. Elle aurait déjà existée dès l’époque romaine. Des cristaux d’urates caractéristiques découverts dans des tissus provenant du doigt momifié de Charles Quint conservé au monastère Royal San Lorenzo de l’Escurial permettent de confirmer ce fait.

