Artériosclérose, une maladie des artères
L'artériosclérose est dû à une modification de l'aspect et de la structure de l'artère. Elle débute au niveau de l'intima et s'étend vers la média. En effet, la paroi de cette dernière se calcifie et s'épaissit. Un dépôt de lipide, de calcaire dans l'artère aboutit à la formation d'athérome. Ce dernier constituera progressivement un obstacle à la circulation sanguine, par réduction de la lumière de l'artère.
Les personnes à risque
C'est une maladie qu'on peut qualifier d'héréditaire. Elle est fréquente :
-chez les hypertendus (tension artérielle supérieure à 14.9).
-chez les obèses ou les sujets ayant une surcharge pondérale.
-chez les fumeurs, dont la nicotine se dépose sur la paroi artérielle.
-chez les gros consommateurs de viande ou de lait riche en graisses saturées, dont il en résulte une augmentation du taux de mauvais cholestérol ou LDL dans le sang.
Les sédentaires, les personnes âgées ou les personnes fréquemment exposées au stress sont aussi prédisposés à l'artériosclérose. Les femmes ménopausées sont aussi des personnes à risque, entre autres celles qui ont utilisé des contraceptifs oraux.
Physio-pathologie
L'athérome est constitué d'histiocytes xanthomateux et de cristaux de cholestérol. Des dépôts lipidiques amorphes et de cholestérol s'accumulent, surtout dans la région sous endothéliale, formant des plaques jaunâtres saillant dans la lumière vasculaire. A la suite de la formation athéromateuse, il apparaît une hyperplasie conjonctive (prolifération fibreuse) entraînant une sclérose de l'intima. On note aussi une modification des fibres élastiques et une dégénérescence hyaline de la média. Les foyers de nécrose qui apparaissent et la sclérose au niveau de la paroi de l'artère sont fréquemment calcifiés.
Il existe aussi des facteurs métaboliques qui interviennent dans la formation de plaque athéromateuse. Par exemple, l'alimentation hypercalorique, la surcharge en cholestérol ou hypercholestérolémie et hyper-béta-lipoprotéinémie, l'hyperglycémie du diabétique et l'insuffisance thyroïdienne, l'élévation de l'uricémie et l'excès d'apport en NaCl (sel), etc.
Macroscopiquement, ces lésions apparaissent sous l'aspect d'élevures planes, à limite nette, indurées et de taille blanchâtre. Ces élevures englobent des foyers jaunâtres correspondant aux zones xanthomateuses. Elles s'élargissent, confluent et forment des anneaux dont l'épaisseur rétrécit la lumière des artères. Les plaques d'athéromes peuvent entraîner des embolies athéromateuses, des thrombus, un anévrysme disséquant.
Signes cliniques
Les manifestations dépendent de la topographie de la lésion athéromateuse. Elle prédomine au niveau des courbures, des bifurcations, des orifices des collatérales. Pour l'occlusion des artères cérébrales ou cervicales, si le processus de formation de l'athérome est lente, il survient une destruction progressive des tissus et des cellules du système nerveux. Cela se traduit par diverses maladies, par exemple la maladie de Parkinson. Les symptômes sont souvent associés à des troubles de la mémoire, des troubles du caractère (dépression, irritabilité), des maux de tête, des bourdonnements d'oreille, des convulsions, des vertiges, des paralysies, des troubles respiratoires et cardiaques, etc. Cependant, si la formation de plaque athéromateuse évolue rapidement, elle est responsable d'ischémie complète qui se traduira par un ramollissement cérébral, un AVC.
L'atteinte de l'artère coronaire a pour conséquence une crise d'angine de poitrine (angor), voire un infarctus du myocarde en cas d'une obstruction totale de l'artère. En outre, cette maladie peut engendrer un anévrysme de l'aorte ou une insuffisance artérielle.
L'artériosclérose peut aussi toucher l'artère des membres inférieurs (fémorales,tibiales postérieures, etc). Il apparaît des anomalies de la circulation sanguine avec une douleur très caractéristique au niveau du mollet lors de la marche. Des fois, elle est associée à une claudication intermittente, voire à une nécrose de la jambe. Enfin, les artères des muscles et les artères des reins (qui entraînent la néphro-angiosclérose) peuvent aussi être le siège de dépôt de plaque d'athérome. Enfin, la sclérose de Monckeberg est une variété d'artériosclérose.
Les examens complémentaires
Tout d'abord, on doit faire une recherche ou une exploration du diabète : il faut mesurer la glycémie, la glucosurie, éventuellement de 24h, la cétonurie. Il faut faire une hyperglycémie provoquée si le diabète n'est pas patent. Deuxièmement, la recherche ou l'exploration porte sur l'artériosclérose : on mesure la cholestérolémie, la lipidémie par le lipidogramme, par éléctrophorèse ou fractionnement de Cohn. Et parallèlement, il faut calculer le rapport phospho-lipide/cholestérol(Abaissé); il faut aussi évaluer le pouvoir cholestérolytique du sérum(diminué). Il faut chercher les répercussions d'une ou de ces deux maladies sur le cœur ( ECG, Radio thoracique), sur les vaisseaux (fond d' œil), sur les reins (urée sanguine, culot urinaire, albuminurie, clairance de l'urée, de la créatinine). Enfin, il ne faut pas oublier de faire l'artériographie, la numération et la formule sanguine, la vitesse de sédimentation globulaire.
Le saviez-vous ?
Les hommes sont les plus touchés par cette maladie. Pour les personnes à risque, il est important d'adopter un régime alimentaire équilibré et pauvre en graisse saturée afin de prévenir la formation de plaque d'athérome. Il leur est vivement conseillé de pratiquer du sport. Les maladies comme l'hypertension artérielle et le diabète devraient être sérieusement traitées pour prévenir à temps l'artériosclérose.

