L’AVC

Appelé aussi attaque cérébrale, l’AVC (Accident Vasculaire Cérébral) est un déficit neurologique et soudain d’origine vasculaire qui peut, même si il est plus commun chez les personnes de plus de 70 ans, se produire à tout âge. Frappant environ 100 000 personnes par an en France, c’est un mal méconnu qui peut pourtant avoir des conséquences importantes.

L’AVC est la seconde cause de mortalité au niveau mondial et la sixième cause, en termes d'années de handicap. C'est également la troisième cause de mortalité en France après les cancers et les cardiopathies, et la première cause des handicaps physiques acquis. Selon l’OMS, un AVC se produit toutes les 5 secondes dans le monde.

Qu’est ce que c’est ?

L’AVC correspond à un arrêt brutal de la circulation sanguine au niveau du cerveau. Les AVC sont la plupart du temps des ischémies cérébrales, c'est-à-dire dus à un caillot dans l’artère qui se bouche (et c’est le cas de 80% des AVC), ou apparaissent sous forme d’hémorragies cérébrales, sorte de rupture des parois du vaisseau qui éclate, beaucoup plus graves.
Environ 20 % du sang pompé par le cœur se dirige vers le cerveau, qui est extrêmement sensible à toute interruption de l'apport en oxygène. Si l'apport en sang et en oxygène est coupé suffisamment longtemps, une partie des cellules du cerveau meurent.

Les facteurs à risques

Même si l’AVC est imprévisible, certains facteurs sont dits favorables à son apparition. L’AVC touche le plus souvent les hommes de plus de 65 ans (mais il est plus meurtrier chez les femmes et apparaît surtout après la ménopause), les personnes ayant de l’hypertension artérielle, du diabète ou ayant été victime de fortes migraines, d’un infarctus, les personnes en fort surpoids et trop sédentaires ou celles ayant fumées (avec le tabac va la consommation importante d’alcool, de café ou de drogues comme la Cocaïne ou les stéroïdes). Mais certaines conditions psychologiques sont aussi vues comme facteurs de risques (c’est le cas du stress ou de symptômes dépressifs) ou même l’apnée du sommeil (selon des chercheurs américains, l’apnée du sommeil entraînerait une hypertension nocturne favorisant la survenue d’attaques cérébrales).
Ces facteurs sont une généralité car ce n’est pas parce que vous avez une migraine que vous serez forcément victime d’un AVC.
Comme mieux vaut prévenir que guérir, il est conseillé d’avoir une alimentation équilibrée et saine sans trop d’abus, et de faire de l’activité régulièrement.

Les AVC ischémiques

Appelé accident ischémique transitoire (AIT), l’AIT est un déficit neurologique localisé (il peut y avoir cécité d’un œil, troubles du champ visuel ou sensitifs…) qui apparaît tout aussi brutalement qu’il disparait et qui n’entraîne aucune séquelle. Il est généralement entraîné par l’occlusion d’une artère cérébrale qui, en se bouchant, prive le cerveau d’oxygène et de glucose, et créée un infarctus ou un ramollissement.
L’AIT est imprévisible et peut survenir, soit parce qu’il y a eu formation d’athérosclérose sur les vaisseaux cervico-céphaliques, qui a provoqué le rétrécissement du diamètre des vaisseaux, soit parce que les cardiopathies emboliques ont provoqué une embolie cérébrale, ou soit parce qu’il y a eu dissection des artères cervicales et intracrânienne (ce qui touche le plus la population jeune).
Bien que l’AIT ne dure que quelques heures, il est un signal d’alarme car il prévient généralement qu’un accident vasculaire permanent peut surgir quelques heures plus tard ou des années après… ou même jamais. Mais il faut absolument consulter un médecin après un AIT.

L’AVC (AIC)

Beaucoup plus grave que l’AIT, l’AVC (appelé aussi accident vasculaire cérébral constitué –avec signe permanent - ou AIC) est une urgence vitale entraînant une hospitalisation obligatoire. L’AIC est une hémorragie cérébrale provoquant un saignement dans le cerveau. Cette hémorragie entraîne différentes réactions chez la victime qui peut paraître comme en état d’ébriété ou, plus gravement, tomber dans le coma ou être victime d’hémiplégie, d’aphasie ou d’amnésie. Les signes les plus courants d’un AIC sont la perte de force ou de sensibilité dans les bras, les jambes, sur la moitié du visage ou la totalité du corps (hémiplégie), le trouble de l’équilibre, la perte de la vision d’un œil, la difficulté soudaine à s’exprimer, à avaler sa salive, ou de violents maux de tête. Dans de rares cas, l’AIC peut se traduire par une crise convulsive ou une confusion mentale brutale.
Ces réactions peuvent parfois être brèves et sont donc malheureusement souvent négligées. Pourtant au moindre de ces signes une prise en charge médicale urgente est obligatoire car un AIC peut entraîner de graves séquelles (comme la paralysie) ou le décès.

Le traitement

Que ce soit dans le cas d’une AIT ou d’un AIC, il faut immédiatement contacter les urgences médicales.
Un patient, victime d'un accident ischémique transitoire, doit être hospitalisé. Un scanner est pratiqué, ainsi qu'un bilan biologique, un électrocardiogramme, un écho-Doppler cervical voir une arthériographie carotidienne.
Le traitement utilise les anti-agrégants plaquettaires (aspirine ou ticlopidine), et parfois la chirurgie ou l'angioplastie transluminale percutanée. Dans le cas de l’AIT, le traitement est surtout fait pour prévenir toutes récidives pouvant évoluer vers un AIC.
Pour la prévention de l’AVC, la lutte contre l’hypertension artérielle a beaucoup de succès c’est pourquoi il est important d’y faire très attention.

Et après…

Dans les cas les plus graves, après un AIC généralement, c’est tout un quotidien qu’il faut réapprendre. C’est récupérer (l’aisance ou la capacité parfois) le langage, la marche l’équilibre. C’est pour cela qu’une rééducation est nécessaire.
Heureusement pour nous, notre cerveau est capable de compenser certains dommages en activant des zones cérébrales jusqu’alors non exploitées. C’est ce que l’on appelle la « plasticité cérébrale » et cette compensation n’est possible que si le cerveau est stimulé intensément et durablement. C’est une des missions de la rééducation, qui bien qu’éprouvante, est incontournable pour avancer. A commencer au plus tôt, la rééducation sera longue. Elle fera appel, selon le handicap, à un orthophoniste, à un kinésithérapeute ou ergothérapeute et souvent accompagné d’un psychologue.

Pour information

Pour un AVC, pour une paralysie ou toute autre cas entraînant des aménagements du domicile, aucune aide financière n’est donnée par la Sécurité Sociale. Par contre vous pouvez tenter de faire des demandes d’aide à divers organismes tels que le Conseil Général, la DDE (Direction départementale de l’équipement), …, qui peuvent se montrer plus généreux.

Le saviez-vous ?

Les accidents vasculaires cérébraux constituent la première cause de handicap chez l’adulte et la deuxième cause de démence en France.

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Auteur : M Le Coultre - Le 15 juin 2009

Commentaires

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T K. Colete

quand la tête est surchauffée, ou quand on sent que la tête est lourde et fait mal, cela peut il conduire à une AVC?

11 octobre 2010 à 16h58

Répondre

Sertix

le ronflement chronique et les apnées du sommeil sont une cause assez fréquente d'accident vasculaire cérébral, d'infarctus du myocarde ou de mort subite pendant le sommeil

il faut lire :

http://recorlsa.online.fr/ronflement/k1E_conseqRONF.html

12 août 2009 à 21h19

Répondre
AVC

Les accidents vasculaires cérébraux constituent la première cause de handicap chez l’adulte.

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