Le baby-blues, quand grossesse rime avec tristesse
Mélancolie, sautes d'humeur, perte d'appétit, insomnies, difficultés à se concentrer... Plus connue sous le nom de « baby-blues », la déprime post-natale toucherait 30 à 80 % des femmes. Longtemps tabou, ce symptôme intéresse maintenant les scientifiques et le grand public.
En effet, après l’accouchement, de nombreuses femmes ressentent une petite déprime passagère. Longtemps, on n’a pas ou peu parlé de ce symptôme car il paraissait choquant pour une femme qui vient de mettre au monde son enfant d’avouer ce symptôme en contradiction avec l’état de joie qu’elle est censée afficher. Mais que la grande proportion de mamans à qui c’est arrivé se rassurent, les médecins, qui se penchent de plus en plus sur le sujet, expliquent ce phénomène de manière scientifique.
Deux hypothèses sont évoquées : la baisse brutale de la concentration en hormones progestatives (très élevée durant la grossesse). Ou encore le contrecoup des angoisses ayant précédé l’accouchement, le regret de l’état de grossesse ou la peur de ne pas être à la hauteur. Il est vrai que la jeune maman passe véritablement d’un état à un autre en quelques heures. Cependant, cet état de panique et d’angoisse dure rarement plus de quelques jours – exceptionnellement une semaine disent les médecins – et parfois même moins.
La dépression post-partum
Cependant, le « baby-blues » peut revêtir d’autres aspects que la petite déprime post-natale la plus connue. Il existe de véritables « dépressions du post-partum », qui mettent en jeu la relation mère-enfant. Les symptômes, dans ce cas, dureront bien plus longtemps et peuvent commencer juste après l’accouchement ou apparaître dans les trois premiers mois après la naissance. Cette déprime se caractérise par un fort sentiment de culpabilité de la part de la mère, qui a souvent la conviction qu’elle sera incapable de s’occuper de son enfant. Très graves, ces dépressions doivent être traitées par un psychiatre.
Le blues avant baby
Mais parfois également, le blues arrive avant le baby. En effet, les tabous tombant, les scientifiques étudient de plus en plus l’état de la femme enceinte tout au long de la grossesse. Or, une récente étude tend à prouver que la dépression serait aussi fréquente, voire plus courante, pendant la grossesse qu’après celle-ci. Des psychiatres britanniques ont pour cela soumis des femmes enceintes au « questionnaire d’Edimbourg » (qui permet de détecter une dépression post-natale ou durant la grossesse). Les résultats mettent surtout en lumière les troubles psychologiques – bien normaux – développés chez les femmes enceintes. Car même lorsqu’elle est désirée, la grossesse n’est pas toujours une période aussi joyeuse qu’on le croit, et qu’il est de bon ton d’afficher.
Mais qu’ils aient lieu durant la grossesse ou après, ces baby-blues sont traités avec le plus grand intérêt par les médecins. L’état de la mère influant sur celui de l’enfant né ou à naître, la baby-blues n’est plus un tabou, et il est pris très au sérieux par les soignants.
Le saviez-vous ?
La planète people a connus des remous en 2004 après que Brooke Shields eut fait état de sa déprime post-partum. Au-delà du tabou qu’elle participa à faire tomber, l’actrice avait subi les attaques de Tom Cruise, qui s’indignait de sa prise d’anti-dépresseurs. À la suite de cette «affaire », la jeune femme a sorti un livre dont elle dit : « En partageant mon expérience, j'espère mettre en lumière un vrai problème, souvent caché ou ignoré, qui affecte à des degrés divers les femmes à toutes les périodes de leur vie. J'espère aussi qu'en étant honnête face à la peur, au choc et à la honte que j'ai ressentis, cela aidera les autres femmes à éviter l'écueil de la dépression post-partum et permettra de créer une communauté de soutien. »
Article rédigé par Adèle Breau pour Bloc.com - Publié le 05/11/2007



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