L’ecstasy, un cocktail chimique
L’ecstasy, c’est la drogue des années ’90, la « love drug » gobée pour faire la fête … D’où vient-elle ? Quels sont les effets et les risques ?
L’ecstasy est une drogue de synthèse de la même famille que les amphétamines. Le principe actif de l’ecstasy est une molécule chimique, la MDMA synthétisée pour la première fois en 1912 pour des essais thérapeutiques qui ne furent jamais concluants.
Mais la MDMA continue à circuler, clandestinement.
Petite histoire de l’ecstasy
On retrouve la MDMA sous forme de pilules à la fin des années ’70 dans les milieux culturels branchés de Californie, et dans les années ’80 sur la scène de la Acid House (ancêtre du techno), à New-York, et en Angleterre. La consommation d’ecstasy augmente régulièrement chez les jeunes avec l’explosion de la techno. Puis, la drogue apparaît au-devant de la scène médiatique en 1990, après qu’une jeune fille de 21 ans en serait morte suite à une surdose dans un club à Manchester. Cette tragédie provoque la fermeture de clubs en Angleterre et l’organisation de fêtes clandestines, les fameux « raves-party »… Son interdiction officielle date de 1986 en France alors que sa consommation n’était pas encore répandue. Mais malgré tout, l’ecstasy s’impose rapidement comme LA nouvelle drogue.
Effets
Après la première demi-heure, qui peut provoquer une certaine angoisse, l’ecstasy produit une sensation de bien-être. Le rythme cardiaque, accéléré par l’effet de la drogue, bat à l’unisson avec le rythme envoûtant des basses de la techno.
C’est aussi une drogue qui développe un fort sentiment de communion avec l’autre et une grande sensualité. Les sens sont exacerbés, en particulier le toucher, d’où le surnom de « Love drug ». Sauf que l’ecstasy n’a aucun effet sur les performances sexuelles : atteindre l’orgasme, parfois simplement l’érection, est, au contraire, plus difficile. L’effet peut durer entre 3 et 7 heures et permet de faire la fête sans ressentir la faim, la soif ou la fatigue.
Dangers
Justement, à oublier de manger, de boire, de se reposer, le corps peut souffrir de déshydratation, d’hyperthermie (excès de chaleur) et parfois d’épuisement. Effets « collatéraux » qui provoquent la majeure partie des accidents, notamment dans les raves.
Par ailleurs, il faut garder en mémoire que l’ecstasy est une drogue 100% chimique fabriquée dans des laboratoires clandestins, et pas forcément pour le bien de l’humanité… Bien souvent, le pourcentage de MDMA contenu dans la petite pilule joliment décorée est faible voire inexistant. Le cocktail varie en fonction du laboratoire : amphétamines, analgésiques, anabolisants, caféine, amidon, médicaments de toutes sortes… Sur le long terme, l’ecstasy peut être à l’origine d’une insuffisance rénale aigue ou de problèmes cardiaques comme l’hypertension.
Sur le plan psychique, les consommateurs réguliers souffrent fréquemment de périodes de dépression et d’anxiété. Plus grave encore, certaines études ont montré que l’ecstasy détruit les neurones de façon irréversible, entraînant de graves difficulté de concentration. La dépendance à l’ecstasy est d’ordre psychique et s’acquiert par une prise régulière.
Le saviez-vous ?
Le « testing », interdit depuis avril 2005, avait été mis en place par Médecins sans Frontières pour informer les consommateurs d’Ecstasy sur la composition de leurs pilules dans les grandes réunions festives, comme le Teknival.


