L’alcool, drogue légale, à consommer avec modération
L’alcool est le produit psychotrope le plus consommé en France. Il nous accompagne depuis l’Antiquité dans les moments importants de notre vie, dans nos fêtes religieuses et familiales.
On nous dit qu’on peut boire « Avec modération ». On nous dit aussi que boire un bon verre de Bordeaux est bénéfique pour la santé. Alors, comment la bascule vers l’alcoolisme se fait-elle ?
Un geste culturel
En France, le vin est un patrimoine culturel indéniable. La qualité gustative du vin sollicite l’éducation subtile du palais et sa production requiert un savoir-faire ancestral. Et c’est bien souvent par un verre de vin ou un verre de champagne, à un baptême ou à un mariage, que nous entrons pour la première fois en contact avec l’alcool. La légère ivresse ressentie sera une expérience nouvelle à jamais marquée dans la mémoire. Sensation liée à un sentiment d’appartenance au groupe : « Et glou et glou , il est des nôtres, il a bu son verre comme les autres… »
L’ivresse
L’état d’ivresse dépend de la quantité d’alcool absorbé et du degré de tolérance du buveur. A l’adolescence, les expérimentations et les conduites à risque autour de l’alcool sont légion surtout parmi les garçons : « tenir l’alcool » est encore perçu comme un signe de virilité. On cherche l’ivresse avec de la bière, des alcools forts. Les accidents de la route, les actes de violence sur soi et sur les autres au cours des beuveries excessives du week-end font parties des « accidents collatéraux » de l’absorption d’alcool sans modération. La consommation excessive peut mener à un coma éthylique : l’organisme est empoisonné et le buveur risque l’arrêt cardiaque. Mais, l’expérience de la cuite ne mènera pas forcément à une dépendance, car celle-ci, dans le cas de l’alcool est complexe et multifactorielle.
Une dépendance qui s’installe sur la durée
L’alcool est un psychotrope qui altère notre comportement et notre humeur. Un verre d’alcool provoque une sensation de chaleur, une désinhibition, une euphorie et un bien-être. Ces sensations très agréables se produisent grâce à la libération de la dopamine dans le cerveau : l’alcool créé une source de plaisir, auquelle il sera toujours associé. De façon schématique, on peut distinguer 3 types de consommateurs « à risque ». Le buveur social, qui a du mal à s’amuser sans alcool, et, quand il est jeune surtout, qui recherche l’ivresse. Le buveur régulier qui boit à table, du vin surtout : au-delà de 2 à 3 verres par jour, il risque de glisser vers une dépendance. Enfin l’alcoolique qui ne peut se passer de l’alcool : il est en quête permanente du produit et souffre d’états de manque quand il arrête (tremblements, crampes, anorexie, troubles du comportement, pouvant aller jusqu’au délirium tremens). Dans ce cas, l’addiction est telle qu’il est très difficile de décrocher seul : il faut solliciter une aide (cures de désintoxication, Alcooliques Anonymes …).
La toxicité organique
L’alcool est un produit très toxique pour l’organisme qui entraîne des pathologies graves comme les cancers de la bouche, de la gorge, la cirrhose du foie, l’hypertension artérielle, des maladies du système nerveux et des troubles psychiques invalidants. Avec 45 000 morts attribuables à l’alcool par an, il s’agit de la deuxième cause de mortalité évitable de notre pays, après le tabac.
Le saviez-vous ?
La consommation annuelle d'alcool pur a baissé de moitié entre 1960 et aujourd'hui. Malgré cette diminution, la France reste parmi les pays les plus consommateurs, au 4e rang des pays de l'Union européenne et au 6e rang mondial.


