Cocaïne, une forte dépendance
La cocaïne est une drogue qui a longtemps été associée à la réussite, véhiculant une image globalement positive et performante.
Aujourd’hui, la consommation de la coke s’est banalisée à tel point qu’on en oublierait presque qu’il s’agit d’une drogue dure, dont il est vraiment difficile de se défaire…
Des débuts en toute légalité
Ce sont les Espagnols qui ont découvert les feuilles de coca mâchées par les Indiens d’Amérique du Sud et c’est en Europe qu’on transforma le coca en cocaïne pour des médicaments. Fin XIXème, le pharmacien Angelo Mariani propose à Paris toutes sortes de douceurs et même un vin à la cocaïne, savant mélange de vin de Bordeaux et d’extrait de coca. Le succès est immédiat… Les Américains eux inventent le Coca-Cola en 1886. Des associations de consommateurs s’émeuvent des effets néfastes du coca contenu dans la boisson et la firme en réduit progressivement le taux. N’empêche, la cocaïne restera dans la recette de la plus célèbre boisson gazeuse de la planète jusqu’en 1929 !
Une croissance exponentielle
La cocaïne est progressivement interdite dans tous les pays occidentaux et tombe un peu aux oubliettes. Mais profitant de l’air du temps, les cartels de l’Amérique du Sud inonde le secteur urbain de l’Amérique du Nord dans les années ’60 et la consommation explose. Associée aux classes aisées dans les années ‘80 pour ses qualités performantes, la cocaïne est une drogue urbaine, sophistiquée et chère… Mais, depuis le IIIème millénaire, elle semble être consommée dans tous les milieux. Sa popularité grandissante a fait baisser les prix : en dix ans, le prix d’un gramme de cocaïne a chuté de moitié… La guerre déclarée contre les pays producteurs n’y fait rien : la consommation ne décroît pas.
Se doper mentalement et physiquement
La cocaïne se prend le plus souvent en prisant, en « sniffant », une ligne à l’aide d’une paille. L’effet est quasiment immédiat et puissant : grande euphorie, capacités intellectuelles et physiques décuplées. La fatigue, la faim, la douleur s’effacent et le cerveau jaillit de bonnes idées. Par contre, la « descente » lorsque l’effet de la drogue s’émousse, provoque une sensation de déprime et d’angoisse qui pousse à en prendre de plus en plus souvent et dans des doses de plus en plus grandes. La cocaïne peut aussi s’injecter, comme l’héroïne. Certains toxicomanes alternent d’ailleurs les deux, prenant de l’héroïne pour calmer l’effet « descente » de la coke. Enfin, il ne faut pas oublier que le crack, qui se fume, est composé de cocaïne mélangée à de l’ammoniaque. On en devient accro dès la première prise…
Les dangers de la cocaïne
La cocaïne, sous toutes ses formes, provoque une addiction psychique très forte. La drogue influence la personnalité et induit des comportements agressifs, des sautes d’humeur, des phases dépressives, une paranoïa. L’activité psychique stimulée en permanence par la drogue peine à trouver le repos : le sujet devient insomniaque, amnésique, confus et nerveux. L’utilisation d’une seringue souillée peut transmettre le SIDA et l’hépatite B, mais aussi l’utilisation d’une paille collective : la cloison nasale irritée d’un sujet porteur du VIH ou de l’hépatite peut saigner et infecter les autres consommateurs. Outre la nécrose - contraction des vaisseaux sanguins - des muqueuses du nez, la cocaïne entraîne des complications cardiaques importantes.
Le saviez-vous ?
On estime à environ 20% les usagers devenus rapidement dépendants à la cocaïne. Le sevrage psychique est extrêmement difficile et nécessite souvent une véritable cure de désintoxication en institut spécialisé.


