Sébastien Chabal, l’anesthésiste
115 kg dans un corps massif de 1,92 m, la chevelure d’Attila et la barbe d’un ogre… le physique de Chabal ne passe pas inaperçu, pas plus que l’homme et le joueur ne laissent indifférent. 2007 aura été celle de la Chabalmania et, malgré l’élimination de l’équipe de France, il est la révélation de la Coupe du monde pour le public Français.
Des débuts tardifs
Et pourtant, Sébastien Chabal va débuter sa carrière très tardivement. Il naît le 12 août 1977 à Beauvallon. Il a déjà ce physique de rugbyman et pratique le sport au ballon ovale mais, son premier contrat professionnel, il ne le signera qu’à 23 ans. Il intègre alors le club de Bourguoin. Il joue en troisième ligne et acquière vite le surnom de Cartouche, en référence à ses plaquages particuliers également appelés des cartouches. Dès lors se formeront deux groupes : les pro et les anti-Chabal. Car, grâce ou à cause de son cursus marginal, Chabal est le roi du plaquage et du combat, mais il multiplie aussi les fautes, pénalisant ainsi souvent ses coéquipiers. Le sélectionneur national, Bernard Laporte, semble avoir choisi son camp…
Le destin national
Malgré tout, il laisse sa chance au colosse en le sélectionnant le 4 mars 2000 pour un match contre l’Ecosse. Malheureusement, il peine à convaincre. Trois ans après, pourtant, lors de la « petite finale » de la coupe du monde face aux All-Blacks, il est exceptionnel et effectue trois plaquages décisifs. Las, il semble ne pas être dans les petits papiers de Laporte.
Comme s’il en voulait au pays qui lui refuse une place qui semble pourtant être la sienne, Attila s’exile en Angleterre chez les Sales Shark. Et là, comme d’autres joueurs de football, il prend sa revanche et devenant la coqueluche du public. Il y gagne un nouveau surnom : Sea Bass (loup de mer) en référence à son diminutif « Sebas ». Et il gagne enfin des trophées : en 2006, il est champion d’Angleterre.
Il viendra prendre sa revanche sur sa terre natale lors d’un match de coupe d’Europe 2006 face au stade Français, en gagnant pratiquement le match à lui tout seul. Laporte courbe l’échine, et rappellera L’Homme des Cavernes pour 2007, l’année de tous les événements.
La Chabalmania
Il participe d’abord au Tournoi des Six nations, que la France remporte. Il est donc naturellement sélectionné pour l’historique Coupe du Monde 2007, organisée par la France. Mais, à la surprise générale, Laporte décide de le placer en seconde ligne car, dit-il, « En troisième ligne, il manque un peu de rugby […]. En deuxième ligne, il pourra se concentrer sur ce qu'il aime : le combat. »
La France se passionne pour cette coupe qu’elle organise. Et Chabal devient le Zidane 2007. Dans tous les médias, aux machines à café, au comptoir, sur internet, on ne parle que de lui. Son look fait des émules, il est traqué, c’est la Chabalmania. La France se qualifie entre autres grâce à lui face aux Blacks. C’est la folie. Ne reste plus à battre que l’Angleterre pour accéder à une finale mythique. Le sort, comme en 2003, en décidera autrement, et la France est éliminée aux portes de l’Histoire par des Anglais venus lui voler pour la seconde fois ses espoirs. Celui qu’on surnomme le boucher ne peut pourtant retenir ses larmes au coup de sifflet final. Et, avec ce colosse superbe qui verse des larmes d’enfants, c’est toute la nation qui pleure…
Le saviez-vous ?
Preuve de la célébrité indéniable du joueur : il possède depuis peu sa marionnette aux guignols de l’info ! C’est la consécration !

