Roger Federer, le Mozart de la balle jaune
Il n’a pas eu la précocité du surdoué de la musique, mais Federer, comme le compositeur, survole son sujet, semble loin du reste du monde, presque surhumain. Bientôt recordman de tous les temps, le Suisse le plus célèbre du monde reste un type sympa que le public, et même les journalistes, adorent. Retour sur son palmarès.
Une Préparation dans l’ombre
Roger Federer voit le jour le 8 août 1981 à Bâle, en Suisse. Sa mère est sud-africaine, et Roger vit tranquillement dans la petite commune d’Oberwil avec sa famille. Dès l’âge de trois ans, il tient une raquette entre ses mains mais, contrairement à un Chang ou une Capriati, il ne fera pas partie de ces précoces du circuit ATP. Sans sous-entendus, Roger va prendre son temps… A 8 ans, il intègre le Club TC Old Boys de Bâle, et progresse sans discontinuer. L’on peut tout de même noter que, à l’époque, si ses camarades d’entraînement affichaient l’ambition d’être dans les 100 meilleurs joueurs du monde, Roger, lui, ne se cachait pas de vouloir être n°1 mondial. C’est donc fort de cette « gnaque » et d’un niveau remarquable acquis dans son pays natal que le jeune Suisse va faire, en 1998, son entrée sur le circuit professionnel.
Toujours plus haut
Cette même année, Federer termine n°1 mondial sur le circuit junior et remporte Wimbledon… Encore trop fougueux, le Suisse se laisse alors souvent dépasser par son caractère fougueux, bâclant des matchs sous le coup de la colère, supportant encore mal la pression de tels combats. Durant trois ans, la machine Federer va alors lentement se régler, se mettre en place. De défaites constructives en victoires laissant présager un avenir radieux, il passe de la 64e place en 1999, à la 29e en 2000, 13e en 2001, et 6e en 2002. La force tranquille du Dieu suisse est en place. Il s’est rôdé, a affuté ses coups, et ses coups de colère ont laissé place à un immuable flegme qui force l’admiration de tous. Il est d’ailleurs reconnu par l’ensemble du circuit comme étant le joueur au plus grand fair-play.
2003 marquera enfin la consécration ultime pour un joueur de tennis professionnel : il remportera son premier tournoi du Grand Chelem, Wimbledon. Dès lors, il n’aura de cesse de prouver sa suprématie sur cette surface qui semble avoir été créée pour son jeu, à l’instar de son idole et maître, Pete Sampras. De 2003 à 2007, il remporte le tournoi sur gazon anglais. A partir de 2004, l’US Open lui sera également acquis, et il remporte trois fois l’Open d’Australie… Les records s’enchaînent…
Pete Sampras : mêmes records, même malédiction
Il manque néanmoins une corde à l’arc du magicien de la raquette : le tournoi de Wimbledon. Federer n’a jamais caché son admiration pour Pete Sampras, dont il essaie de battre le record de 14 victoires en Grand Chelem. Et si, du haut de ses douze succès à seulement vingt-cinq ans, il semble bien qu’il arrive sans problème à dépasser son maître, il semble bien que le Suisse ait été frappé par la même malédiction que son modèle, qui jamais ne réussit à remporter le tournoi Parisien sur terre battue.
La malédiction de Federer a un nom : Rafael Nadal, seul homme du circuit à pouvoir prétendre faire trembler le maître (avec David Nalbandian, autre bête noire de Federer). Nadal enchaîne les records tout comme Roger, mais sur terre. Il est quasi imbattable, enchaîne les victoires consécutives et remporte chaque année le tournoi parisien. En 2006 pourtant, la couronne de l’Espagnol a tremblé en finale face au Suisse qui, finalement, laissa de peu s’échapper son rêve. Mais ne peut-on se réjouir qu’il reste à cet homme un but, une ambition, dans ce sport où il est en passe de devenir, aux yeux de tous, le meilleur de tous les temps ?
Le saviez-vous ?
Andre Agassi a dit de lui « Il joue d'une manière très spéciale. Je n'ai jamais rien vu de semblable. C'est le meilleur type contre lequel j'ai jamais joué. Pas de doute là-dessus. Et j'en ai vu passer, des champions ! »


