Nicolas Anelka, l’enfant terrible du football français
De sa cité de Trappes aux gazons internationaux, le petit surdoué aura fait couler beaucoup d’encre, tant pour son immense talent de footballeur que pour son caractère insondable… Aujourd’hui, si le jeune marié semble calmé, il aura fallu du temps à Nico pour s’accepter et se faire accepter…
Né à Versailles le 14 mars 1979, Anelka grandit à Trappes, au côté d’une autre vedette française, Jamel Debbouze, qui reste son meilleur ami et son plus fervent défenseur.
Très tôt remarqué pour ses dons, Nico est recruté à l’INF de Clairefontaine, où il côtoie notamment Thierry Henry et David Trezeguet. Très précoce, c’est dès ses quatorze ans qu’il signe avec le PSG, le club dont il est fan depuis toujours. Son avenir s’annonce radieux. Bien que rarement titulaire à cause de son jeune âge, il devient professionnel à seize ans, le 7 février 1996. Luiz Frenandez est alors l’entraîneur du Club et Anelka semble s’épanouir au sein de cette formation.
L’amour vache
Les choses se gâteront après le départ de Fernandez et l’arrivée de Ricardo. Le caractère d’Anelka commence à s’affirmer, les choses se passent mal avec les dirigeants… Si bien que le jeune homme décide de signer avec le prestigieux club anglais d’Arsenal en 1997, emmené par un convainquant Arsene Wenger qui lui promet de lui donner sa chance. Le joueur s’épanouit, mûrit et convainc. L’homme, au contraire, n’arrive pas à se faire à la vie londonienne.
Traqué par les tabloïds, il dit ne pas supporter la médiatisation à outrance qu’impose la vie en angleterre. Il est très vivement critiqué, ainsi que ses frères, qui lui servent d’agents. Bourru, Anelka se défend mal. La guerre entre lui et les journalistes est lancée. Et l’ « affaire 98 » ne va rien arranger. En effet, après une première sélection en équipe de France le 22 avril 1998, le prodige ne sera finalement pas retenu pour la grande aventure par Aimé Jacquet… Le torchon brûlera, et ne cessera pratiquement plus de brûler entre Anelka et ce maillot bleu qui lui sera si souvent refusé. Très maladroit, ses phrases feront le bonheur des médias (il déclarera ne pas avoir regardé la finale, parce qu’il était dans le train) et achèveront de creuser le fossé d’incompréhension entre les supporters et lui…
L’aventure anglaise
Lassé par l’Angleterre, et contre l’avis de ses frères, Anelka va tenter l’aventure madrilène en 1999, en intégrant, pour un transfert record de 220 millions de France, le Real Madrid. Malheureusement, les résultats du club ne seront pas à la hauteur des espérances de tous, et Anelka servira de bouc émissaire. En Espagne, ça n’est pas tant avec les journalistes mais avec ses coéquipiers qu’il connaîtra des problèmes relationnels… tels qu’il refusera d’aller à l’entraînement et écopera d’une amende et d’une suspension. Las, alors qu’en 2000 il réalise le doublé Ligue des Champions-Euro (il a été sélectionné), il décide de partir… ou plutôt de revenir, au PSG. Il y est accueilli comme le fils prodigue par des supporters enthousiastes et un Laurent PERPère ravi de rajeunir une équipe déjà prometteuse.
Malheureusement, et comme trop souvent dans sa carrière, Anelka décevra… et aura des frictions trop importantes avec son entraîneur, Luis Fernandez. La surmédiatisation de cette mésentente traumatisera à jamais l’enfant terrible. Prêté à Liverpool, Anelka croit en un possible transfert… empêché selon lui par Gérard Houillier, qu’il maudira à coup d’interviews rageuses et aigries.
« Des clubs de seconde zone » pour une rédemption ?
« Jouer […] dans des clubs de second rang, où je n’aurais jamais imaginé signer un jour »… c’est ainsi qu’Anelka résumera ses années 2002-2006 : Manchester City, où il réalisera pourtant deux belle saisons, puis le Fenerbahce, et enfin le retour en Angleterre à Bolton. A seulement 28 ans, Anelka semble avoir vécu mille vies. Aujourd’hui plus doux, ayant des rapports plus calmes avec la presse, et un talent inchangé, on se prend à espérer que le « petit frère » parvienne enfin à se faire aimer…
Le saviez-vous ?
Si la presse et les joueurs ne le portent pas toujours dans leur cœur, Nicolas a su se faire aimer du public, ou en tous cas des amateurs de sport, car en 2007, il se place 19e des sportifs préférés des Français, en réalisant la plus forte progression !

