La saxifrage
Tous les amateurs de rocailles connaissent les saxifrages au nom qui évoque une capacité à fracasser les rochers : casseuses de pierres les surnomme t’on puisqu’elles savent tirer partie des moindres anfractuosités rocheuses.
Ce sont des plantes vivaces extrêmement rustiques avec leur feuillage épais et charnu et leurs très petites fleurs légères que l’élégance et la diversité de leur port font figurer au jardin. La plupart des quelque 300 espèces issues de la famille des saxifragacées poussent dans les régions montagneuses. Beaucoup d’entre elles se sont bien adaptées aux conditions climatiques extrêmes (froid et sécheresse) puisque l’on en trouve à très haute altitude dans des endroits où toutes formes de vie végétale paraîtraient inconcevables.
CULTURE
Les saxifrages sont solidement ancrées dans le sol caillouteux par un réseau radiculaire développé ou un rhizome rampant puissant. Les feuilles généralement persistantes et fréquemment acaules (sans tiges) forment des rosettes ou des coussinets. Plantez-les au printemps en leur donnant une poche de terre meuble et bien drainée en les espaçant de 15 cm. Ajoutez du sable si besoin est. Une exposition à demi-ensoleillée est celle qui donne les meilleurs résultats. Avant l’hiver, parsemez les alentours de leur collet avec des graviers pour éviter l’accumulation d’eau. La multiplication se fait par semis ou par division des touffes après que les graines soient parvenues à maturité.
CONSEIL HORTICOLE
Toutes les saxifrages conviennent pour la décoration des rocailles, dallages ou murets fleuris. Il faut veiller à respecter les besoins spécifiques très différents de chaque espèce quant à leur emplacement. C’est la condition sine qua non pour que les plantes prospèrent et se développent pleinement.
LES MEILLEURES VARIETES
Saxifraga aizoides : On la rencontre à l’état sauvage dans les Alpes, elle est très cultivée dans les jardins. C’est une plante vivace à fleurs roses. Chez cette espèce, même les pédoncules dressés sont ornés de nombreuses et épaisses feuilles hispides (couvertes de poils rudes longs et épais. Les inflorescences peu fournies portent des fleurs jaune d’or à orangé de juin à septembre.
Saxifraga aizoon : Elle forme des rosettes assez volumineuses argentées dont les feuilles présentent souvent des sortes d’incrustations dues à des sécrétions de calcaire. Les fleurs blanches ou roses, gracieuses et légères sont souvent mouchetées de rouge. Cette variété apprécie les endroits ensoleillés et les terrains rocailleux.
Saxifraga umbrosa : Le fameux « désespoir des peintres » ainsi surnommé à cause de la finesse de ses fleurs qui bougent à la moindre brise. Il en existe une variété rose et une version au feuillage panaché de jaune.
Saxifraga cortusifolia : Une des plus belles assurément, elle fleurit tard (octobre-novembre) et fait merveille à l’ombre et en jardinière. Les fleurs portent deux pétales plus longs que les autres ce qui les fait ressembler à de petites comètes.
Saxifraga granulata : C’est l’une des rares espèces que l’on rencontre en plaine et presque pas dans les Alpes ou les régions arctiques. Elles préfèrent les sols pauvres en calcaire et se trouvent surtout dans les prairies humides, dans les taillis et sur les remblais. Les fleurs blanches s’épanouissent en panicules souples d’avril à juillet. A la base des feuilles se forment d’innombrables caïeux ou bulbilles.
Saxifraga cotyledon : Une des plus grosses saxifrages de son groupe. Ses inflorescences pyramidales regroupent de nombreuses fleurs de 50cm de hauteur. Elle réclame une situation ombragée. C’est également une belle fleur à couper.
Saxifraga oppositifolia : Une miniature dont le feuillage rappelle étrangement celui de nos mousses. Elle disparaît sous une nuée de fleurs roses en mars-avril.
Saxifraga hypnoides : Appelé également « gazon turc », elle ne dépasse pas 10cm de haut, elle est idéale pour combler les espaces entre les dalles. Ses feuilles sont trilobées et ses petites fleurs blanches étoilées.
On trouve aussi quelques espèces à cultiver en appartement.
REMARQUE
Beaucoup sont des raretés de collectionneurs avertis qui sauront vaincre bien des difficultés pour les acclimater en plaine. D’autres sont de vraies bénédictions car elles supportent de vivre pratiquement à l’ombre dense.
Article rédigé par Mado pour Bloc.com - Publié le 03/04/2009




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