La domotique envahit les maisons
La notion de domotique recouvre des systèmes qui vont du simple régulateur de chauffage à des technologies bien plus complexes, capables de paramétrer quasiment tous les aspects de la vie quotidienne. Apparue dans les années 1980 en France, elle a eu beaucoup de mal à s’imposer, notamment auprès des professionnels du bâtiment. La domotique fait aujourd’hui un retour en force pour répondre notamment aux questions concernant les économies d’énergie.
Les progrès technologiques, notamment informatiques, ont permis la mise en place de systèmes de transmission des commandes à distance et ont favorisé l’apparition d’une offre abondante de nouveaux services pour les logements. Ces services, que l’on regroupe sous le terme de « domotique », concernent principalement le confort, les automatismes, la sécurité et la communication. Ils utilisent les réseaux de communication internes du logement et peuvent parfois même être connectés avec l’extérieur. Le terme « domotique », formé sur le latin domus (la maison) et le suffixe -tique (relatif à), regroupe un large ensemble de technologies, très différentes les unes des autres et dont certaines se livrent actuellement une véritable compétition pour conquérir le marché.
La domotique, comment ça marche ?
Apparu dans les années 1980, le concept de domotique recouvre une vaste gamme d’applications et de services basés sur l’utilisation des automatismes et commandes à distance. Les buts recherchés sont essentiellement le confort, la sécurité et les économies d’énergie. Quelles que soient les technologies mises en œuvre, le principe de fonctionnement est toujours le même : des informations circulent entre un émetteur et un récepteur, via un média (le moyen par lequel l’information est transmise). Quand vous changez la chaîne de votre téléviseur avec votre télécommande infrarouge, vous envoyez en fait une information (« passer sur telle chaîne ») : l’information est émise par la télécommande (l’émetteur), elle circule via les ondes infrarouges (le mode de transmission) et est reçue par le téléviseur (le récepteur).
La question de la domotique, c’est donc avant tout la question de la transmission de l’information. Celle-ci peut s’effectuer par les fils électriques. Il existe des réseaux électriques spécifiquement réservés à la transmission des commandes, ce sont les réseaux filaires (ou réseau « Voix Données Images »). Le courant électrique qui y circule est très faible et les fils doivent être blindés pour résister aux perturbations créées par le fonctionnement des appareils reliés au secteur. Mal conçus, les réseaux filaires peuvent être sources de coupures de courant, de surtensions… Une autre technique consiste à faire circuler les informations sur les fils électriques préexistants dans le logement, qui sont porteurs de courant fort ; on parle alors de courant porteur. Cette technologie est relativement ancienne ; elle est donc bien maîtrisée. Elle présente d’autre part l’avantage de limiter les modifications de l’installation puisqu’elle utilise le réseau en place. Elle réclame cependant des équipements spécifiques.
Enfin, la transmission des informations sans fil est devenue tout à fait banale. Quasiment tous les appareils de la vie quotidienne sont aujourd’hui équipés de télécommandes et les téléphones sans fil sont monnaie courante. Là encore, deux technologies existent : les ondes radio qui traversent les murs et les ondes infrarouges qui, à l’inverse, sont bloquées par les cloisons opaques.
Qu’elles soient avec ou sans fil, toutes ces technologies peuvent être associées entre elles pour constituer de véritables réseaux de communication domestiques. Ces réseaux reçoivent des informations de l’extérieur, via par exemple le téléphone, l’antenne de télévision, les paraboles, le câble, les liaisons Internet… Ce sont autant de sources d’informations qui peuvent être séparées, ou, dans les installations récentes, centralisées dans un boîtier de raccordement. Dans le cas d’un boîtier centralisateur, il devient possible d’équiper les prises d’adaptateurs universels (prises RJ 45 à 8 broches couplées avec des câbles universels) qui permettent de brancher n’importe quel type d’appareil sur n’importe quelle prise. Ordinateur, téléphone ou simple lampe, les prises permettent aussi bien la circulation d’électricité que de données numériques.
Dans les cas extrêmes, tous les équipements techniques de la maison peuvent ainsi être reliés via le réseau de communication à un seul et même ordinateur central, qui va les commander à l’aide de programme prédéfinis. Il existe même des logiciels pour transformer votre ordinateur personnel en centrale de commandes.
Exemples d’usages pour une maison plus confortable et plus sure
Décrite dans son aspect purement technologique, on ne peut pas dire que la domotique soit des plus attrayantes… Pourtant, tous ces systèmes barbares n’ont d’autres finalités que de vous simplifier la vie, vous la rendre plus sure, plus confortable et même moins chère. Car la première utilisation de la domotique, c’est dans la gestion du chauffage qu’il faut la chercher. Depuis longtemps maintenant, il existe des systèmes de régulation du chauffage en fonction de divers paramètres (température extérieure, heure de la journée…), destinés à maintenir la température de confort dans chaque pièce. D’autre part, des programmations sous forme de cycles (régime réduit pendant la nuit, coup de chauffe avant le lever, mise en veille pendant les heures d’absence…) permettent de réaliser de substantielles économies d’énergie. On peut aussi relier le système de chauffage au réseau de communication de la maison, ce qui permet alors de le commander à distance par le biais d’un téléphone ou d’un ordinateur (mise en route avant le retour à la maison, par exemple).
L’autre grand secteur de la domotique, c’est l’automatisation des appareils et équipements divers. Même l’éclairage peut devenir intelligent grâce par exemple à des détecteurs de mouvement et des minuteurs qui peuvent déclencher l’éclairage sur les lieux de circulation autour de la maison. En dehors du confort qu’elle peut procurer, cette petite astuce est très utilisée pour son rôle dissuasif en cas de tentative d’effraction. Bien évidemment, tous les appareils automatisés peuvent être commandés à distance, comme les portails, portes de garage, volets roulants… Et même l’interphone peut être commandé depuis un téléphone portable !
Enfin, la sécurité est l’une des motivations prépondérantes pour la mise en place d’équipements domotiques. Il peut s’agir de protection contre l’intrusion avec la mise en place d’un système de télésurveillance pouvant déclencher une alarme ou lancer des appels téléphoniques vers des numéros prédéfinis. On peut aussi mettre en place des capteurs adaptés à la détection d’incidents domestiques, particulièrement rassurants pour les personnes âgées vivant seules. Les systèmes de téléassistance ont d’ailleurs tendance à se développer, afin de venir en aide aux personnes âgées ou aux personnes handicapées.
Malgré tous ces avantages, la domotique ne s’est pas encore vraiment implantée dans les foyers. Il faut dire que les particuliers sont rebutés par le jargon technologique qui l’accompagne et que, jusqu’à présent, les professionnels du bâtiment rechignaient à s’y impliquer. Ce n’est plus le cas aujourd’hui, et la plupart des artisans (électriciens, chauffagistes, spécialistes des alarmes ou de l’arrosage automatique…) sont très bien formés à ces nouvelles technologies et n’hésitent plus à proposer des solutions domotiques sur mesure à leurs clients.
Le saviez-vous ?
L’un des grands avantages de la domotique, c’est la possibilité de réduire les risques de cambriolage grâce aux programmes de simulation de présence. Vous pouvez donner l’illusion d’une présence constante dans le logement, même quand vous n’y êtes pas. Ainsi, pendant que vous vous prélassez sur une quelconque plage, vos volets roulants automatiques peuvent s’ouvrir tous les matins et se fermer tous les soirs, tandis que les éclairages du salon et des chambres vont s’allumer alternativement dans la soirée pour simuler le parcours d’une famille qui va se coucher.

