Location de jardin, le boom des jardins familiaux
Anciennement dénommés jardins ouvriers, les jardins familiaux ont le vent en poupe comme l'attestent les longues listes d'attente de plusieurs années parfois ! Conviviales, ces parcelles de terrain en location permettent aux ménages à revenus modestes d'améliorer l'ordinaire !
Les jardins familiaux appelés avant guerre jardins ouvriers ont été créés à l'origine pour permettre aux citadins sans jardins de pouvoir cultiver des légumes et des fruits afin d'améliorer l'ordinaire. Ces parcelles « sociales » ont vu le jour aux 19e siècle en Allemagne tout d'abord puis en France. L'idée d'origine était pour les patrons d'usine de proposer aux ouvriers des lopins de terre cultivable pour éviter qu'ils n'aillent au cabaret. Par extension, les terres allouées par les patrons paternalistes ont rapidement démontré une utilité bien plus sociale encore. Les ouvriers payés peu cher avaient en effet du mal à acheter des légumes et des fruits pour nourrir leurs familles. Le terrain mis à la disposition permettait d'équilibrer les menus tout en coûtant peu cher à entretenir. En Allemagne les premiers jardins ouvriers impulsés par le médecin Daniel Gottlob Moritz Schreber avaient pour vocation d'améliorer la santé publique.
En France, sous la houlette de l'abbé Jules Lemire, les Flandres Françaises se dotent de quelques expériences de jardins ouvriers. L'objectif visé était alors l'autosubsistance alimentaire. En 1896, l'idée pionnière est institutionnalisée par l'abbé Lemire qui fonda à cette époque la Ligue française du coin de terre et du foyer.
Une location bien réglementée
Si l'idée fait peu d'adeptes à ses débuts, la création de la société des jardins ouvriers de Paris en banlieue en 1904 permet de mettre un coup d'accélérateur. Alors que moins de 50 jardins étaient répertoriés en 1904 en région parisienne, en 1913 on en dénombre déjà 1 515 sur l'île de France. Les restrictions de la première guerre puis de la seconde guerre vont rapidement voir une explosion de la demande et de l'offre. A la fin des années 40, la France compte ainsi 250 000 jardins ouvriers sur son territoire. A l'époque, la répartition des terres est souvent anarchique. Les municipalités organisent tant bien que mal les espaces à louer trop peu nombreuses au regard de la demande. Certaines municipalités multiplient les hectares tandis que d'autres freinent des 4 fers pour aider les populations modestes considérées comme indésirables sur leur territoire. Les oeuvres laïques et chrétiennes se vouent une guerre de surenchère.
Pour mettre fin aux dissensions, le 26 juillet 1952, la loi met les holas. Le terme de jardins ouvriers est remplacé par jardins familiaux et plus important encore, il est décidé que dorénavant, le cadre légal sera défini par le Code rural ! A partir de cet instant, les jardins familiaux doivent obligatoirement être gérés par des associations loi 1901.
De longues listes d'attente
Si aujourd'hui les terrains alloués par les associations sur l'ensemble du territoire français ont perdu de leur vocation sociale première, il n'empêche que la location d'un jardin est ressentie aujourd'hui comme un privilège ! La demande étant largement supérieure à l'offre, les candidats à la location doivent montrer patte blanche et patienter dans certains cas plusieurs années pour obtenir un lopin de terre ! Généralement, les critères minimum pour prétendre à un jardin est d'habiter la commune pour une proximité géographique évidente : le jardin nécessite un entretien régulier !
Le saviez-vous ?
Selon l'article L.561-1 du Code rural, les jardins en location dans le cadre du mouvement des jardins familiaux doivent être exclusivement réservés à une culture personnelle « en vue de subvenir aux besoins de leur foyer, à l'exclusion de tout usage commercial ».
Article rédigé par Dominique A.C. pour Bloc.com - Publié le 31/10/2008
Droits de reproduction et de diffusion réservés









Discutez, échangez, partagez sur le forum ...
Derniers messages sur le forum Maison
... Ou laissez un commentaire sur cet article