La récupération d’eau de pluie
La récupération d'eau de pluie n'est pas une pratique nouvelle. Déjà bien établie chez nos voisins européens comme l'Allemagne ou la Belgique qui ont plus de 20 ans d'expériences en la matière, la loi française autorisant l'installation de dispositifs de collecte d'eau pluviale reste encore timide.
La récupération d'eau de pluie répond à un souci de gestion des ressources en eau, au niveau national et mondial, face à un réchauffement climatique plus que préoccupant. En effet, seulement 3% du volume total d'eau disponible sur la planète sont constitués d'eau douce, dont 70% de glaces et 30% de nappes phréatiques. Or, cette réserve s'amenuise chaque année avec les vagues de canicules qui sévissent dans nos contrées.
Le système de récupération d'eau de pluie séduit les promoteurs immobiliers
Avec une précipitation annuelle de 440 milliards de m3 par an contre un prélèvement en eau dans le milieu naturel de 34 milliards de m3 par an, le calcul est vite fait : il existe là un énorme potentiel qui devrait, en principe, contribuer à faire baisser au moins de moitié la facture en eau du ménage français. Plusieurs maisons individuelles, parmi lesquelles celles qui ne sont pas desservies par le réseau public de distribution en eau, possèdent déjà un dispositif de récupération d'eau de pluie en aval de leurs toitures. Séduits par l'idée et sensibles aux principes écologiques, des promoteurs immobiliers se sont mis à construire des bâtiments, comme des bureaux, des écoles, etc. certifiés "Haute Qualité Environnementale" (HQE). La démarche HQE prône entre autres une meilleure gestion de l'eau potable à travers la récupération d'eau de pluie. Elle vise l'intégration dans le bâti des principes de développement durable et de protection de l'environnement.
Récupération d'eau de pluie : les professionnels du bâtiment s'y mettent
Auparavant principales utilisatrices d'eau pluviale, les maisons individuelles ne sont plus aujourd'hui les seules à en faire la collecte. De plus en plus de bâtiments à usage scolaire et professionnel, sont aujourd'hui pourvus d'un dispositif de récupération d'eau de pluie, du moins ceux certifiés HQE. L'eau de pluie ainsi collectée sert principalement à l'arrosage de jardins, au nettoyage des sols et à tout autre usage à l'extérieur du bâtiment. L'utilisation de l'eau de pluie en intérieur demeure très limitée, surtout pour des raisons sanitaires.
La loi reste timide concernant la récupération d'eau de pluie
L’eau de pluie collectée en aval des toitures est prohibée pour les usages alimentaires et liés à l'hygiène corporelle. Son utilisation à d'autres fins domestiques, tels que l'évacuation des excréta, est par contre autorisée, sous réserve de ne pas impliquer la création d’un double réseau de distribution d'eau à l’intérieur des bâtiments. Autrement dit, deux robinets, dont l'un délivre de l'eau potable et l'autre de l'eau de pluie collectée, ne peuvent pas coexister. Ceci afin de prévenir tout risque de confusion dans leur manipulation et d'interconnexions entre ces deux dispositifs.
Dispositifs de récupération d'eau de pluie : Un crédit d'impôt pour s'équiper
Dans la pratique, ces mesures prises proscrivent tout réseau intérieur d’eau non potable y compris pour les particuliers. D'autres difficultés en termes de coûts d'installation et de maintenance sont aussi à considérer par tous ceux qui sont intéressés par un tel dispositif de récupération d'eau de pluie.
Si l'Etat français se montre très prudent, contrairement à ses autres homologues européens, il fait cependant quelques pas en avant à travers l'application, cette année 2008, d'une loi en faveur d'un crédit d’impôt de 25% sur le coût des équipements de récupération et de traitement des eaux pluviales, en excluant toutefois le coût de la main-d'oeuvre. Le plafond en est limité à 8000 € pour une personne célibataire. Les équipements concernés sont ceux pour des utilisations exclusivement à l’extérieur des habitations.
Le saviez-vous ?
290 milliards de litres d'eau ! C'est le volume d'eau utilisé l'année dernière par le groupe Coca-Cola pour la production de ses boissons. La société a annoncé sa volonté de réduire ce chiffre et d'améliorer le retraitement de l'eau consommée par ses usines. COCA-COLA soutiendra aussi plusieurs projets environnementaux dont ceux visant la récupération de l'eau de pluie, ceci à travers un partenariat avec le WWF et une aide de 20 millions de dollars.


