La piscine, lieu de tous les plaisirs et de tous les dangers
Quoi de plus agréable que de pouvoir profiter d’une piscine familiale, pour le plus grand bonheur des grands et des petits. Pourtant, il arrive encore trop souvent que la baignade tourne au drame. Si le risque électrique est aujourd’hui bien maîtrisé, les dispositifs de sécurité réglementaires n’ont pas éliminé tout risque de noyade. En 2006, 21 enfants de moins de 6 ans ont trouvé la mort dans une piscine.
Pour que la piscine reste un lieu de baignade privilégié, il faut avant tout qu’elle soit protégée et sécurisée. En effet, si les règles de sécurité minimales ne sont pas respectées, le risque peut être des plus graves et même entraîner la mort. C’est pourquoi la construction et l’utilisation des piscines sont encadrées par un puissant Arsenal juridique. Celui-ci porte des obligations à tous les propriétaires et utilisateurs de piscines, qu’elles soient privées ou publiques. Les deux champs principaux concernent les équipements électriques et les dispositifs de sécurité.
Le respect des normes électriques
L’une des sources principales de danger dans une piscine vient de l’installation d’un équipement électrique puissant à proximité d’un grand volume d’eau. Pour cette raison, l’installation électrique d’une piscine doit être conforme à la norme dite NFC 15-100.
Concrètement, la réglementation définie un « volume zéro », espace délimité par l’intérieur du bassin auquel s’ajoutent toutes les parties accessibles par une personne située dans le bassin. Dans ce volume, la présence d’aucun appareillage n’est tolérée (prises de courant, interrupteurs et tout type d’installation électrique). On ne doit pas non plus y rencontrer d’appareil d’utilisation (projecteurs, pompes, luminaires ou tout autre appareil utilisant l’électricité). Les seuls appareils et appareillages admis sont ceux qui fonctionnent en très basse tension de service (de 12 à 30 volts).
D’autre part, la norme NFC 15-100 impose une distance minimum entre le bassin et la pompe et exige la présence d’un disjoncteur différentiel. Tout le matériel électrique situé à proximité de la piscine doit posséder une isolation renforcée et être connecté à la terre (matériel électrique de classe II). Le bon respect de ces règles est essentiel pour parer à tout risque d’électrocution.
Les dispositifs obligatoires de sécurité anti-noyade
Depuis le 1er janvier 2006, toutes les piscines à usage privé ou collectif, qu’elles soient enterrées ou semi-enterrées, doivent être équipées d’au moins un dispositif de sécurité. Il s’agit de lutter contre la principale cause de décès des enfants de 1 à 4 ans : la noyade. Seuls les piscines intérieures, les piscines hors sol et les établissements de natation sont écartés du champ de la réglementation (lois n° 2003-9 du 03 janvier 2003 relative à la sécurité des piscines et n° 2004-1 du 02 janvier 2004 relative à l'accueil et à la protection de l'enfance). Le décret d’application du 7 juin 2004 prévoit quatre types d’équipements et en spécifie les normes réglementaires.
La piscine peut être sécurisée par une barrière ou clôture de norme NF P90-306, souple ou rigide, qui doit empêcher le passage d’un enfant de moins de cinq ans, résister à ses éventuelles actions et ne pas provoquer de blessure. Concrètement, elle doit mesurer une hauteur minimale de 1,10 m et être fixée au sol en deux points au moins. Elle doit aussi être équipée d’un portillon, de préférence à fermeture automatique.
Le système le plus vendu à l’heure actuelle, en raison de son prix accessible et de son faible impact visuel, c’est l’alarme sonore de piscine (norme NF P90-307). Globalement, il en existe deux catégories : les alarmes périmètriques, qui créent une barrière d’infrarouges autour de la piscine et se déclenchent en cas de rupture du faisceau, et les détecteurs de chute ou alarmes d’immersion qui scrutent la surface de l’eau et réagissent à la plongée d’un corps dans le bassin. La loi stipule que ces systèmes doivent être conçus de façon à ne pas se déclencher intempestivement et que leurs commandes ne doivent pas être accessibles aux enfants de moins de cinq ans. De plus, ils doivent être équipés d’un système de signalisation des défaillances qui va prévenir le propriétaire en cas de panne. Il faut noter que l’alarme d’immersion ne se déclenche qu’après la chute de l’enfant dans l’eau, et qu’un délai de 12 secondes est nécessaire à son déclenchement ; de ce fait, leur utilisation comme dispositif de sécurité pourrait être remise en cause, d’autant plus que des associations de consommateurs ont noté des disfonctionnements majeurs lors de test (par exemple dans des périodes de forte chaleur).
On peut aussi opter pour une couverture, de norme NF P90-308, qui va fermer le bassin après la baignade. Il peut s’agir de volets roulants automatiques, de couvertures à barre, de couvertures tendues, de fonds de piscine remontants. Dans tous les cas, ces couvertures doivent empêcher l’immersion involontaire d’un enfant de moins de cinq ans, ne pas provoquer de blessure et résister au passage d’un adulte (jusqu’à 100 kg).
Enfin, on peut recouvrir entièrement le bassin avec un abri de piscine de norme NF P90-309. Les abris peuvent être amovibles, fixes ou télescopiques. Ils sont encore rarement demandés, car ce sont les plus onéreux. Le plus souvent, ils sont choisis pour intégrer de belles propriétés, dans lesquelles ils peuvent prendre la forme d’une véranda de piscine. Bien évidemment, la réglementation leur impose de ne pas provoquer de blessure et de rendre le bassin inaccessible aux enfants de moins de cinq ans.
Pour tous ces équipements, les constructeurs ou installateurs sont tenus de remettre aux propriétaires de la piscine une notice comprenant les caractéristiques, les conditions de fonctionnement et d’entretien du dispositif de sécurité retenu, ainsi que des informations sur les risques de noyade et les mesures de prévention générale à prendre.
Les autres dispositifs de sécurité
D’autres dispositifs de sécurité anti-noyade existent, mais les équipements lourds qu’ils nécessitent les destinent plutôt aux professionnels et collectivités. C’est le cas par exemple des systèmes de surveillance subaquatique de certaines piscines municipales, qui assistent le maître-nageur grâce à un logiciel informatique signalant les mouvements suspects. On trouve aussi des détecteurs d’immersion invisibles réservés aux professionnels, installés sous la margelle au moment de la construction.
Pour venir compléter les dispositifs réglementaires, des fabricants et même des particuliers ont mis au point des dispositifs individuels, colliers, ceintures ou bracelets-alarmes d’immersion, à placer directement sur l’enfant. Cependant, l’association Sauve Qui Peut, qui lutte depuis 1999 pour la prévention des noyades, rappelle qu’aucun dispositif de sécurité ne doit être considéré autrement que comme une aide à la vigilance. Les équipements réglementaires peuvent aussi tuer par manque d’attention : en 2004, un enfant est mort pris au piège sous un volet roulant. Rien ne remplace la vigilance des parents et des maîtres nageurs. Tous les conseils de prévention et les gestes qui sauvent sont disponibles sur le site sauvequiveut.asso.fr.
Le saviez-vous ?
La réglementation en vigueur concernant les dispositifs de sécurité des piscines a valeur contraignante. En cas de non respect de ces règles, le contrevenant s’expose à une amende de 45.000 € et à des sanctions pénales (pour une personne physique) ou à 225.000 € d’amende pour une personne morale (société de gestion de camping, par exemple).




