Sudoku : le carré devenu star
Le sudoku arrive dans les médias français en 2005. Ce jeu de logique devient un véritable phénomène de société. D’origine japonaise, la célèbre grille est l’héritière de jeux déjà pratiqués dans l’Antiquité.
Le jeu se présente le plus fréquemment sous la forme d’une grille de 9 cases sur 9. Au sein de ce carré, se dessinent 9 "régions" formées de sous-grilles de 3x3. Certaines cellules contiennent un chiffre "dévoilé". Le but du jeu est de compléter les cellules vides. Chaque ligne, chaque colonne, et chaque région, doivent être composées par tous les chiffres allant de 1 à 9. En principe, il n’y a qu’une seule réponse par grille. Il existe plusieurs niveaux de difficulté.
Des origines diverses : du carré latin à la forme actuelle
Dans l’Antiquité, les Romains jettent, sans le savoir, les premières bases du sudoku. Il faut remplir un carré de 9 cases par 3 lettres (A, B, C). La même lettre ne doit paraître qu’une fois dans la même colonne, ligne, et diagonale. C’est le carré latin. Il ne faut pas le confondre avec le carré magique. Dans ce cas, les nombres sont disposés dans une grille de manière à ce que leurs sommes sur chaque rangée, colonne et diagonale soient égales.
À la fin du 18ème siècle, un mathématicien pose une énigme : "le problème des officiers". On suppose que dans 6 régiments, chaque régiment possède 6 officiers de grades distincts. On cherche à placer ces 36 officiers dans une grille de 6x6. Chaque ligne comme chaque colonne doit contenir tous les grades et tous les régiments. Ce problème s’est avéré insoluble. Il présente la même contrainte que le sudoku : celle de la non-répétition du même élément dans une zone déterminée.
Un succès médiatique
Le sudoku se répand sous sa forme actuelle depuis la fin des années 1980. On n’en trouve au début que dans les magazines spécialisés dans les casse-têtes. Certaines règles sont alors introduites comme le nombre limité de chiffres dévoilés. Le quotidien britannique The Times publie régulièrement des grilles à partir de 2004. L’ensemble de la presse écrite s’empare du phénomène. Le sudoku trouve sa place naturellement auprès des mots croisés. Certaines chaînes tentent d’en adapter le concept dans des jeux télévisés. À l’instar d’autres sports cérébraux, de nombreux tournois sont organisés. Les fabricants de jeux vidéo se sont également emparés du marché.
Un problème mathématique, une solution pour tous
La satisfaction de remplir une grille en peu de temps explique aussi le succès du sudoku. Porté par la vague de l’entraînement cérébral, il attire l’attention des chercheurs. Les informaticiens développent des programmes sachant générer des grilles, ou, à l’inverse, les remplir. Les partisans de grilles réalisées "à la main" y trouvent des failles. Certains des chiffres dévoilés n’ont en effet pas toujours leur raison d’être, car il est possible de les déduire logiquement. La logique est d’ailleurs le maître mot de ce carré à succès. Les mathématiciens s’y intéressent particulièrement. Les enseignants l’utilisent pour dynamiser leurs cours. Distrayant et éducatif, le sudoku a pour autres qualités d’être accessible et démocratique.
Le chiffre…
Des scientifiques ont calculé le nombre de grilles possibles. Il en existe plus de 6.000 milliards de milliards (6.670.903.752.021.072.936.960). On peut se rassurer devant ce chiffre astronomique, car en tenant compte des problèmes de symétrie, il n’y a plus que 5 milliards et demi de solutions. Il faut toutefois noter que si le carré de 9x9 est la forme la plus connue du sudoku, il peut se décliner sous d’autres grilles. Des "super-sudoku" proposent par exemple 5 grilles enchevêtrées. On perd son (carré) latin en imaginant le nombre de solutions alors possibles.



