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Articles > Loisirs > Hobbies > La philatélie, une histoire de passionnés avant tout

La philatélie, une histoire de passionnés avant tout

Ne nous y trompons pas, la philatélie est une activité qui recouvre beaucoup plus que le simple collage de timbres sur un album. Bien souvent, les philatélistes sont de fins connaisseurs de la chronologie postale et leurs recherches ne sont pas très éloignées d’une démarche historique. Patience et passion sont les maîtres mots du collectionneur de timbres…

D’un point de vue étymologique, le terme philatélie fait sa première apparition le 15 novembre 1864, dans un article publié par le journal Le Collectionneur de timbres-poste. La paternité en est traditionnellement attribuée à Gorges Herpin, mais il se pourrait bien que le véritable auteur en soit Arthur Maury, l’éditeur de la revue. Le mot se base sur deux racines grecques : philos (ami) et ateleia (libre d’impôt). Il désignerait donc littéralement un amoureux de la franchise, ce qui est un comble car le timbre n’est justement pas une franchise, mais une taxe ! En collant un timbre sur son enveloppe, on paye la taxe correspondant à l’acheminement du courrier par la compagnie postale et on en affranchit le destinataire (avant l’invention du timbre-poste, c’était lui qui payait). Pour cette raison, le terme a été vivement critiqué par les Grecs, qui lui préféraient le mot philotélie (du grec telios, taxe). Malgré ces réticences, l’expression a fini par s’imposer au niveau international et a remplacé en France d’autres termes moins bien adaptés comme timbrologie, timbromanie ou timbrophilie. Ces mots, pourtant disparus de l’usage courant, sont parfois encore utilisés par quelques spécialistes.

Avec la diversification et surtout la spécialisation des collections philatéliques, la simple collection de timbres-poste doit désormais être qualifiée de philatélie traditionnelle, ou philatélie classique. En effet, le monde de la philatélie recouvre aujourd’hui des domaines aussi divers que la marcophilie (marques postales), la mécanophilie ou mécanotélie (empreintes des machines à affranchir et autres affranchissements mécaniques), la maximaphilie (cartes-maximum), l’aérophilatélie (timbres de poste aérienne et documents postaux liés au transport aérien), l’astrophilatélie (collection thématique sur l'espace), la pré-philatélie (marques postales d'avant la création du timbre), la phlogophilie (flammes postales), la fiscaphilie ou philatélie fiscale (timbres fiscaux), la para-philatélie (timbres non postaux) ou encore l’errinophilie (étiquettes et autres vignettes non postales).

La révolution du timbre-poste

Avant l’apparition du timbre-poste, c’était donc le destinataire qui devait s’acquitter des frais de transport de son courrier. La tradition veut que se soit le directeur de l’administration postale britannique, l’écossais Sir Rowland Hill (1795-1879), qui ait eu l’idée d’imposer une taxe à l’expéditeur afin de pallier aux courses non réglées par leurs destinataires (on pouvait refuser la lettre). Il proposa alors au gouvernement la création d’une vignette postale : le premier timbre-poste fit son apparition le 6 mai 1840. Il s’agissait d’un timbre noir à l’effigie de la reine Victoria, d’une valeur de 1 penny (surnommé le Black Penny). Le timbre fut une véritable révolution pour les usagers de la Poste britannique : en seulement deux ans, le nombre de lettres envoyées depuis le royaume britannique fut multiplié par deux, pour atteindre le chiffre record de 160 millions en 1842. La dentelure apparaîtra en 1853, pour faciliter le découpage des carnets.

Très vite, de nombreux pays suivent l’exemple britannique : certains cantons suisses et le Brésil dès 1843, puis les États-Unis et la colonie britannique de l’île Maurice en 1847, l’Isle Bermude en 1848, l’Allemagne et la Belgique en 1849… Le premier timbre français apparaît le 1er janvier 1849. Il s’agit d’un timbre noir à l’effigie de Cérès, d’une valeur de 20 centimes, qui reprend globalement le modèle du One Penny noir britannique. La figure de Cérès, déesse romaine des moissons, a été choisie pour symboliser la République. Le timbre s’appelle Liberté ; il pose les bases de la longue tradition française des semeuses.

Il ne faudra pas plus de vingt ans pour que le timbre-poste fasse l’objet de collections, et le premier album connu date de 1862. La première vente aux enchères, quant à elle, date de 1865 ; elle est organisée par l’hôtel Drouot.

Qu’est-ce qui fait la valeur d’un timbre ?

Afin de pouvoir se lancer dans la collection de timbres, il faut être capable de les identifier (pays d’origine, date d’émission…) et d’en estimer le tarif, ce qui nécessite une bonne connaissance du marché. Les critères qui déterminent la valeur d’un timbre sont nombreux, mais le plus évident reste la rareté de la pièce. Elle peut venir d’une erreur de valeur ou d’une variation de couleur lors de l’impression. Mais, le plus souvent, la rareté d’un timbre est due au nombre d’exemplaires émis à l’origine, ou au nombre d’exemplaires qui auront traversé les époques (globalement, plus un timbre est vieux, plus il a de chances d’être rare). Le marché influe aussi beaucoup sur la valeur des timbres : plus il y a de collectionneurs intéressés par un modèle, plus il devient rare, recherché.

Bien évidemment, la qualité du timbre est essentielle. Un mauvais état de conservation pourra tout simplement annuler la valeur d’une pièce. Ce sont parfois de tout petits détails pour le néophyte, qui prennent une importance capitale pour le collectionneur : dents en partie repliées, couleurs un peu passées, dos sali ou abîmé, léger enlèvement sur l’épaisseur… Certains collectionneurs pensent aussi que les exemplaires neufs ont plus de valeur, mais certaines oblitérations anciennes ou exceptionnelles sont très recherchées et peuvent valoir plus cher que le timbre lui-même. De même, il ne faut pas systématiquement décoller les timbres de leurs supports car la valeur vient parfois de l’ensemble, ou de l’oblitération qui se retrouve à la fois sur le timbre et l’enveloppe.

Bien sur, il existe des catalogues, des ouvrages spécialisés, d’innombrables associations et de plus en plus de sites Internet qui peuvent guider le débutant dans ses recherches. Mais, afin d’éviter toute mauvaise surprise, le collectionneur doit surtout garder à l’Esprit que l’achat de timbres, aussi rares soient-ils, n’a pas grand-chose à voir avec un placement financier. Quelque soit la valeur qu’une collection peut atteindre, elle ne remplacera jamais le temps investi en recherches, en visites d’exposition, en ballades dans les Vide greniers du dimanche… C’est avant tout la passion qui doit motiver le collectionneur.

Le saviez-vous ?

2.875.000 francs suisses, soit approximativement 1.747.200 €, c’est le prix du timbre-poste le plus cher du monde. Il s’agit d’un timbre suédois de 1855 baptisé le « 3 skillings banco jaune », vendu aux enchères en 1996. Issu d’une erreur d’impression (il aurait du être vert), ce timbre n’est connu qu’en un seul exemplaire. Sa valeur tient aussi au fait qu’il est devenu extrêmement célèbre et qu’il représente un peu le Saint Graal du collectionneur. Comme quoi, en matière de timbres aussi, on peut fantasmer…


Article rédigé par Monnier Cécile pour Bloc.com - Publié le 19/11/2007
Droits de reproduction et de diffusion réservés Bloc.com


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Christian Boyer - 18/12/2007

  Vous écrivez en début d'article, au sujet du mot philatélie : "La paternité en est traditionnellement attribuée à Gorges Herpin, mais il se pourrait bien que le véritable auteur en soit Arthur Maury, l’éditeur de la revue."

Or le mot philatélie a bel et bien été inventé par Herpin, j'en apporte les preuves dans mon site http://cboyer.club.fr/philatelie

Par contre, vous y lirez que Herpin ne se prénommait peut-être pas Georges !

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