Gaia a décollé pour cartographier la Voie lactée

La connaissance de notre galaxie et de l'univers n'en est encore qu'à ses balbutiements et les scientifiques cherchent toujours à mieux appréhender cet espace qui nous paraît infini. Les contraintes liées à la compréhension des forces qui régissent l'univers sont nombreuses, tout est plus grand, plus fort, plus éloigné, dépassant bien souvent l'imagination ou la représentation classique que l'on se fait du monde, avec nos repères terrestre. Ainsi, et même si parfois l'astronomie reste dans l'ombre des médias, les scientifiques du monde entier poursuivent leur quête de savoir. Cette semaine est d'ailleurs riche en événements. Ce sont d'abord les Chinois qui ont créé la sensation en faisant alunir la sonde spatiale Chang’e-3 le week-end dernier. 44 ans après le premier pas de l'homme sur le célèbre satellite de la Terre par les américains, et 41 ans après les derniers alunissages Russes, la Chine entre donc un peu plus dans l'histoire de la conquête spatiale. La sonde chinoise a libéré un petit module lunaire qui accomplira des expériences, préparant ainsi l'envoi de Chinois sur la Lune d'ici à 2025. Mais outre cette exploit, ce sont également les européens qui ont fait parlé d'eux aujourd'hui grâce au lancement réussi de Gaia, un tout nouveau télescope construit par Astrium, une filiale d'EADS.

 

Gaia, le cartographe de notre galaxie

Qui n'a jamais levé les yeux vers le ciel un soir d'été pour observer les milliers de petits points qui scintillent dans le ciel ? Certains d'entre vous, plus connaisseurs, s'amusent peut être même à reconnaître certaines constellations célèbres. C'est aussi un voile lumineux, une barre laiteuse qui attire bien souvent l'oeil et qui lui aura donné son nom : la Voie lactée. De notre bonne vieille Terre nous pouvons en effet observer de l'intérieur une tranche de notre Galaxie grâce à la concentration, et la relative proximité, des étoiles qui la composent. Le système solaire fait parti des milliards d'autres systèmes planétaires que compte la Voie lactée.
Comme pour le système solaire, les astronomes cherchent à mieux comprendre et à cartographier les étoiles et les planètes de la Voie lactée. Ce sera la mission du tout nouveau télescope européen Gaia, scanner et répertorier un milliard d'étoiles et des milliers de planètes ou d'astéroïdes de notre Voie lactée. Grâce à ses instruments d'une extrême précision, il permettra aux scientifiques de mieux connaître les distances entre les étoiles de notre galaxie ainsi que leur déplacement pour déterminer au final une forme plus précise de la Voie lactée. C'est le principe géométrique du parallaxe qui sera utilisé par les astronomes pour calculer la distance des étoiles. Placé en orbite géostationnaire à 1,5 millions de kilomètres de la Terre, au point de Lagrange L2, le télescope Gaia sera dans des conditions optimales pour commencer son travail. En effet, à ce point précis, les forces gravitationnelles de la Terre et du Soleil s'annulent pour permettre à la sonde de rester immobile par rapport à ces deux astres.

Des chiffres... astronomiques

Comme pour tout ce qui attrait au domaine spatial, les chiffres relatifs à cette mission dépassent l'entendement. Ainsi, le milliard d'étoiles qu’espèrent détecter les scientifiques ne représentent en fait qu'une infime partie de notre Galaxie qui en comporterait en fait au moins plus de 300 milliards. Comparativement, la dernière mission de ce type, réalisée en 1989 par le satellite Hipparcos, n'avait répertoriée « que » 120,000 étoiles. Le télescope en lui même est d'ailleurs tout aussi incroyable, ces capteurs notamment sont juste phénoménaux. Composé de 106 capteurs CCD, l'appareil photo numérique de Gaia possède une définition d'1 milliard de pixels, de quoi détecter un cheveu à mille kilomètres. Sa définition est telle qu'il est capable de détecter les étoiles 400,000 fois moins brillantes que celles visibles par l'oeil humain.
La mission de Gaia, d'un coût de 740 millions d'euros, va mobiliser des centaines de scientifiques à travers le monde. Pendant les cinq années de cette mission, des supercalculateurs capables de traiter 6000 milliards d'opérations par seconde ne seront pas de trop pour traiter les images transmises par Gaia.

La compréhension de l'infiniment grand comme de l'infiniment petit d'ailleurs est une véritable défi pour les chercheurs qui travaillent sur ces sujets. Au fil des découvertes, la connaissance de l'homme s'enrichit pour lui permettre de mieux comprendre l'histoire de l'univers, de sa formation à sa possible destruction. Des applications dans notre quotidien peuvent ensuite en découler.

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Télescope Gaia 2013

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