Le Palais Galien
L'un des plus beaux monuments de Burdigala, ancêtre gallo-romaine de Bordeaux.
Les vestiges de pierre et de briques rouges du Palais Gallo-romain Galien (travées et arcades) s'imbriquent dans le bâti bordelais, si bien qu'il est difficile d'avoir une idée des dimensions extraordinaires de cet amphithéâtre qui fut l'un des plus beaux de son époque. On peut notamment voir ces ruines des rues Palais Galien, Docteur-Albert-Barraud, ou encore de la rue Emile-Fourcand.
Ce monument incroyable inscrit aux Monuments Historiques est bâti à la fin du IIème siècle ou au début du IIIème siècle, selon les thèses et les légendes par l’empereur Galien, qui régna sur la partie occidentale de l’empire romain de 253 à 268, ou par Galiène, la fille du roi de Tolède et épouse de Charlemagne. Les arènes sont détruites au cours des siècles, et pour la plus grande partie on le suppose dès la fin du IIIème siècle : on redoutait en effet qu’elles ne servent de camp de retranchement à d’éventuels envahisseurs. Au début du XVIIIème, les deux entrées sont toujours debout, comme une grande partie de la cavea (ensemble des rangées de gradins). Fin XVIIIème, à la suite d’une adjudication, la démolition des parties restantes est commencée, entreprise fort heureusement interrompue en cours de route. Début XIXème : on autorise la construction de maisons appuyées aux vestiges des arènes. Si plusieurs fois au cours des siècles on s’émut de la décrépitude de ces ruines, aucun programme de réhabilitation n’aboutit jamais vraiment.
Il faut attendre 1840 pour que l’amphithéâtre apparaisse comme un patrimoine à protéger, avec son inscription sur la liste des Monuments Historiques, et les premiers travaux de restauration. Le plus bel élément du Palais Galien encore visible aujourd’hui l’est de la rue du Docteur Albert, c’est la porte ouest, la porte du couchant, sur laquelle se dessinent les amorces qui supportaient les gradins de bois.
Des dimensions impressionnantes
L’amphithéâtre Galien est construit sur le même modèle que les arènes de Nîmes ou que celles d’Arles. La longueur de cet amphithéâtre qui pouvait accueillir entre quinze mille et vingt cinq mille spectateurs est d'un peu plus de cent trente mètres, pour une largeur de cent dix environ, les dimensions de l'arène intérieure sont de soixante dix sur quarante sept mètres, des dimensions approximatives. La muraille ellipsoïdale était composé de deux rangées d’arcades superposées (chaque rangée comptait une vingtaine d’arcades) dont la dernière était surmontée d’un attique. Les murs sont constitués de rangées de petites pierres de calcaire, avec en alternance des rangées de briques. Tous les escaliers et tous les gradins étaient en bois, comme le laissent deviner des vides laissés dans les murs, vides dans lesquels étaient autrefois encastrées les poutres de bois.
Les jeux du cirque
Comme dans tous les amphithéâtres, s’y déroulaient des spectacles de natures très différentes : les jeux du cirque (dont la légende attribue l’invention à Romulus), combats de gladiateurs, combats d’animaux sauvages plus ou moins dangereux, mais aussi les exécutions de condamnés à mort,…
Le saviez-vous ?
L’une des nombreuses légendes raconte que le Palais Galien a été construit en l’honneur de la visite en Aquitaine de l’empereur romain Caracalla, appelé ainsi à cause du manteau gaulois qu’il portait constamment. L’empereur, né en 188, mourra assassiné en 217.

