Le musée Delacroix
Le musée Delacroix en plein cœur du quartier de Saint germain de prés à Paris mérite le détour tant par l’enchantement du lieu que par les trésors qu’il abrite.
Son histoire
Le musée occupe l’appartement dans lequel vivait le peintre ainsi que son atelier situé dans un charmant jardin.
Eugène Delacroix s’installe en décembre 1857 rue de Furstenberg. A cette époque il est chargé de décorer une chapelle de l’Eglise Saint Sulpice. Sa santé fragile ne lui permet plus de faire de longs trajets à pieds. Il est ainsi contraint à quitter son grand atelier de la rue Notre Dame de Lorette, trop éloigné pour s’installer dans ce logement calme et aéré.
Il y vivra jusqu’à sa mort en août 1863. Son appartement se situe au premier étage de l’immeuble côté cour. On y accède par un escalier privatif. Il a la jouissance exclusive d’un jardin de 500m2. Dans ce jardin, îlot de verdure et de tranquillité, il fera construire son atelier. Le bâtiment de la rue de Furstenberg date de la fin du XVIIe siècle. Il constituait les communs du palais abbatial.
Après la mort du peintre, différents locataires se succèdent jusqu’au jour ou il est prévu de détruire l’atelier. Souhaitant à tout prix sauver ce lieu, des peintres comme Maurice Denis et Paul Signac, deux biographes de l’artiste et un amateur d’art ont l’idée de constituer en 1929 le Société des Amis d’Eugène Delacroix. Ils ont pour objectif « d’assurer l’existence et l’entretien » des lieux et de faire connaître le travail de Delacroix.
En 1934, la société est reconnue d’utilité publique. Différentes expositions, des concerts, des conférences sont organisés. En 1952, la Société achète l’appartement, le jardin et l’atelier après avoir vendu la collection aux musées nationaux. En 1954, elle fait don de l’ensemble à l’Etat dans le but de créer un musée. En 1971, le musée Delacroix devient musée national. Depuis 2004, le musée est rattaché à l’Etablissement Public du Grand Louvre.
Les tableaux
Le visiteur peut admirer huiles sur toile, aquarelles, pastels de l’artiste. Les œuvres choisies s’adaptent aux pièces exigues du musée. Toutes les grandes périodes de la carrière de l’artiste sont présentes et de nombreux thèmes abordés. « Madeleine au désert » est certainement la pièce maîtresse de la collection. Elle fut présentée au salon de 1845 et très remarquée par Charles Baudelaire. C’est une figure qui frappe par son caractère énigmatique. On peut aussi admirer les 3 uniques essais de fresques que Delacroix réalisa à Valmont en 1834.
Les dessins
Le Musée présente beaucoup d’études pour les tableaux conservés au musée, mais aussi de magnifiques dessins préparatoires pour la Chapelle des Saints Anges dans l’Eglise Saint Sulpice. Les croquis d’amis de l’artiste comme Huet ou Portelet ont aussi leur place sur les cimaises.
Objets d’Afrique du Nord
Delacroix entame un voyage au Maroc en 1832. Il revient séduit et fasciné par ce pays. Ses tableaux de l’époque sont largement influencés par ce voyage. Il rapporte des notes, croquis et souvenirs ainsi que des objets et des vêtements conservés dans les vitrines : Djellabas, bijoux, céramiques, sabre…
Souvenirs de Delacroix
Le musée présente quelques objets ayant appartenu à l’artiste comme son mobilier d’atelier (un chevalet, des palettes), un groupe de faïences décorées, ainsi que des photos de Delacroix à la fin de sa vie. De plus, la collection possède un fonds important de lettres autographes de Delacroix, de carnets de notes. Autant de témoignages émouvant qui aident à mieux cerner la personnalité complexe du peintre.
Le saviez-vous ?
Delacroix aurait préféré se vouer à la musique plutôt qu'à la peinture. Il a toujours regretté cette orientation !

