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Le musée de l'ardoise de Trélazé

Le Musée de l'ardoise, unique au monde, se situe au coeur de l'Anjou, à quelques kilomètres à l'ouest d'Angers, dans la ville de Trézalé, surnommée la ville bleue en raison de ses toits d'ardoise. Trézalé est une cité au riche patrimoine industriel, la capitale mondiale de l'ardoise.

La ville de Trézalé vit depuis des siècles au rythme de l'extraction du schiste de la veine importante qui court sous ses murs. Les premières ardoiseries datent des XVème et XVIème siècles. A son âge d'or, au début du XXème siècle, la production ardoisière de Trézalé atteignait les cent soixante quinze mille tonnes annuelles. Aujourd'hui, la production annuelle des ardoisières d'Angers-Trézalé est de dix sept mille tonnes, une production de qualité destinée en grande partie à la réfection des toits des monuments historiques. Les ardoisières de Trézalé emploient entre deux cent et trois cent personnes.

Vitrine de ces savoir-faire uniques et ancestraux, le Musée est un endroit extraordinaire. Les collections du Musée de l'ardoise : des outils, des costumes de travail, témoignages de techniques aujourd'hui disparues, des échantillons de schistes, des modèles d'ardoises, des maquettes expliquant le mécanisme de l'extraction. Le Musée est implanté dans un site incroyable : l'ancien site ardoisier de l'Union–Petit Pré, qui s'étend sur près de trois hectares. On trouve là des vestiges de carrières à ciel ouvert, remplis d'une eau étonnamment bleue, des montagnes de déchets d'ardoise. La Maison de l'Union, est une demeure ardoisière du XVIème typique (murs épais en moellons de schistes, pigeonniers, escaliers extérieurs) qui contient une collection d'objets incroyables réalisés à partir de ce matériau noble parmi lesquelles une très belle maquette du Château d'Angers.
Sur le site, une ancienne manufacture d'allumettes accueille aujourd'hui la collection d'outils et de machines-outils.

Moment fort de la visite : la démonstration de fente traditionnelle

Au cours de la visite, qui dure environ deux heures, l'un des héritiers de ces savoir-faire ancestraux propose une démonstration de taille de l'ardoise, à l'abri d'un amphithéâtre : à partir d'un bloc de schiste, vêtu de vêtements d'époque et uniquement armé du matériel traditionnel, le fendeur détaille de fines feuilles d'ardoises. Cette démonstration est l'occasion pour l'ancien peyrreyeux (ouvrier des carrières de pierre) de partager anecdotes et souvenirs. A l'issue de la visite, il est possible d'acheter de petits objets souvenirs en schiste dans la boutique du Musée.

Le sentier de l'ardoise

A l'intérieur du site, des sentiers aménagés permettent de découvrir à pied ou en VTT les paysages typiques d'un site d'exploitation de l'ardoise (chevalements, buttes, vieux fonds, moulins d'exhaure-dont les ailes faisaient fonctionner une pompe qui permettait d'évacuer les eaux d’infiltration dans les carrières à ciel ouvert-, puits), une façon agréable de découvrir ce riche patrimoine industriel. Un parcours est dédié à l'observation des oiseaux. A voir sur le site : la chapelle Saint Lézin, un petit édifice construit au début du XIXème siècle et dédié au saint patron des ardoisiers.

Le saviez-vous ?

On dit que c'est à l'évêque d'Angers, Licinius, devenu Saint Lézin, saint patron des ardoisiers, que l'on doit d'avoir eu l'idée au VIème d'utiliser le schiste, un matériau non poreux, qui résiste bien aux éléments, pour recouvrir les toits.

Article rédigé par Florence AUBRY pour Bloc.com - Publié le 01/01/2008

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