La galerie de l’Apocalypse, joyau du Château d’Angers
Au cœur de l’une des plus belles forteresses de France, une galerie singulière, abritant une tapisserie extraordinaire, qui ne laisse personne indifférent.
La salle de l’Apocalypse se trouve au sein de l’enceinte massive du château d’Angers, composée de remparts, semés de dix sept tours rondes, d’une longueur de près d’un kilomètre. Ce château splendide a été bâti sur un éperon rocheux dominant la ville.
Des dimensions impressionnantes
La galerie gigantesque abrite le joyau du Château : la tapisserie de l’Apocalypse, en réalité composée de plusieurs tapisseries. Cette salle magnifique a été tout exprès construite dans les années cinquante pour accueillir les gigantesques panneaux tissés ; elle a été rénovée en 1996. La taille de la galerie est à la (dé)mesure de la tapisserie d’une dimension tout à fait prodigieuse : l’ensemble conservé au Château d’Angers mesure en effet cent mètres sur une hauteur de quatre mètres cinquante, cent mètres illustrant à l’origine en quatre vingt quatre scènes (dont certaines ont été perdues) l’Apocalypse.
L’ouvrage d’origine mesurait près de cent quarante mètres, certains des panneaux ont été égarés ou détruits au cours des siècles. C’est au chanoine Joubert que l’on doit en partie sa reconstitution et sa restauration au XIXème siècle. L’œuvre d’art unique au monde est mise en valeur d’une façon magistrale dans cette salle tout à fait incroyable. La salle est obscure (il s’agit de protéger la tenture), les panneaux sont présentés sur deux niveaux, sur un fond noir mettant en valeur les couleurs stupéfiantes. On peut s’asseoir face à eux sur les bancs prévus à cet effet pour en apprécier toute la complexité et la richesse.
Cette œuvre d’art a été tissée au XIVème siècle pour le duc Louis I d’Anjou par Nicolas Bataille (lissier parisien qui réalisa la tapisserie) et Hennequin de Bruges (peintre flamand qui dessina les cartons), peintre du roi Charles V, appartenant à l’école de Bruges. Les tapisseries d’une très grande finesse, en laine, ont été réalisées selon la technique de la tapisserie de lisse.
La tenture : près de cent scènes pour raconter l’Apocalypse
Les tentures de l’Apocalypse rendent compte des préoccupations et des terreurs médiévales (elles constituent une riche source d’information sur la vie quotidienne du XIVème siècle), et participent de ce mouvement d’art apocalyptique : le thème de l’apocalypse a en effet été largement interprété dans l’art, à travers la peinture, la sculpture. Les titres des scènes sont très parlants : « Le cheval livide et la mort », « Les âmes des martyres », « Le tremblement de terre ». On pénètre là un univers impressionnant que l’on peut admirer pendant des heures, tant la tenture est riche de détails. Les scènes sont représentées sur des fonds tantôt rouges, tantôt bleus.
L’artiste flamand s’est inspiré de l’Apocalypse selon St Jean l’évangéliste, ce dernier livret de la Bible qui clôt le Nouveau Testament en racontant la fin à venir du monde et de l’humanité, révélée à St Jean par Jésus Christ, par l’intermédiaire d’un ange.
Le saviez-vous ?
Le mot Apocalypse vient du mot « apokalupsis », un mot grec que l’on peut traduire par l’action de dévoiler, de faire connaître, de révéler, de manifester, quelque chose de caché ou d’inconnu.
Article rédigé par Florence AUBRY pour Bloc.com - Publié le 10/01/2008
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