Montesquieu, l'esprit des lois
Montesquieu, éminent politique et fin observateur de la société a influencé par ses écrits les auteurs de la constitution française. Sa théorie sur la séparation des pouvoirs est au coeur même de toutes les démocraties modernes.
Charles-Louis de Secondat, baron de La Brède et de Montesquieu est né le 18 janvier 1689 dans le château familial de la Brède en Gironde au sein d'une famille de magistrats. Il est le fils de Jacques de Secondat, baron de Montesquieu et de Marie-Françoise de Pesnel, baronne de la Brède. Il passe ses jeunes années en Gironde et se dirige tout naturellement vers des études de droit comme son père. En 1714 il est nommé conseiller du parlement de Bordeaux. L'année suivante, il épouse une riche et jeune héritière protestante, Jeanne de Lartigue, puis en 1716, il hérite de son oncle une grande fortune mais aussi de la charge de président à mortier du parlement de Bordeaux et de la baronnie de Montesquieu. Dès lors, il portera le nom de Montesquieu. A l'abri du besoin, il choisit de s'intéresser aux grands desseins de son siècle. Montesquieu s'intéresse ainsi à la science. Puis il observe avec une grande curiosité l'exemple de l'Angleterre dont la passage à une monarchie constitutionnelle signe l'imminence de grands bouleversements politiques. En France, la mort du roi Louis XIV à l'issue d'un très long règne marque également la fin d'une époque.
Un penseur éclairé
En 1721, ses observations font l'objet de la publication anonyme des Lettres persanes. Montesquieu s'amuse à dépeindre la société française avec humour et causticité. L'ouvrage qui prend le point de vue faussement naïf de visiteurs venus de Perse connait un grand succès. Malgré cela, Montesquieu qui est un bon vivant et un amateur de femmes croule sous les dettes. En 1726 il se voit dans l'obligation de vendre sa charge. En 1728, il est élu à l'Académie française et se lance dans un vaste périple à travers l'Europe (Autriche, Hongrie, Italie, Allemagne, Hollande, Angleterre). De ses voyages curieux, il apprend beaucoup sur les modes de vie de chacun, les différences politiques des différents régimes. C'est à cette époque qu'il est initié à la Franc-Maçonnerie pendant son séjour prolongé en Angleterre. En 1734, il revient au pays et retrouve son château de Brède où il publie l'ouvrage Considérations sur les causes de la grandeur des Romains et de leur décadence avant de se lancer dans l'oeuvre de sa vie, De l'esprit des lois, publié anonymement en 1748.
De l'esprit des lois, l'oeuvre capitale
Cet ouvrage capital met en évidence une théorie d'avant-garde pour l'époque qui prône la séparation des pouvoirs (législatif, exécutif et judiciaire). Pour en arriver à cette conclusion, Montesquieu s'appuie sur deux modèles existants : la « liberté modérée » du régime monarchique et la « liberté extrême » de la Constitution d'Angleterre. La démocratie n'est pas encore à l'ordre du jour mais le courant de pensée lancé par Montesquieu servira notoirement d'inspiration aux auteurs de la constitution française. De l'esprit des lois reste aujourd'hui encore un ouvrage de référence pour l'ensemble des régimes démocratiques modernes. Il concentre en effet l'essentiel de la pensée libérale en posant les bases des sciences économiques et sociales d'aujourd'hui. Après la publication de cet ouvrage, si ce n'est la mise à l'index par l'Eglise catholique, Montesquieu jouit d'un énorme succès et d'une renommée internationale. Atteint de cécité, il participe toutefois à la fin de sa vie à la rédaction de l'Encyclopédie avant de mourir le 10 février 1755 à Paris.
Le saviez-vous ?
Outre son oeuvre majeure De l'esprit des lois, Montesquieu a également signé plusieurs communications scientifiques de référence (Les causes de l'écho, Les glandes rénales et La cause de la pesanteur des corps).

