Max Jacob, le poète peintre
Max Jacob, simple fils de tailleurs sur mesure émigrés d'Allemagne a connu une vie tumultueuse et virvoltante. Ami fidèle de Picasso, il est l'un des poètes les plus emblématiques du début du 20e siècle.
Max Jacob est né le 12 juillet 1876 à Quimper. Il est le fils de Lazare et Prudence Alexandre issus de la deuxième génération d'émigrés d'Allemagne. La famille de Max Jacob jouit d'une grande réputation dans le commerce. Ses grand-parents et parents sont spécialisés dans la confection haut de gamme. Ils ont été naturalisés français à l'issue de la guerre de 1870. En 1888, la famille apporte officiellement une modification à l'état civil de son nom pour des raisons purement commerciales. Un jugement du tribunal administratif de Tours ordonne que le nom Alexandre soit remplacé par le patronyme Jacob.
Une enfance prometteuse
Max Jacob effectue une grande partie de sa scolarité à Quimper. En 1890, étant de santé fragile, il est envoyé par ses parents à Paris chez le professeur Charcot, le célèbre neurologue. C'est là qu'il révèle tout son talent pour les études. En 1894, auréolé d'un grand nombre de prix d'excellence, il choisit la prestigieuse école Coloniale. Le rêve s'effondre lorsque Max Jacob est réformé du service Militaire pour «insuffisance pulmonaire ». L'avenir tout tracé s'écroule d'un coup. Le jeune homme décide alors de démissionner de l'école Coloniale. Il traîne un temps sans trouver sa voie malgré sa réussite aux examens de droit, son allant romantique et enflammé est défait. Sa famille perçoit un malaise. Les tendances homosexuelles de Max Jacob sont tenues secrètes mais ce lourd fardeau teinté de silence pèse sur ses épaules.
La vie à Montmartre
En 1898, Max Jacob prend comme pseudonyme Léon David (le nom de son grand-père maternel) pour écrire des critiques d'art à Paris. Lors d'un énième vernissage, le jeune Max est alors ébloui par les oeuvres d'un jeune talent espagnol : Pablo Ruiz Picasso. La rencontre est fulgurante. Les deux hommes deviennent inséparables, l'un mettant en valeur l'autre et réciproquement. Quand en 1904 Picasso s'installe à Montmartre, Max Jacob le suit. Il rencontre au «bateau lavoir» Apollinaire. Entre deux voyages à Quimper, il écrit un conte en 1907 Le Phanérogame. Toujours dans l'ombre de Picasso, c'est lui qui baptise l'oeuvre étonnante, prémices du cubisme, « les demoiselles d'Avignon ».
Entre 1908 et 1909, Max Jacob est emporté dans un tourbillon de rencontres enrichissantes. Dans le sillage de Picasso à Montmartre gravitent de nombreux artistes comme Utrillo, Pierre Mac Orlan, Modigliani, Jacques Villon, Braque, Duffy, Marie Laurencin, Jules Romain... Cette effervescente ouvre à Max Jacob des opportunités. Il publie entre 1918 et 1923 plusieurs romans, nouvelles, pièces de théâtre, et des poèmes. Dans les années 20, Max Jacob est considéré comme le gourou des artistes majeurs de l'époque. Il poursuit le rythme effréné de ses publications en devenant mystique et peint de nombreuses toiles. Touché par l'illumination, il s'impose une retraite stricte à Saint- Benoît-sur-Loire jusqu'en 1928. Il retourne alors à Paris pour reprendre le tourbillon de la création avant de revenir à partir de mai 1936 à Saint-Benoît-sur-Loire. En février 1944, il est arrêté par la Gestapo. Il décèdera au camp de Drancy le 5 mars 1944.
Le saviez-vous ?
Le 17 novembre 1960, Max Jacob a été élevé officiellement au rang des poètes mort pour la France en vertu de l'ordonnance du Ministre des Anciens Combattants.
