Le symbolisme, un univers subjectifs
Le symbolisme qui s’exprime entre 1886 et 1900 dans tous les domaines de la création se veut porteur d’un renouveau dans lequel l’artiste s’adresse à l’Esprit et à l’imaginaire.
Les caractéristiques du Symbolisme
Le symbolisme est né en France. C’est d’abord un mouvement littéraire avec Verlaine, Baudelaire et Mallarmé. Il rejaillit dans la peinture dans les années 1890 surtout en France et en Belgique mais aussi jusqu’en Russie et aux Etats-Unis. Le terme est lancé en 1886 par le poète Jean Moréas lorsqu il publie le « manifeste symboliste » dans le Figaro Littéraire. Il veut « vêtir l’idée d’une forme sensible »
Le symbolisme se caractérise avant tout par un rejet de l’académisme et du naturalisme de Jean François millet ou de Gustave Courbet. Pour les artistes symbolistes, la représentation réelle et concrète d’un objet lui retire presque toute sa valeur. Ils veulent représenter l’impression des choses, leur subjectivité. Ils recherchent ce qu’il y a au fond de l’âme, loin derrière les apparences. L’œuvre d’art doit exprimer une idée en utilisant des symboles. Paul Gauguin est souvent considéré comme précurseur de ce mouvement en peinture, notamment avec son « Autoportrait au Christ Jaune », conservé au musée d’Orsay (1889-1890).
Les techniques picturales
En rupture avec les proportions et les perspectives académiques, les artistes peignent des espaces plats, avec peu de modelés. Ils utilisent un graphisme précieux, une harmonie sophistiquée des couleurs, les attitudes sont souvent figées. L’artiste ne retient du sujet que les lignes, les formes, les couleurs générales, il le synthétise car pour lui l’essentiel est ailleurs.
Les artistes et leurs sources d’inspiration :
La femme est au centre de l’univers symboliste. Elles est pure, idéalisée et représente aussi bien les vertus chrétiennes que la sensualité et la sexualité. Elle évolue dans un monde étrange, mélancolique, féerique ou poétique à l’exemple de la célèbre « Galatée » de Gustave Moreau. Peinte vers 1880. Les symbolistes tirent leurs sujets des mythes, des légendes, de la mythologie et certains ont même des résonances bibliques comme le « Pauvre pécheur » de Pierre Puvis de Chavannes de 1881. Ils transposent les thèmes dans une atmosphère étrange, onirique, hallucinatoire. Les artistes les plus représentatifs de ce courant sont Gustave Moreau (1826-1898), Odile Redon (1840-1916) en France, Edward Munch (1863-1944) en Norvège, Félicien Rops (1863-1944) et James Ensor (1860-1949) en Belgique, Edward Burnes-Jones (1833-1898) en Grande Bretagne, Ferdinand Hodler (1853-1918) en Suisse Le symbolisme à la charnière du XIXe et du XXe siècle est très important dans l’évolution de bon nombre d’artistes vers l’abstraction et le surréalisme.
Le saviez vous ?
Le célèbre tableau d’Edward Munch « le cri » avait été volé en 2004 par deux hommes armés, en plein jour dans le musée Munch d’Oslo. Trop connu pour être écoulé sur le marché de l’art, ce tableau est resté introuvable pendant deux ans. D’une valeur marchande inestimable il n’était même pas assuré contre le vol ! Il a été heureusement retrouvé en assez bon état, sans ses ravisseurs, en août 2006 et devrait bientôt retrouver les cimaises du musée.
