Le graffiti : art ou vandalisme ?
Le graffiti envahit les rues et les transports publics de sa forme la plus simple (signature Tag) aux formes les plus élaborées (fresques). Considérées comme du vandalisme par beaucoup, certaines oeuvres de graffeurs sont pourtant côtées sur le marché de l'art !
Le graffiti n'est pas dans l'absolu un phénomène nouveau puisqu'on en retrouve sur les murs de Pompéï à l'époque romaine ! Mais qu'est ce qu'un graffiti ? La définition académique est la suivante : une inscription ou un dessin tracé, peint ou gravé sur un support qui n'est normalement pas prévu à cet effet. Autrement dit, le graffiti est une expression populaire réalisée le plus souvent dans la rue pour opposer une révolte; exprimer une idée, traduire un sentiment...
Une expression urbaine
Le graffiti tel que nous le connaissons aujourd'hui en France est issu de la culture hip-hop américaine. Il est né à New-York à la fin des années 1960 sous la forme de tags sauvages dans un premier temps puis de créations de plus en plus élaborées. Plusieurs graffeurs ont émigré en Europe par la suite et le phénomène américain a rapidement pris une grande ampleur également sur le vieux continent. Le graffiti « new-yorkais » apparaît en France dès 1982-1983, avec des artistes comme Darco, Bando, Blitz, Lokiss, Scipion, Skki ou encore Saho. Aujourd'hui, les graffitis sont partout en zone urbaine. La SNCF à elle seule dépense 5 millions d'euros en moyenne par an pour nettoyer les milliers de nouveaux graffitis qui fleurissent sur ses trains.
Des graffitis d'une grande diversité
Il n'y a pas une seule et même technique de graffiti universelle. Parmi les graffeurs, différentes techniques et courants d'expression sont utilisés. Parmi les techniques les plus souvent observées on trouve le wildstyle, le freestyle, le 3D, les flops, le méca, le end to end, etc. Selon les graffeurs, le rendu est totalement varié. Les graffitis les plus simples se composent de signatures (aussi appelés tags) réalisées d'un seul trait. Ces graffitis sont les plus courants et donc les plus décriés. Ils expriment une quête d'identité de leurs auteurs (ils marquent le territoire) tout en étant le plus souvent parfaitement illisibles et donc incompréhensibles pour la plupart des non initiés. Ces graffitis là sont considérés par bon nombre de personnes comme du vandalisme pur et dur, surtout quand ils sont apposés sur des bâtiments anciens ou au contraire sur des bâtiments flambants neufs. La technique graphique n'est pas le plus important pour les tags. L'important réside pour leurs auteurs aux risques encourus pour poser les signatures.
Pour d'autres graffeurs, le graffiti se doit d'être esthétiquement beau et agréable à l'oeil. Et de fait, certains graffitis sont de véritables fresques aux couleurs multiples et aux formes compliquées. Certaines de ces oeuvres sont conservées sur les murs et prennent même parfois de la valeur quand elles sont signées par André ou encore la trumac.
Le saviez-vous ?
En France, le graffiti est condamné par la loi puisqu'il est considéré comme une « destruction, une dégradation ou une détérioration volontaire d'un bien appartenant à autrui ». Les graffeurs qui sont pris en flagrant délit sont punis d'une contravention de 5e classe (1 500 euros ou plus) s'il n'en résulte qu'un dommage léger (Article R.635-1 du Code Pénal) ou d'une d'une amende pouvant atteindre 30 000 euros et d'une punition pouvant atteindre 2 ans d'emprisonnement dans les autres cas (Article 322-1 du Code Pénal).



