Le cubisme, ou la forme éclatée
Le cubisme est un mouvement fondamental qui bouleverse la notion de représentation dans l’art. Il se développe essentiellement entre 1906 à 1914 avec en figures de proue Picasso et Braque.
Le cubisme Cézannien 1906-1910
Le cubisme est sans aucun doute l’héritage des recherches de Paul Cézanne sur la création d’un espace pictural qui ne soit plus la représentation simple du réel. Dans une lettre de 1904 à Emile Bernard, il écrit : « traitez la nature par le cylindre, la sphère, le cône »
Picasso et Braque vont étroitement collaborer pour faire évoluer la représentation du réel. A cette période les formes dans leurs tableaux se géométrisent et se simplifient, les figures s’imbriquent dans le décor, les détails disparaissent mais le volume reste et la perspective est simplifiée. Picasso peint en 1906 « les demoiselles d’Avignon », souvent considéré comme le premier tableau cubiste. « Le Viaduc de l’Estaque » est peint en 1908 par Georges Braque. Il y réduit les maisons en petits cubes. Un critique parlera alors de « cubisme ».
Le cubisme analytique 1910-1911
La question fondamentale que se pose Braque et Picasso est de comment représenter aussi objectivement que possible des figures qui ont trois dimensions sur une surface qui n’en a que deux sans pour cela faire appel à des moyens illusionnistes. Ils mettent alors les formes à plat, sans perspective, elles sont déstructurées en facettes ce qui rend leur lecture difficile. Les couleurs se réduisent au gris, brun, vert, Dans « l’homme à la mandoline » de Picasso en 1911, on ne reconnaît absolument pas le sujet.
Le cubisme Synthétique 1911-1914
Fin 1911 Braque et Picasso comprennent que leur peinture frôle l’abstraction. Ils veulent garder le lien avec le réel et ils réintroduisent dans leurs tableaux certains repères, des symboles clés pour une plus grande lisibilité. De plus, ils détachent leurs figures du fond, recréant un espace: Picasso peint « l’homme à la guitare ». Le nez, la bouche, les cheveux sont identifiables. De même pour « Compotier et cartes » de Braque en 1913.
En 1912, une petite révolution s’installe dans la peinture. Les artistes n’utilisent plus que le pinceau et la peinture, mais dans leur désir de rendre toujours plus lisible leurs tableaux en deux dimensions, il utilisent des papiers collés : journaux, lettres, papier peints. Ils intègrent ainsi des éléments directement issus de la réalité. Le papier collé est utilisé soit pour ce qu’il est par exemple une partition de musique dans « Violon et feuille de musique » de Picasso en 1912, parfois il est utilisé comme fond et réintroduit ainsi un peu de couleur ou parfois Braque et Picasso découpent directement dans le papier les formes qu’ils veulent voir apparaître sur leur toile.
La déclaration de la guerre mettra fin à la collaboration de Braque et Picasso, car Espagnol, Picasso n’est pas mobilisé. Le cubisme s’essoufflera alors. L’influence du cubisme se fera ressentir dans toute l’Europe et les autres artistes représentatifs de ce mouvement sont Francis Picabia, Fernand Léger, Jean Metzinger, Frantisek Kupka, Juan Gris entre autres. Le cubisme gardera toujours un lien avec la réalité, mais il ouvre des perspectives à l’abstraction et à l’art conceptuel.
Le saviez-vous ?
Dans « Les demoiselles d’Avignon », Picasso représente une maison close de Barcelone qui se situe rue Avinyo et qui donne ainsi son nom à la toile. Cela n’a donc aucun rapport avec notre ville française d’Avignon.
